{"id":1001,"date":"2015-06-16T16:16:12","date_gmt":"2015-06-16T16:16:12","guid":{"rendered":"https:\/\/gsara.tv\/causes\/?p=1001"},"modified":"2015-06-22T10:03:54","modified_gmt":"2015-06-22T10:03:54","slug":"toucher-le-cinema-et-lhistoire-entretien-avec-sarah-vanagt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.causestoujours.be\/toucher-le-cinema-et-lhistoire-entretien-avec-sarah-vanagt\/","title":{"rendered":"Toucher le cin\u00e9ma et l&rsquo;histoire &#8211; Entretien avec Sarah Vanagt"},"content":{"rendered":"<p><strong>Depuis un peu plus de dix ans, Sarah Vanagt r\u00e9alise des documentaires, des installations vid\u00e9os et des photographies dans lesquels elle entrem\u00eale son int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;Histoire et les origines du cin\u00e9ma. Ses films questionnent la m\u00e9moire, les traces et la survie en privil\u00e9giant le regard de l&rsquo;enfance.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans cet entretien, Vanagt \u00e9voque la mani\u00e8re dont elle r\u00e9fl\u00e9chit ses installations afin de faire dialoguer le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent. Elle nous parle de <em>cin\u00e9ma tactile<\/em>, de <em>paper cin\u00e9ma<\/em> et de <em>one to one cinema<\/em>&#8230; tout cela afin d&rsquo;exploiter au mieux les possibilit\u00e9s du m\u00e9dium cin\u00e9ma. <\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/vanagt1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1109 size-full\" src=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/vanagt1.jpg\" alt=\"vanagt\" width=\"700\" height=\"467\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/vanagt1.jpg 700w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/vanagt1-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/vanagt1-210x140.jpg 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em><strong>Tu as \u00e9tudi\u00e9 l&rsquo;histoire et le cin\u00e9ma, quel fut le cheminement pour d\u00e9cliner tes films en installation\u00a0? Quel fut le d\u00e9clic pour te diriger vers les mus\u00e9es ?<\/strong> <\/em><\/p>\n<p>Quand j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier le cin\u00e9ma et ensuite, \u00e0 en faire, ce n&rsquo;\u00e9tait vraiment pas avec l&rsquo;id\u00e9e de faire des installations. Cela s&rsquo;est pass\u00e9 dans la salle de montage d&rsquo;un de mes premiers films. Mon id\u00e9e de d\u00e9part \u00e9tait de faire le tour du Lac Kivu qui est sur la fronti\u00e8re entre le Rwanda et le Congo. L&rsquo;intention \u00e9tait de filmer les enfants \u00e0 travers leurs jeux, leurs imaginations et les histoires qu&rsquo;ils mettent en sc\u00e8ne. Il s&rsquo;agissait de pointer la cam\u00e9ra vers leurs poup\u00e9es et les jouets qu&rsquo;ils construisent. Je voulais faire un long film dont la construction et la ligne du temps \u00e9taient g\u00e9ographiques. Faire le cercle et s&rsquo;arr\u00eater \u00e0 chaque endroit afin de rencontrer les enfants, rester quelques jours avec eux et ensuite continuer. J&rsquo;ai commenc\u00e9 par la partie Rwandaise car je connaissais d\u00e9j\u00e0 un peu le pays. Je suis ensuite rentr\u00e9e de ce tournage sans savoir quand j&rsquo;aurais l&rsquo;occasion de tourner la partie Congolaise car il y avait des conflits importants. J&rsquo;ai donc d&rsquo;abord mont\u00e9 le cot\u00e9 Rwandais. Cette version est devenue le film <em>Begin began begun<\/em>. Actuellement, je le pr\u00e9sente encore comme un film mais c&rsquo;est \u00e0 ce moment- l\u00e0 que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9e avec les rushs et l&rsquo;id\u00e9e du film.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/131103512\" width=\"700\" height=\"500\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p>Je n&rsquo;arrivais pas \u00e0 faire germer l&rsquo;id\u00e9e dans une forme lin\u00e9aire \u00e0 moins d&rsquo;y ins\u00e9rer une voix off. Je ne suis pas du tout contre les films avec les voix off mais c&rsquo;\u00e9tait dommage pour ce projet-ci car je voulais faire parler les poup\u00e9es des enfants et celles-ci seulement. Sinon c&rsquo;est comme si le jeu des enfants devenait une simple illustration de ce que je venais de dire. Pendant le montage, je pensais que ce serait plus int\u00e9ressant de ne pas lier ces s\u00e9quences, de ne pas chercher un d\u00e9but et une fin et de tenter absolument de donner du sens. J&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de leur trouver diff\u00e9rents espaces que j\u2019appelais \u00ab\u00a0R\u00e9publique enfantine\u00a0\u00bb. Cela correspondait mieux aux diff\u00e9rents endroits que j&rsquo;avais vus du Lac Kivu et aux fragments de leurs jeux. Dans la vid\u00e9o en boucle, c&rsquo;\u00e9tait donc la pluie qui effa\u00e7ait la ville miniature, et le lendemain, le jeu recommen\u00e7ait. C&rsquo;\u00e9tait comme des petits historiens qui rejouent des histoires possibles.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai donc contact\u00e9 Argos afin de leur expliquer que j&rsquo;\u00e9tais sur un projet qu&rsquo;il fallait pr\u00e9senter d&rsquo;une autre mani\u00e8re. Un an plus tard, quand je suis repartie du cot\u00e9 congolais, \u00e0 Goma, pour faire la deuxi\u00e8me partie, je savais que ce ne sera plus un film mais une installation. J&rsquo;ai donc beaucoup plus travaill\u00e9 la notion de boucle. Je savais que je travaillerais en super 8mm et que je projetterais sur le sol,&#8230; Il y avait la volont\u00e9 de construire des images plus tactiles. Ce changement m&rsquo;a donn\u00e9 la possibilit\u00e9 de travailler cette mati\u00e8re avec une approche qui me semblait plus juste. A ce moment-l\u00e0, je ne me disais pas que je ne ferais plus que des installations, c&rsquo;\u00e9tait vraiment une n\u00e9cessit\u00e9 avec cette mati\u00e8re et la conception du projet.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/131101224\" width=\"700\" height=\"500\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<h5>\u00c0 voir aussi sur le site de <a href=\"https:\/\/www.balthasar.be\/\">Balthasar<\/a> <em>First elections<\/em>\u00a0 (2006, 15&prime;)<br \/>\n<em>First elections <\/em>est la version \u00ab\u00a0single screen\u00a0\u00bb de l&rsquo;installation <em>Les mouchoirs de Kabila<\/em>.<\/h5>\n<p>Dans une salle de cin\u00e9ma, tu es dans une pi\u00e8ce noire et tu veux \u00eatre transport\u00e9 par le film. Avec une installation mus\u00e9ale, tu construis des liens entre les diff\u00e9rents \u00e9crans. En tant qu&rsquo;artiste, il s&rsquo;agit alors de ne pas prendre le spectateur par la main et de faire travailler cette id\u00e9e de miroirs qui se refl\u00e8tent. Chacun fait sa propre promenade. Bien s\u00fbr, je pense que c&rsquo;est b\u00e9n\u00e9fique pour certains projets et que cela d\u00e9force d&rsquo;autres projets. Je n&rsquo;ai pas de pr\u00e9f\u00e9rences pour un dispositif ou un autre. Tr\u00e8s souvent, les installations vid\u00e9o ne fonctionnent pas, y compris les miennes. Je trouve que c&rsquo;est difficile car elles se retrouvent dans des mus\u00e9es o\u00f9 il y a d&rsquo;autres travaux. En tant que spectateur, je devrais aussi avoir cette patience pour les autres vid\u00e9os. On est plus exigeant avec un spectateur d&rsquo;installation qu&rsquo;un spectateur de cin\u00e9ma. G\u00e9n\u00e9ralement, les boucles sont trop longues. \u00c7a marche mieux quand c&rsquo;est dans un grand espace noir et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autres travaux autour. Peut-\u00eatre que je cherche \u00e0 cr\u00e9er un cin\u00e9ma dans lequel tu peux regarder les films en marchant.<\/p>\n<p>Pour<em> Les Mouchoirs de Kabila<\/em>, il y a vraiment cette notion de \u00ab\u00a0R\u00e9publique enfantine\u00a0\u00bb. Il y avait sept \u00e9crans qui \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9es dans des grandes salles. Certaines \u00e9taient projet\u00e9es sur le sol, d&rsquo;autres sur des mouchoirs et des petits box \u00e9taient install\u00e9s pour des vid\u00e9os avec le son.<\/p>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-1001 gallery-columns-3 gallery-size-medium'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.causestoujours.be\/toucher-le-cinema-et-lhistoire-entretien-avec-sarah-vanagt\/mouchoirs-argos\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"248\" src=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Mouchoirs-argos-300x248.jpg\" class=\"attachment-medium size-medium\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-1-1084\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Mouchoirs-argos-300x248.jpg 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Mouchoirs-argos-1024x848.jpg 1024w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Mouchoirs-argos-210x174.jpg 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-1084'>\n\t\t\t\tLes Mouchoirs de Kabila &#8211; Argos (Photos Jan Kempenaers)\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.causestoujours.be\/toucher-le-cinema-et-lhistoire-entretien-avec-sarah-vanagt\/sarah-vanagt-les-mouchoirs-de-kabila-2005-7-video-projecties-in-loop-7\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"200\" src=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Sarah-Vanagt-2010-19_3-300x200.jpg\" class=\"attachment-medium size-medium\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-1-1091\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Sarah-Vanagt-2010-19_3-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Sarah-Vanagt-2010-19_3-210x140.jpg 210w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Sarah-Vanagt-2010-19_3.jpg 700w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-1091'>\n\t\t\t\tLes Mouchoirs de Kabila &#8211; Sittard (Photos Bert Janssen)\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.causestoujours.be\/toucher-le-cinema-et-lhistoire-entretien-avec-sarah-vanagt\/sarah-vanagt-les-mouchoirs-de-kabila-2005-7-video-projecties-in-loop-6\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"200\" src=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Sarah-Vanagt-2010-17_2-300x200.jpg\" class=\"attachment-medium size-medium\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-1-1090\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Sarah-Vanagt-2010-17_2-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Sarah-Vanagt-2010-17_2-210x140.jpg 210w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Sarah-Vanagt-2010-17_2.jpg 700w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-1090'>\n\t\t\t\tLes Mouchoirs de Kabila (Photos Bert Janssen)\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><br style=\"clear: both\" \/>\n\t\t<\/div>\n\n<p><em><strong>Tu en parlais pour <\/strong><\/em><strong>L<\/strong><strong>es Mouchoirs de Kabil<\/strong><strong>a<\/strong><em><strong>, il y a une notion importante dans tes installations, c&rsquo;est cette volont\u00e9 de rendre le cin\u00e9ma tactile. Par exemple, pour <\/strong><\/em><strong>The Wave<\/strong><em><strong>, le film a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clin\u00e9 en flipbook, dans <\/strong><\/em><strong>In Waking <\/strong><strong>H<\/strong><strong>ours<\/strong><em><strong>, tu places le spectateur dans la position du scientifique qui manipule l&rsquo;exp\u00e9rience. Est-ce que l&rsquo;installation en mus\u00e9e peut permettre cette proximit\u00e9 \u00ab\u00a0tactile\u00a0\u00bb avec le cin\u00e9ma\u00a0?<\/strong> <\/em><\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, je le pense. Les projections sur les mouchoirs donnent une toute autre image. Cela renforce cette id\u00e9e de fragilit\u00e9 des enfants. Lorsque l&rsquo;on traversait cette espace, les mouchoirs bougeaient car ils pendaient sur de l\u00e9gers fils. Cela permet de jouer avec la mati\u00e8re et cela permet de partager cette id\u00e9e de toucher le cin\u00e9ma et de toucher l&rsquo;histoire.Il y a une semaine, lorsque j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 Belgrade, j&rsquo;ai montr\u00e9 \u00e0 la cin\u00e9math\u00e8que <em>In Waking Hours<\/em> \u00e0 un groupe d&rsquo;enfants. Tout de suite apr\u00e8s la projection, il y avait un atelier durant lequel ils construisaient leur propre cam\u00e9ra obscure \u00e0 l&rsquo;aide d\u2019ustensiles de cuisine, de papier aluminium, &#8230;. On obtient tr\u00e8s vite une cam\u00e9ra obscure avec une image ronde assez semblable \u00e0 celle qu&rsquo;ils ont vue dans le film. Ensuite, ils partent en ville avec leur cam\u00e9ra&#8230; J&rsquo;aime beaucoup cette exp\u00e9rience de partager et de prolonger le cin\u00e9ma. \u00c7a commence avec un oeil de boeuf dans une cuisine \u00e0 Amsterdam au 17\u00e8me si\u00e8cle, et 400 plus tard, il y a une sorte de joie partag\u00e9e par des enfants \u00e0 Belgrade, au moment o\u00f9 ils comprennent le principe de la cam\u00e9ra obscura \u00e0 l&rsquo;aide de quelques rouleaux de papier toilette.<\/p>\n<p>Avec le flipbook de <em>The Wave<\/em>, le spectateur devient l&rsquo;arch\u00e9ologue et chaque page repr\u00e9sente une couche de terre. En jouant le film, on est en train d&rsquo;exhumer.<\/p>\n<p>Je ne sais pas toujours, si au d\u00e9part, ce sera une installation ou un film. Par exemple, pour le film <em>The Corridor<\/em>, c&rsquo;\u00e9tait la rencontre avec l&rsquo;\u00e2ne qui m\u2019int\u00e9ressait. L&rsquo;aspect visuel aussi bien s\u00fbr. Quand je suis partie pour faire le film, je ne savais vraiment pas ce que j&rsquo;allais faire. \u00c7a aurait pu \u00eatre des photos ou un livre. Je voulais d&rsquo;abord d\u00e9couvrir sur place et ne pas d\u00e9cider \u00e0 l&rsquo;avance. Finalement, c&rsquo;est devenu un film de sept minutes qui fonctionne selon moi dans un mus\u00e9e aussi bien que dans une salle.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/131101528\" width=\"700\" height=\"500\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p><em><strong>Certains projets constituent un ensemble avec d&rsquo;autres pi\u00e8ces. The Wave a \u00e9t\u00e9 install\u00e9 \u00e0 cot\u00e9 de photographies&#8230;<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Oui, pour <em>The Corridor<\/em>, j&rsquo;avais trouv\u00e9 cette technique de photo lenticulaire et j&rsquo;ai produit des mini films en prenant deux images des vid\u00e9os que j&rsquo;ai install\u00e9es dans des boites. Lorsqu&rsquo;on traversait le couloir du home, on avait cette sensation de mouvement. C&rsquo;\u00e9tait du \u00ab\u00a0paper cin\u00e9ma\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n<p>Pour <em>Ash Tree<\/em>, je n&rsquo;ai jamais fait de version film. C&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 avec cinq \u00e9crans qui \u00e9taient comme des pierres tombales. Le visiteur devait se promener comme dans un cimeti\u00e8re.<br \/>\nPour <em>Girl with a Fly<\/em> , \u00e0 la biennale de Moscou, le film a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 dans une toute petite pi\u00e8ce sur un \u00e9cran pas tr\u00e8s grand avec l&rsquo;id\u00e9e que ce soit du cin\u00e9ma individuel, un \u00ab\u00a0one to one cin\u00e9ma\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><em><strong>Pour chaque installation ou film, tu r\u00e9fl\u00e9chis \u00e0 la place du spectateur et le film se confronte \u00e0 un spectateur unique&#8230;<\/strong><\/em><\/p>\n<p>J&rsquo;aime beaucoup \u00e7a. Je me rends compte que j&rsquo;aime de plus en plus que le spectateur soit comme devant un tableau. Je pense que je cherche plus les moments film\u00e9s que les histoires.<\/p>\n<div id='gallery-2' class='gallery galleryid-1001 gallery-columns-3 gallery-size-medium'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.causestoujours.be\/toucher-le-cinema-et-lhistoire-entretien-avec-sarah-vanagt\/opening_sydney\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"225\" src=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/opening_Sydney-300x225.jpg\" class=\"attachment-medium size-medium\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-2-1102\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/opening_Sydney-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/opening_Sydney-210x158.jpg 210w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/opening_Sydney.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-2-1102'>\n\t\t\t\tThe Wave \n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.causestoujours.be\/toucher-le-cinema-et-lhistoire-entretien-avec-sarah-vanagt\/printroom1\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"200\" src=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/printroom1-300x200.jpg\" class=\"attachment-medium size-medium\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-2-1103\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/printroom1-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/printroom1-210x140.jpg 210w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/printroom1.jpg 852w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-2-1103'>\n\t\t\t\tThe Wave \n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.causestoujours.be\/toucher-le-cinema-et-lhistoire-entretien-avec-sarah-vanagt\/printroom3\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"200\" src=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/printroom3-300x200.jpg\" class=\"attachment-medium size-medium\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-2-1104\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/printroom3-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/printroom3-210x140.jpg 210w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/printroom3.jpg 935w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-2-1104'>\n\t\t\t\tThe Wave \n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><br style=\"clear: both\" \/>\n\t\t<\/div>\n\n<p><strong><em>Peux-tu nous parler de la gen\u00e8se de <\/em>The Wave<em> ? Comment t&rsquo;es venue l&rsquo;id\u00e9e de travailler ce sujet avec la technique de l&rsquo;animation\u00a0?<\/em> <\/strong><\/p>\n<p>Au d\u00e9part, il n&rsquo;y avait pas la volont\u00e9 de faire un film d&rsquo;animation. Il y avait d&rsquo;abord l&rsquo;invitation d&rsquo;une historienne, Lore Colaert de travailler sur ce sujet, ou plut\u00f4t son enthousiasme pour le sujet qu&rsquo;elle \u00e9tait en train d&rsquo;\u00e9tudier, c&rsquo;est-\u00e0-dire les exhumations des fosses communes en Espagne. Pour plusieurs raisons, je n&rsquo;ai pas voulu le faire. Je pensais que la meilleure mani\u00e8re d&rsquo;aborder le sujet \u00e9tait de s&rsquo;entretenir avec les familles. Pour cela, il faut bien les conna\u00eetre en amont, il faut bien ma\u00eetriser la langue etc&#8230; Il y a pas mal de films sur le sujet et je ne pensais pas pouvoir amener quelque chose de nouveau par rapport \u00e0 ce qui s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 fait. Je voyais d\u00e9j\u00e0 le film avant de l&rsquo;avoir fait et ce n&rsquo;\u00e9tait pas int\u00e9ressant. J&rsquo;ai eu la conviction de le faire lorsque l&rsquo;id\u00e9e formelle de le faire en time lapse est apparue. J&rsquo;ai de plus en plus cette volont\u00e9 de pouvoir faire des films qui ne peuvent se faire qu&rsquo;avec les possibilit\u00e9s que le medium cin\u00e9ma apporte. C&rsquo;est une exp\u00e9rience de cin\u00e9ma d&rsquo;assister \u00e0 une exhumation sans qu&rsquo;il y ait de main. C&rsquo;\u00e9tait comme un acte provoqu\u00e9 par la nature et cela se passe sous nos yeux. Il ne s&rsquo;agit donc pas d&rsquo;une proposition journalistique ou d&rsquo;historien, m\u00eame pas d&rsquo;une approche documentaire mais c&rsquo;est une proposition rendue possible gr\u00e2ce au moyen cin\u00e9matographique. Ce qui m\u2019int\u00e9ressait, c&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;ajouter des images \u00e0 celles qui existaient d\u00e9j\u00e0 sur le sujet des exhumations.<\/p>\n<p><em><strong>Dans tous tes travaux, il y a des glissements entre les pratiques artistiques. Cin\u00e9ma direct, fiction, films d&rsquo;animations, photographies, exp\u00e9riences scientifiques film\u00e9es,&#8230; Pour Dust Breeding, il y a la performance film\u00e9e&#8230;<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Cette notion de performance film\u00e9e est un peu \u00e9trang\u00e8re \u00e0 mon travail. Ce qui m&rsquo;a pouss\u00e9e \u00e0 faire ce projet, c&rsquo;\u00e9tait le geste. Au d\u00e9but, il y avait l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une main qui frotte. Un geste qui, en effa\u00e7ant, fait apparaitre des \u00e9l\u00e9ments. C&rsquo;est la pratique la plus ancienne en arch\u00e9ologie. Tu ne peux pas te retrouver au plus proche de la r\u00e9alit\u00e9. Il s&rsquo;agit de documentaire en papier. L&rsquo;image r\u00e9v\u00e9l\u00e9e est tellement abstraite alors qu&rsquo;en fait, elle est hyper r\u00e9aliste. C&rsquo;est peut-\u00eatre le documentaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat le plus pur. Le tribunal de La Haye faisait un \u00e9norme travail d&rsquo;arch\u00e9ologie sur la ou les guerres dans les pays d&rsquo;ex Yougoslavie avec les photos des fouilles, les vid\u00e9os, &#8230; Le film, par contre, est une sorte d&rsquo;arch\u00e9ologie du tribunal. Ces gestes devaient \u00eatre film\u00e9s mais il ne s&rsquo;agissait pas de le faire avec une \u00e9quipe. Cela devait \u00eatre le geste d&rsquo;un individu. Au d\u00e9part, je n&rsquo;avais pas l&rsquo;intention de monter les images du tribunal. Il \u00e9tait pr\u00e9vu de faire un ab\u00e9c\u00e9daire du tribunal. Cette id\u00e9e marchait sur papier mais pas sur la timeline du montage. Il a fallu ancrer ce geste dans l&rsquo;espace du tribunal.<\/p>\n<p><em><strong>Tes \u0153uvres sont plut\u00f4t pr\u00e9sent\u00e9es dans des centres d&rsquo;art contemporain alors qu&rsquo;elles devraient aussi bien figurer dans des mus\u00e9es d&rsquo;Histoire car ton travail requestionne sans cesse la m\u00e9moire.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>J&rsquo;aime vraiment les mus\u00e9es depuis que je suis toute petite.J&rsquo;aime le silence qui y r\u00e8gne, et c&rsquo;est peut-\u00eatre aussi pour cela que je fais de plus en plus de petits films muets. J&rsquo;ai toujours cette volont\u00e9 de montrer mes films dans des endroits publics. Cela va un peu \u00e0 l&rsquo;encontre de cette id\u00e9e de <em>person to person<\/em> mais plut\u00f4t que de me retrouver dans une collection priv\u00e9e, je voudrais montrer mes films dans des petites s\u00e9ances \u00ab\u00a0priv\u00e9es\u00a0\u00bb au sein d&rsquo;un endroit public.\u00a0 Pour en revenir au mus\u00e9e d&rsquo;Histoire, je suis passionn\u00e9e par cette question de savoir comment l&rsquo;histoire appara\u00eet dans le pr\u00e9sent. Comment l&rsquo;Histoire surgit en surface dans le pr\u00e9sent. Lorsque j&rsquo;ai montr\u00e9 <em>Baby Elephant<\/em>\u00a0 au mus\u00e9e de Tervuren, c&rsquo;\u00e9tait important pour moi. J&rsquo;aime ce dialogue avec les mus\u00e9es d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l&rsquo;histoire et non \u00e0 l&rsquo;art contemporain. Naturellement, j&rsquo;aimerais beaucoup pr\u00e9senter<em> In Waking Hours<\/em> dans un mus\u00e9e scientifique. <em>The Wave<\/em> a \u00e9t\u00e9 projet\u00e9 \u00e0 la Kazerne Dossin \u00e0 Malines (M\u00e9morial, mus\u00e9e et centre de documentation sur l&rsquo;Holocauste et les droits de l&rsquo;Homme) lors d&rsquo;une journ\u00e9e portes ouvertes. Le public \u00e9tait tr\u00e8s familial et il ne connaissait rien du film, ni de mon travail. Les retours \u00e9taient tr\u00e8s int\u00e9ressants; il y a eu un v\u00e9ritable dialogue \u00e0 la suite des projections.<\/p>\n<p><em><strong>Quels furent tes souvenirs marquants en tant que spectatrice de cin\u00e9ma et visiteuse d\u2019exposition\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;Agn\u00e8s Varda a commenc\u00e9 \u00e0 faire des installations. J&rsquo;ai vu ces installations au moment o\u00f9 je commen\u00e7ais \u00e0 en faire et cela m&rsquo;a beaucoup inspir\u00e9e. Malgr\u00e9 le fait qu&rsquo;elle ait de nombreux documentaires derri\u00e8re elle, il y avait la sensation qu&rsquo;elle jouait et qu&rsquo;elle r\u00e9inventait son langage sous une autre forme. Elle \u00e9tait comme un enfant devant une multitude de possibilit\u00e9s. Il y avait une forme de joie et on ressentait vraiment le plaisir. Ce qui est tr\u00e8s rare dans l&rsquo;art vid\u00e9o. Derni\u00e8rement, pour un de mes derniers travaux, j&rsquo;ai film\u00e9 et mont\u00e9 tr\u00e8s rapidement, un peu comme un peintre qui travaille imm\u00e9diatement avec la mati\u00e8re en main. Il y avait une forme de libert\u00e9 de cr\u00e9ation que l&rsquo;on perd souvent dans le long processus de fabrication d&rsquo;un film. C&rsquo;\u00e9tait un geste tr\u00e8s plaisant et c&rsquo;est pour cela que je pense \u00e0 Agn\u00e8s Varda. Ce n&rsquo;est pas la volont\u00e9 de produire vite et beaucoup mais c&rsquo;est le sentiment d&rsquo;\u00eatre proche de la mati\u00e8re. Cela me rendait joyeuse.<\/p>\n<p><strong>Propos recueillis par Olivier Burlet.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis un peu plus de dix ans, Sarah Vanagt r\u00e9alise des documentaires, des installations vid\u00e9os et des photographies dans lesquels elle entrem\u00eale son int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;Histoire et les origines du cin\u00e9ma. 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