{"id":1391,"date":"2015-10-28T10:55:54","date_gmt":"2015-10-28T10:55:54","guid":{"rendered":"https:\/\/gsara.tv\/causes\/?p=1391"},"modified":"2015-10-30T10:06:07","modified_gmt":"2015-10-30T10:06:07","slug":"interview-de-jose-luis-guerin-seconde-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.causestoujours.be\/interview-de-jose-luis-guerin-seconde-partie\/","title":{"rendered":"Interview de Jos\u00e9 Luis Guer\u00edn (Seconde partie)"},"content":{"rendered":"<p><em>Le r\u00e9alisateur Jos\u00e9 Luis Guer\u00edn sera l&rsquo;invit\u00e9 d&rsquo;honneur lors de la 16\u00e8me \u00e9dition festival Filmer \u00e0 tout prix. <a href=\"https:\/\/www.gsara.tv\/fatp\/2015\/jose-luis-guerin\/\">Projections et masterclass<\/a>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00ab POUR MOI, IL VALAIT MIEUX IMAGINER L&rsquo; <em>UNDERGROUND<\/em> QUE LE D\u00c9COUVRIR PAR LA SUITE \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Seconde partie de l\u2019interview de Jos\u00e9 Luis Guer\u00edn, plus focalis\u00e9e sur<em> La dama de Corinto<\/em>,<em> Correspondencias<\/em> et son prochain projet. Nous nous sommes pr\u00e9c\u00e9demment interrompus au milieu d\u2019une r\u00e9ponse au cours de laquelle il faisait allusion \u00e0 des souvenirs de jeunesse. \u00c0 cette \u00e9poque, il imaginait souvent les films \u00e0 travers les photochromes qu\u2019il observait dans les vitrines des cin\u00e9mas. Voici la suite de la conversation.<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai repris cette id\u00e9e \u00e0 partir de ma correspondance avec Jonas Mekas, car selon moi, la chose la plus importante chez lui n\u2019\u00e9tait pas ses films, que j\u2019ai vus bien plus tard, mais les textes qui m\u2019ont fait imaginer les films que je ne pouvais pas regarder. Je me suis rendu compte que les peintres de la Renaissance avaient connu exactement le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne, au-del\u00e0 du foss\u00e9 \u00e9norme qui nous s\u00e9pare.<br \/>\nIls ne pouvaient plus voir les images d\u00e9crites par Pline l\u2019Ancien dans son Histoire naturelle, dans laquelle il parle d\u2019une \u00e9poque consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la peinture, et de laquelle il ne reste pas un seul tableau. Ce vide s\u00e9mantique, l\u2019absence d\u2019images, fait naitre un grand d\u00e9sir d\u2019action chez les peintres de la Renaissances et du Baroque. Ils se mettent \u00e0 peindre ces tableaux disparus, et beaucoup de variations surgissent autour des m\u00eames th\u00e8mes\u00a0: l\u2019enl\u00e8vement d\u2019Europe, les M\u00e9d\u00e9es\u2026<br \/>\nJe le comprends tr\u00e8s bien pour l\u2019avoir v\u00e9cu, \u00e9tant petit. Si aujourd\u2019hui, gr\u00e2ce aux DVD et au t\u00e9l\u00e9chargement, tout devient accessible de mani\u00e8re relativement facile, en contraste, les difficult\u00e9s que nous avions pour voir quoi que ce soit \u00e9veillaient un grand d\u00e9sir, qui prenait plus d\u2019importance que le film m\u00eame. Pour moi, il valait mieux m\u2019imaginer l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0underground\u00a0\u00bb que de le d\u00e9couvrir par la suite. J\u2019ai vu des films tr\u00e8s int\u00e9ressants, mais leurs producteurs ne s\u2019appropriaient pas assez le contenu imagin\u00e9 ou r\u00eav\u00e9.<br \/>\nJe crois que c\u2019est ce qui a beaucoup chang\u00e9 par rapport \u00e0 votre g\u00e9n\u00e9ration, parce maintenant, en g\u00e9n\u00e9ral, nous poss\u00e9dons les films avant de les d\u00e9sirer. Dans ce sens, il y a eu une banalisation et une d\u00e9sacralisation.<\/p>\n<p><em><strong>Justement, <\/strong><\/em><strong>La dama de Corinto<\/strong><em><strong> \u00e9voque l\u2019image d\u2019une grande ellipse via des ombres. Celles-ci semblent avoir un r\u00f4le important dans bon nombre de vos films.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>En effet, l\u2019ombre elle-m\u00eame est une m\u00e9tonymie. Selon moi, le mythe de l\u2019origine de la peinture s\u2019applique tout aussi bien au cin\u00e9ma, puisque d\u2019apr\u00e8s Pline, l\u2019auteure de cette premi\u00e8re image a eu recours au ph\u00e9nom\u00e8ne de la projection pour en dessiner le contour. On retrouve ici une hybridation parfaite. Alors, lorsque le mus\u00e9e m\u2019a demand\u00e9 une installation, ce mythe fondateur m\u2019est venu \u00e0 l\u2019esprit.<br \/>\nLes ombres ont traditionnellement \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es par les cin\u00e9astes qui manquaient de moyens. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne a connu une grande \u00e9loquence expressive dans le cin\u00e9ma am\u00e9ricain de s\u00e9rie B, avec les personnes venues d\u2019Allemagne dans les ann\u00e9es 1930 et 1940. Il s\u2019agissait de films souvent r\u00e9alis\u00e9s avec les restes de d\u00e9cors, d\u00e9j\u00e0 abim\u00e9s, de grandes productions co\u00fbteuses. Pour cette raison, leur architecture \u00e9tait compl\u00e9t\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 des ombres. Par exemple, celles d\u2019une balustrade vous donnaient l\u2019escalier qui n\u2019y \u00e9tait pas. Ou encore, pour une station de train, il suffisait d\u2019utiliser beaucoup de vapeur de locomotive pour dissimuler le fait que ladite station n\u2019existe pas. L\u2019ombre est un recours qui va dans le sens de l\u2019\u00e9conomie, tout en vous permettant d\u2019imaginer un espace.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi une petite projection \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9cran de cin\u00e9ma. C\u2019est comme s\u2019il y avait deux cadrages. C\u2019est un chemin que je dois continuer \u00e0 explorer\u00a0: comment l\u2019ombre compl\u00e8te l\u2019image contempl\u00e9e, et son pouvoir dramatique. C\u2019est l\u2019une des rares choses qui peut rester de la grande mise en sc\u00e8ne, de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la lumi\u00e8re au cin\u00e9ma \u00e9tait une langue vivante et qui, avec peu de moyens, pourrait \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9e avec plaisir.<br \/>\nJe veux maintenant faire un grand film, enfin, un film normal, avec du mat\u00e9riel, apr\u00e8s tout ce p\u00e9riple de trois ou quatre ans avec la petite cam\u00e9ra et en solitaire. J\u2019\u00e9prouve un grand d\u00e9sir de restaurer l\u2019appareil, avec des maquilleurs, des techniciens, et surtout des \u00e9clairagistes pour le contr\u00f4le de la lumi\u00e8re. Je serais ravi de mener \u00e0 bien une telle production. La premi\u00e8re qui soit normale.<\/p>\n<p><em><strong>Dans un projet concret\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Oui, que j\u2019ai con\u00e7u petit \u00e0 petit \u00e0 partir de <em>La dama de Corinto<\/em>. J\u2019aime beaucoup la peinture, et j\u2019ai pass\u00e9 du temps \u00e0 travailler sur les textes \u00e0 l\u2019origine du plus grand nombre d\u2019images, d\u2019o\u00f9 celle de Pline l\u2019Ancien. Cela m\u2019a permis de constater que le livre qui a fourni le plus grand nombre d\u2019images aux peintres occidentaux, en dehors de La Bible, est <em>La M\u00e9tamorphose d\u2019Ovide<\/em>, un recueil de r\u00e9cits mythologiques qui ont lieu en Arcadie, avec des nymphes et des satyres. Dans ces livres, Titien, Rapha\u00ebl, Nicolas Poussin, les artistes baroques et bien d\u2019autres venaient chercher l\u2019inspiration. Cela me parait \u00e0 la fois stimulant et beau de m\u2019inscrire dans cet h\u00e9ritage. En ce sens, je voudrais aussi faire partie de ceux qui cherchent les images de ce livre de r\u00e9cits fondateurs, mais en tant que cin\u00e9aste, afin de perp\u00e9tuer cette analogie avec les peintres.<\/p>\n<p><em><strong>Au cin\u00e9ma, qu\u2019on le veuille ou non, la narration est toujours lin\u00e9aire, les images se suivent. Toutefois, dans <\/strong><\/em><strong>La dama de Corint<\/strong><em><strong>o, vous avez eu l\u2019occasion de jouer avec l\u2019espace pour r\u00e9aliser une narration simultan\u00e9e. Comment vous \u00eates-vous lanc\u00e9 dans cette exp\u00e9rience\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait d\u2019une grande importance, parce que la succession d\u2019images dans l\u2019espace vous permet de jouer avec une continuit\u00e9 ambigu\u00eb. Il ne s\u2019agit pas tant de narrer les liens de causes \u00e0 effets, mais plut\u00f4t de calculer une s\u00e9quence dans l\u2019espace pour le visiteur du mus\u00e9e, que l\u2019on pourrait voir comme un fl\u00e2neur d\u00e9ambulant par l\u00e0. Il serait probablement frustr\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre immobilis\u00e9 et ce, dans une salle de cin\u00e9ma que nous aurions reconstruite.<br \/>\nJe crains que le public ne soit dispers\u00e9 \u00e0 cause de la multiplicit\u00e9 des \u00e9crans, ce qui arrive fr\u00e9quemment. Par cons\u00e9quent, lorsque je travaille sur cette succession d\u2019images dans l\u2019espace, je les imagine l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre plut\u00f4t que de les visualiser toutes ensemble \u00e0 la fois. En r\u00e9alit\u00e9, vous marchez et passez d\u2019un plan \u00e0 l\u2019autre successivement.<br \/>\nDans ce sens, il est tr\u00e8s int\u00e9ressant de voir comment vous pouvez attribuer des valeurs \u00e0 une projection qui est plus en plong\u00e9e ou contre-plong\u00e9e, qui change d\u2019\u00e9chelle, qui se transforme pour devenir petite et intime. Cela vous encourage \u00e0 vous approcher de l\u2019\u00e9cran, comme vous le feriez avec un Vermeer de petit format. Une autre, au contraire, peut \u00eatre monumentale, vous incitant donc \u00e0 vous \u00e9loigner.<br \/>\nC\u2019est une mani\u00e8re de disposer les diff\u00e9rentes s\u00e9quences, o\u00f9 vous jouez avec les \u00e9l\u00e9ments qui ont \u00e9t\u00e9 retir\u00e9s apr\u00e8s le d\u00e9coupage des parties pr\u00e9c\u00e9dentes, qui gravitent dans les suivantes. C\u2019est une \u00e9volution d\u2019id\u00e9es non narratives, tr\u00e8s diff\u00e9rente du concept de la \u00ab\u00a0polyvision\u00a0\u00bb d\u2019Abel Gance, qui consistait \u00e0 se mettre face \u00e0 un triptyque. De l\u00e0, on pouvait voir un motif principal au centre, et un contrepoint sur les c\u00f4t\u00e9s, une multiplication ou un jeu. Mais bien que la polyvision fragment\u00e9e et le polyptyque sont en question, tout partait toujours d\u2019une projection unique.<br \/>\nIci, c\u2019est diff\u00e9rent. Il y a une succession de projections, comme s\u2019il s\u2019agissait de tableaux dans une galerie d\u2019art, dans lesquels une id\u00e9e va s\u2019additionner et \u00e9voluer, de mani\u00e8re plus souterraine et implicite.<\/p>\n<p><em><strong>Mais cette simultan\u00e9it\u00e9 reste un minimum pr\u00e9sente, non\u00a0? Personnellement, j\u2019ai la sensation de contempler une \u00e9poque mythique, inaccessible et \u00e9ternelle.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Diff\u00e9rentes interpr\u00e9tations sont possibles. La contemplation de l\u2019espace g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les projections me laissait parfois stup\u00e9fait. Dans l\u2019obscurit\u00e9, vous r\u00e9inventez compl\u00e8tement l\u2019architecture. Vous pouvez la rendre plus grande, plus petite, ou labyrinthienne, selon l\u2019angle que vous souhaitez mettre en valeur avec les projections.<br \/>\nSoudain, vous avez envie de les diriger de fa\u00e7on \u00e0 ce qu\u2019une fille regarde un mur, et que l\u2019autre sens montre le contreplan de ce qu\u2019elle serait en train de voir. On fait alors ce genre de d\u00e9coupages. C\u2019est une syntaxe \u00e0 laquelle je n\u2019avais jamais pens\u00e9. L\u2019appel du Mus\u00e9e Esteban Vincente m\u2019a pris au d\u00e9pourvu, mais \u00e0 pr\u00e9sent de nouveaux chemins s\u2019ouvrent \u00e0 moi. Si d\u2019autres mus\u00e9es font appel \u00e0 moi, je serais tent\u00e9 de d\u00e9velopper cette syntaxe.<\/p>\n<p><em><strong>Avant de terminer, je voudrais parler de votre relation avec Jonas Mekas dans <\/strong><\/em><strong>Guest<\/strong><em><strong> et <\/strong><\/em><strong>Correspondencia(s)<\/strong><em><strong>.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Jonas est l\u2019incarnation du \u00ab\u00a0filmmaker\u00a0\u00bb, au sens le plus strict du terme. Dans ses portraits datant des ann\u00e9es 1950, vous le verrez toujours avec son Bolex Paillard. Il remplit son r\u00f4le de cin\u00e9aste la cam\u00e9ra \u00e0 la main, compl\u00e9tement en retrait de l\u2019industrie.<br \/>\nLors de la r\u00e9alisation de <em>Guest<\/em>, je pensais qu\u2019il \u00e9tait un peu comme \u00e7a. Qui a proc\u00e9d\u00e9 de cette fa\u00e7on\u00a0? Les op\u00e9rateurs des Lumi\u00e8re, qui voyageaient avec une cam\u00e9ra, et lui. Pour chacun de mes projets, je me demandais d\u2019abord qui avait fait quelque chose de semblable avant moi.<br \/>\nJonas appara\u00eet aussi dans la premi\u00e8re partie de <em>Guest<\/em> en tant que l\u2019oracle d\u2019un grand voyage. Il emploie cette phrase, qui est rest\u00e9e grav\u00e9e dans mon esprit alors que j\u2019enregistrais ses images\u00a0: l\u2019expression \u00ab\u00a0I react to the life\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Je r\u00e9agis \u00e0 la vie\u00a0\u00bb). Le cin\u00e9ma est comme une r\u00e9action instinctive \u00e0 la vie. Je me suis appropri\u00e9 ce principe.<br \/>\nQuand le CCCB m\u2019a propos\u00e9 de continuer la s\u00e9rie <em>Correspondencia(s)<\/em> qu\u2019inauguraient Victor Erice et Abbas Kiarostami, j\u2019ai propos\u00e9, de mani\u00e8re ludique, une liste de quatre ou cinq cin\u00e9astes, que j\u2019aurais quelques difficult\u00e9s \u00e0 contacter sans l\u2019aide du mus\u00e9e. Mais plut\u00f4t que de s\u00e9lectionner des cin\u00e9astes fran\u00e7ais, ou europ\u00e9ens en g\u00e9n\u00e9ral, qui sont plus \u00e0 proximit\u00e9, mon choix s\u2019est port\u00e9 uniquement sur des Am\u00e9ricains.<br \/>\nJ\u2019aimais beaucoup travailler avec Jonas, que j\u2019avais connu \u00e0 travers <em>Guest<\/em>. Comme je l\u2019ai dit, j\u2019ai alors accord\u00e9 beaucoup d\u2019importance \u00e0 la lecture de ses textes, \u00e0 l\u2019heure d\u2019imaginer le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00ab\u00a0underground\u00a0\u00bb qui s\u2019emparait de nous et nous prot\u00e9geait de Super8 dans notre film. Nous \u00e9tions des amateurs, nous \u00e9tions \u00ab\u00a0underground\u00a0\u00bb. Cela nous attribuait un statut diff\u00e9rent, tout en donnant une certaine dignit\u00e9 \u00e0 nos pratiques.<br \/>\nCertaines de mes images de Super8, que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 d\u2019inclure dans la correspondance, s\u2019inspiraient de ce cin\u00e9ma, ou des \u00e9crits sur ce cin\u00e9ma, que je lisais dans mon adolescence. La culture \u00ab\u00a0beatnik\u00a0\u00bb, la musique du \u00ab\u00a0beat underground\u00a0\u00bb, le New York des ann\u00e9es 1960. Tout cela \u00e9tait une mythologie, dont le porte-parole en bonne et due forme \u00e9tait Jonas Mekas. De plus, j\u2019adh\u00e8re totalement \u00e0 son image du cin\u00e9ma franciscain, d\u00e9pouill\u00e9e. Et \u00e7a, c\u2019est merveilleux. Son film pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 n\u2019est pas un titre \u00ab\u00a0underground\u00a0\u00bb, mais <em>Francesco, giullare di Dio<\/em> (1950) de Rossellini.<\/p>\n<p><em><strong>Peut-\u00eatre que sa mani\u00e8re de filmer est plus instinctive, alors que vous \u00eates plus \u00e0 la recherche du formalisme.<\/strong> <\/em><\/p>\n<p>C\u2019est probablement le cas. Je me ronge plus les sangs que Jonas, alors que son tournage est compl\u00e8tement d\u00e9sinhib\u00e9, une sorte de c\u00e9l\u00e9bration de la vie \u00e0 travers les \u00e9l\u00e9ments les plus ordinaires et habituels. C\u2019est peut-\u00eatre moins d\u00fb au fait que Jonas soit am\u00e9ricain (lithuanien, en fait) et moi europ\u00e9en, mais plut\u00f4t au fait qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 tout th\u00e9oris\u00e9. Il n\u2019a rien \u00e0 d\u00e9montrer. J\u2019ai l\u2019impression, au contraire, de n\u2019avoir rien d\u00e9montr\u00e9, et que je dois davantage justifier le sens de mes images.<\/p>\n<p><strong>Par V\u00edctor Paz Morandeira. Publi\u00e9 le 10\/09\/2011 sur <a href=\"https:\/\/www.acuartaparede.com\/entrevista-jose-luis-guerin-2\/?lang=es\"><em>A cuarta parede<\/em><\/a>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Traduit de l\u2019espagnol au fran\u00e7ais par Sarah Kheireldin<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jos\u00e9 Luis Guer\u00edn, r\u00e9alisateur in\u00e9vitable du cin\u00e9ma espagnol contemporain et metteur en sc\u00e8ne de films tels qu\u2019 <i>En construcci\u00f3n<\/i> (2001) ou <i>En la ciudad de Sylvia<\/i> (2007)<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1458,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,147],"tags":[],"class_list":["post-1391","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-dossier","category-filmer-a-tout-prix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1391","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1391"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1391\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1539,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1391\/revisions\/1539"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1458"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1391"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1391"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1391"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}