{"id":207,"date":"2014-06-09T16:26:26","date_gmt":"2014-06-09T16:26:26","guid":{"rendered":"https:\/\/gsara.tv\/causes\/?p=207"},"modified":"2014-06-20T10:19:07","modified_gmt":"2014-06-20T10:19:07","slug":"what-the-fake-quelle-place-les-jeunes-les-medias","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.causestoujours.be\/what-the-fake-quelle-place-les-jeunes-les-medias\/","title":{"rendered":"What the Fake : quelle place pour les jeunes dans les m\u00e9dias ?"},"content":{"rendered":"<h2><strong>R\u00e9inventer les m\u00e9dias<\/strong><\/h2>\n<p><strong>Le projet <a href=\"https:\/\/www.rtbf.be\/whatthefake\/#\/La_vie_sans_internet\"><em>What the Fake\u00a0?!<\/em><\/a> s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 de janvier \u00e0 avril 2014. Il est le fruit d\u2019une collaboration entre la RTBF et deux associations sp\u00e9cialis\u00e9es en \u00e9ducation aux m\u00e9dias, ACMJ (Association Cin\u00e9 M\u00e9dias Jeunes) et le CAVL (Centre de Audiovisuel de Li\u00e8ge). Ce projet pilote questionne le rapport des jeunes aux m\u00e9dias et leur permet de s&rsquo;exprimer. Retour sur cette exp\u00e9rience originale avec des responsables d\u2019ACMJ et du CAVL.<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/what_the_fake-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-284\" src=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/what_the_fake-2.jpg\" alt=\"what_the_fake-2\" width=\"692\" height=\"518\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/what_the_fake-2.jpg 692w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/what_the_fake-2-300x224.jpg 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/what_the_fake-2-210x157.jpg 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 692px) 100vw, 692px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>Le projet <em>What the Fake\u00a0?!<\/em><\/strong><\/p>\n<p>L\u2019initiative, lanc\u00e9e par Val\u00e9rie Magis, auteur et show runner, s\u2019adresse aux jeunes de 13 \u00e0 18 ans. Il s\u2019agit de leur donner la parole et la possibilit\u00e9 de s\u2019exprimer sur des sujets qui les int\u00e9ressent. Selon les lignes du projet, <em>What the Fake ?!\u00a0<\/em>(WTF) signifie faire la part des choses entre ce que les jeunes pensent, ce qu\u2019on leur donne \u00e0 penser et ce que l\u2019on pense pour eux. Entre les r\u00e8gles et les normes qu\u2019on leur impose au nom de la biens\u00e9ance, et les codes qui gouvernent leurs notions de la pudeur, de l\u2019intimit\u00e9 et de la vie priv\u00e9e. Entre les clich\u00e9s propag\u00e9s par les m\u00e9dias de masse, et leur vision du monde au quotidien. Entre leur conscience de l\u2019information et les informations \u2026 vraies ou fausses\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le projet se composait d&rsquo;abord d\u2019un chat sur Internet auquel les jeunes \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 participer. Les th\u00e9matiques de ces discussions en ligne \u00e9taient choisies pr\u00e9alablement par l\u2019\u00e9quipe p\u00e9dagogique. Ensuite, chaque semaine, un \u00ab\u00a0Fake\u00a0\u00bb \u00e9tait mis en place. Concr\u00e8tement, trois faits repris d\u2019Internet \u00e9taient propos\u00e9s sur le site, deux reprenaient de l&rsquo;information vraie et un se r\u00e9v\u00e9lait \u00eatre de la fiction. Les jeunes devaient alors trouver quel fait pr\u00e9sentait de la fausse information. Enfin, sur base du contenu rassembl\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la participation des jeunes, des \u00e9pisodes \u00e9taient \u00e9labor\u00e9s avec l&rsquo;aide des adolescents. Ces \u00e9pisodes \u00e9taient diffus\u00e9s tous les vendredis sur La Trois et sur YouTube. Par ailleurs, le projet utilisait Facebook et Twitter pour communiquer.<\/p>\n<p><strong>Les jeunes et les m\u00e9dias\u00a0: la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019ouvrir le dialogue<\/strong><\/p>\n<p>Pourquoi un tel projet est-il n\u00e9\u00a0? La RTBF estimait n\u00e9cessaire d\u2019atteindre les jeunes qui ne sont pas vis\u00e9s par l&rsquo;essentiel de la programmation propos\u00e9e actuellement. Cela refl\u00e8te d&rsquo;ailleurs le fait que les adolescents ne sont pas repr\u00e9sent\u00e9s dans les m\u00e9dias. Ils ne constituent pas un lectorat privil\u00e9gi\u00e9 et font donc l\u2019objet d\u2019une attention plus mod\u00e9r\u00e9e. De plus, leurs opinions et leurs r\u00e9flexions y sont souvent d\u00e9cr\u00e9dibilis\u00e9es.<\/p>\n<p>Les responsables d\u2019ACMJ et du CAVL insistent sur l&rsquo;importance de prendre en consid\u00e9ration la parole des jeunes. Ces derniers ont des choses \u00e0 dire qui valent la peine d\u2019\u00eatre diffus\u00e9es. Par ailleurs, ils participent aux codes de communication amen\u00e9s par les nouvelles technologies. Ainsi, le bouleversement des codes de communication li\u00e9s aux m\u00e9dias en ligne touche tout le monde. Partant de ce constat,\u00a0Isabelle Colin du CAVL explique l\u2019id\u00e9e de base du projet WTF\u00a0: \u00ab\u00a0les jeunes sont bien entr\u00e9s dans les nouvelles technologies, nous \u2013 adultes &#8211; cela nous concerne aussi et on a int\u00e9r\u00eat a ce que les jeunes le vivent bien, donc \u00e9coutons un peu les jeunes et voyons ce qu\u2019ils ont envie de dire et d\u2019apporter sur ces sujets l\u00e0. Il y avait \u00e0 la fois ce souci de travailler avec eux et de leur donner la parole pour mieux les comprendre\u00a0\u00bb. Selon elle, les m\u00e9dias se d\u00e9sint\u00e9ressent des adolescents, voire m\u00eame, les m\u00e9prisent. Cela provoque, \u00e0 contre sens, une indiff\u00e9rence, une m\u00e9fiance des jeunes envers les m\u00e9dias et l\u2019information qui y est donn\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat de \u00ab\u00a0What The Fake\u00a0\u00bb est donc d\u2019amener des sujets qui int\u00e9ressent les jeunes et de leur donner la parole plut\u00f4t que de demander \u00e0 des adultes de parler des adolescents. Diff\u00e9rentes th\u00e9matiques ont ainsi \u00e9t\u00e9 abord\u00e9es\u00a0: l\u2019image de soi sur Internet, la tendance des selfies, les necknomations, les commentaires sur les r\u00e9seaux sociaux, les parents sur les r\u00e9seaux sociaux ou encore l\u2019hypersexualit\u00e9 des stars. Les sujets choisis faisaient appel \u00e0 l\u2019actualit\u00e9. Le contenu des chats et des \u00ab\u00a0webisodes\u00a0\u00bb montre que les jeunes ont un avis, un regard sur les choses qui les entourent.<\/p>\n<p><strong>Un partenariat RTBF, priv\u00e9 et associatif<\/strong><\/p>\n<p>Le projet est original car il a fait collaborer les secteurs public et priv\u00e9. De plus, les associations ACMJ et CAVL \u00e9taient garantes du contenu p\u00e9dagogique. Elles devaient g\u00e9rer au mieux les r\u00e9actions, parfois inattendues, des jeunes face aux th\u00e9matiques choisies. Cette d\u00e9marche, qui consiste \u00e0 consid\u00e9rer et \u00e0 m\u00ealer plusieurs domaines d&rsquo;activit\u00e9s, est au centre du projet et a permis d\u2019aller \u00e0 la rencontre des jeunes, de ce qui les int\u00e9resse, de leur regard sur ce qui les entoure.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la port\u00e9e du projet, comme le souligne Isabelle Colin du CAVL, \u00ab\u00a0What The Fake\u00a0\u00bb r\u00e9v\u00e8le l\u2019usage que les jeunes font des chats et des \u00ab\u00a0webisodes\u00a0\u00bb afin de communiquer leurs avis sur les selfies ou les necknominations par exemple. Par ailleurs, l\u2019aspect \u00e9ducation aux m\u00e9dias est, ici, un objet d\u2019analyse complexe. Ainsi, le projet est pertinent tant du point de vue de son contexte de production que de son aspect formel \u00e0 destination d\u2019un public cibl\u00e9.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, il est int\u00e9ressant de noter que des initiatives m\u00e9diatiques qui se situent en dehors des m\u00e9dias centraux, en dehors des canaux m\u00e9diatiques habituels, gardent une libert\u00e9 de parole plus grande, peuvent aller plus loin dans leur d\u00e9marche et en assurer un meilleur suivi. Comme le souligne le directeur du CAVL, \u00ab\u00a0nous ne sommes pas tenus par les m\u00eames crit\u00e8res. Et on a l\u2019occasion de favoriser le c\u00f4t\u00e9 &lsquo;expressiviste&rsquo;, selon le mot employ\u00e9 dans le livre &lsquo;M\u00e9diactivistes&rsquo;\u00a0\u00bb. L&rsquo;initiative WTF d\u00e9montre qu\u2019une collaboration entre l\u2019associatif et les m\u00e9dias est possible et qu\u2019elle peut faciliter la construction d\u2019une information qui donne la parole aux citoyens.<\/p>\n<p><strong>Une exp\u00e9rience transm\u00e9dia interactive<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat de la d\u00e9marche r\u00e9side \u00e9galement dans l&rsquo;analyse de l&rsquo;utilisation des m\u00e9dias en ligne par les jeunes.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019utilisation de Facebook permet d\u2019en cerner les codes, en l\u2019occurrence ceux des adolescents, par le ton et les termes employ\u00e9s. Cela permet de les utiliser d\u2019une mani\u00e8re constructive. Des exp\u00e9riences sont \u00e0 faire dans ce sens, et \u00ab\u00a0What The Fake\u00a0\u00bb en est un essai.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le chat servait de base pour les \u00ab\u00a0webisodes\u00a0\u00bb. Le contenu de ceux-ci s&rsquo;inspirait des paroles des jeunes. La mani\u00e8re dont les r\u00e9seaux sociaux et les m\u00e9dias en ligne ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s est inspirante car elle illustre l\u2019interactivit\u00e9 offerte par Internet. Cette interactivit\u00e9 peut \u00eatre mise \u00e0 profit pour redonner la parole, pour co-construire une information prenant en compte des points de vue diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Le projet \u00ab\u00a0What The Fake\u00a0\u00bb est une initiative porteuse de perspectives int\u00e9ressantes pour introduire du changement dans les formats et les partenariats m\u00e9diatiques. Elle permet d\u2019offrir un espace m\u00e9diatique accessible et de diffuser largement les propos des adolescents.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il est question de m\u00e9dias centraux, il ne faut pas oublier de mettre en place une approche de type \u00ab\u00a0\u00e9ducation aux m\u00e9dias\u00a0\u00bb, utile pour exploiter les potentialit\u00e9s de tels projets. On peut \u00e9galement retenir les perspectives offertes par les m\u00e9dias en ligne en termes de d\u00e9mocratisation des m\u00e9dias et de l\u2019information.<\/p>\n<p>Enfin, les coproductions offrent une place \u00e0 prendre pour les associations qui ont une expertise relative aux m\u00e9dias. Les m\u00e9dias centraux ont des rouages bien huil\u00e9s qu\u2019il serait difficile de changer radicalement mais la large diffusion est un avantage qui, combin\u00e9e \u00e0 des initiatives cr\u00e9atives, est porteuse pour l\u2019avenir des m\u00e9dias.<\/p>\n<p><strong>Lynn Dewitte<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le projet What the Fake ?! s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 de janvier \u00e0 avril 2014. Il est le fruit d\u2019une collaboration entre la RTBF et deux associations sp\u00e9cialis\u00e9es en \u00e9ducation aux m\u00e9dias, ACMJ (Association Cin\u00e9 M\u00e9dias Jeunes) et le CAVL (Centre de Audiovisuel de Li\u00e8ge). 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