{"id":2433,"date":"2016-12-22T16:29:36","date_gmt":"2016-12-22T16:29:36","guid":{"rendered":"https:\/\/gsara.tv\/causes\/?p=2433"},"modified":"2017-03-07T16:20:53","modified_gmt":"2017-03-07T16:20:53","slug":"retour-canal-emploi-1977-1989-television-communautaire-engagee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.causestoujours.be\/retour-canal-emploi-1977-1989-television-communautaire-engagee\/","title":{"rendered":"Retour sur Canal Emploi (1977-1989), une t\u00e9l\u00e9vision communautaire et engag\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><strong>Cr\u00e9\u00e9e en 1977, Canal Emploi \u00e9tait une des premi\u00e8res t\u00e9l\u00e9visions communautaires belges autoris\u00e9es \u00e0 rompre avec le monopole de la RTBF. Cha\u00eene d&rsquo;\u00e9ducation populaire dont l&rsquo;objectif \u00e9tait de rendre compte des probl\u00e8mes \u00e9conomiques et sociaux de la r\u00e9gion li\u00e9geoise, elle a d\u00e9velopp\u00e9 une large r\u00e9flexion et expertise sur l&rsquo;usage \u00e9ducatif de la t\u00e9l\u00e9vision et sur l&rsquo;utilisation de la vid\u00e9o comme outil d&rsquo;intervention sociale, notamment sur le terrain du travail.\u2028 Dans le cadre du festival Coupe Circuit, le GSARA a organis\u00e9, en collaboration avec ZIN TV, une rencontre autour de cette exp\u00e9rience t\u00e9l\u00e9visuelle. Agn\u00e8s Lejeune, Jean-Claude Riga et Rob Rombout sont venus t\u00e9moigner de leur parcours au sein de Canal Emploi. Nous vous proposons une retranscription des propos \u00e9chang\u00e9s le 8 d\u00e9cembre 2016 au Pianofabriek.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>\u00ab Canal Emploi a \u00e9t\u00e9 une belle aventure pour nous trois mais lorsqu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 liquid\u00e9e, on a eu l\u2019impression que cela se passait dans une relative indiff\u00e9rence. Chacun a repris le cours de sa route. C\u2019est \u00e9mouvant de pouvoir en parler et de s&rsquo;apercevoir qu\u2019en 2016, il y a peut-\u00eatre encore un int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;exp\u00e9rience de Canal Emploi <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial;\"><span style=\"font-size: small;\"><i>\u00bb <\/i><\/span><\/span><\/span>(Agn\u00e8s Lejeune).<\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_2438\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2438\" class=\"size-full wp-image-2438\" src=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/canal-emploi2-700.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"467\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/canal-emploi2-700.jpg 700w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/canal-emploi2-700-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/canal-emploi2-700-600x400.jpg 600w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/canal-emploi2-700-210x140.jpg 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-2438\" class=\"wp-caption-text\">Agn\u00e8s Lejeune, Jean-Claude Riga et Rob Rombout<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: left;\">Agn\u00e8s Lejeune est r\u00e9alisatrice et journaliste \u00e0 la RTBF. Elle \u00e9tait responsable du p\u00f4le audiovisuel de Canal Emploi. Elle a notamment r\u00e9alis\u00e9 avec Wilbur Legu\u00e8be la s\u00e9rie documentaire sur Jacques Duez Journal de classe.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Jean-Claude Riga est formateur, r\u00e9alisateur et producteur de documentaires et de fictions. Membre de la Commission de s\u00e9lection des films de la F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles depuis 2013 et Chevalier de l\u2019Ordre des Arts et des Lettres depuis 2015, il a notamment r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Canal Emploi <em>Ronde de nuit<\/em> et <em>Eric et l&rsquo;oiseau bleu<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Rob Rombout est cin\u00e9aste ind\u00e9pendant et professeur \u00e0 St.Lukas et \u00e0 Doc Nomads. Il dirige des workshops dans le monde entier : du Br\u00e9sil au Vietnam et en Chine, du Portugal au Liban et en France. Il a r\u00e9alis\u00e9 de nombreux documentaires de cr\u00e9ation, dont <em>L&rsquo;Homme qui en disait trop<\/em> et <em>Pas de cadeau pour No\u00ebl<\/em> produits par Canal Emploi.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left;\">LA GEN\u00c8SE<\/h2>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Agn\u00e8s Lejeune\u00a0:<\/strong> <em>Canal Emploi a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1977 par l\u2019Universit\u00e9 de Li\u00e8ge et les partenaires sociaux \u00e0 savoir la FGTB et la CSC. Il s&rsquo;agissait avant tout d&rsquo;une volont\u00e9 affirm\u00e9e de leur part de faire face \u00e0 la crise en d\u00e9veloppant des outils pour r\u00e9pondre aux probl\u00e8mes du ch\u00f4mage et de la formation. Ils se sont dit qu\u2019il y avait peut-\u00eatre une opportunit\u00e9 \u00e0 saisir dans le mouvement des t\u00e9l\u00e9visions communautaires. De cette mani\u00e8re, un projet pilote fut cr\u00e9\u00e9 et il s\u2019adressait aux sans emploi de la r\u00e9gion li\u00e9geoise. Ce projet n\u2019\u00e9tait pas financ\u00e9 directement par les partenaires sociaux. Les synergies entre l\u2019universit\u00e9 et les syndicats ont permis d\u2019aller chercher des financements aupr\u00e8s de la Communaut\u00e9 fran\u00e7aise et de la Commission europ\u00e9enne. Petit \u00e0 petit, Canal Emploi s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 au point de proposer \u00e0 la fois un p\u00f4le audiovisuel qui \u00e9tait la t\u00e9l\u00e9vision et un p\u00f4le de formation destin\u00e9 aux ch\u00f4meurs. Ces formations duraient 6 mois et elles \u00e9taient en lien \u00e9troit avec l\u2019activit\u00e9 audiovisuelle<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Riga :<\/strong> <em>L\u2019exp\u00e9rience commence en 1978. Nous n&rsquo;\u00e9tions pas tellement loin de mai 68 et pour ces personnes qui d\u00e9marraient le projet, c&rsquo;\u00e9tait sans doute leur premier emploi de longue dur\u00e9e. Au niveau de nos origines politiques, j\u2019\u00e9tais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque plut\u00f4t Mao mais il y avait aussi des trotskistes, des anarchistes et des militants syndicaux de la FGTB et de la CSC. On est aussi \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 surgit (notamment \u00e0 Li\u00e8ge) ce qui constituait \u00e0 ce moment-l\u00e0 notre seul espoir au niveau de la lutte r\u00e9volutionnaire. Il s&rsquo;agissait du Mouvement de lib\u00e9ration des femmes (MLF). Ce mouvement amenait une nouvelle \u00e9nergie \u00e0 un moment o\u00f9 les autres luttes s\u2019essoufflaient<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Agn\u00e8s Lejeune\u00a0:<\/strong> <em>Le recrutement des \u00e9quipes a \u00e9t\u00e9 fait sur base d\u2019un engagement social. Mis \u00e0 part Rob, nous n&rsquo;\u00e9tions pas des professionnels de l\u2019audiovisuel. Nous sortions de l\u2019unif, avec un pass\u00e9 militant. Nous \u00e9tions plut\u00f4t engag\u00e9s et anim\u00e9s par le d\u00e9sir de participer au projet Canal Emploi.<\/em><\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Riga\u00a0:<\/strong> <em>C&rsquo;\u00e9tait aussi l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;un croisement entre le cin\u00e9ma documentaire et l\u2019art contemporain avec notamment, les festivals vid\u00e9o o\u00f9 les artistes croisent des documentaristes et inversement. Il s&rsquo;en suivra une f\u00e9condation du cin\u00e9ma documentaire pendant plusieurs ann\u00e9es. Pour revenir \u00e0 l\u2019\u00e9volution de Canal Emploi, aucun de nous &#8211; \u00e0 part Rob qui est arriv\u00e9 plus tard \u2013 a fait une \u00e9cole de cin\u00e9ma. On est plut\u00f4t sociologue ou autre. Par contre, on a les cam\u00e9ras, le public et une heure d\u2019audience\u00a0! On aime tous le cin\u00e9ma. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, je trouvais le cin\u00e9ma tr\u00e8s engag\u00e9 et nous \u00e9tions tr\u00e8s engag\u00e9s par rapport au cin\u00e9ma. Nous connaissions le cin\u00e9ma en tant que spectateur. La seule personne qui a une exp\u00e9rience dans l&rsquo;audiovisuel est Pierre Javot, un gars de la CSC qui avait particip\u00e9 \u00e0 une TV locale au Canada et qui a ensuite boss\u00e9 pour une des premi\u00e8res TV locales li\u00e9geoises.<\/em><\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Riga\u00a0:<\/strong> <em>Selon certains cin\u00e9astes, c\u2019est parfois une chance de ne pas avoir fait d\u2019\u00e9cole de cin\u00e9ma et c\u2019est peut-\u00eatre de cette mani\u00e8re que le cin\u00e9ma s\u2019invente. Canal Emploi dans une certaine mesure, nous a permis de faire cette recherche en toute libert\u00e9. On a surtout appris \u00e0 faire du cin\u00e9ma plut\u00f4t que de faire de la t\u00e9l\u00e9 car on avait une libert\u00e9 en essayant de faire de la t\u00e9l\u00e9\u00a0!<\/em><\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Riga\u00a0:<\/strong><em> Au niveau du canevas de diffusion, Canal Emploi \u00e9tait diffus\u00e9 une fois par semaine, le vendredi entre midi et 14h00 et rediffus\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises pendant la semaine.<\/em><\/p>\n<h2>\u00c9POUSER LE REGARD DE L&rsquo;AUTRE<\/h2>\n<p><strong>Diffusion d&rsquo;un extrait du film <em>Six-deux, salle dix <\/em>(1985) de Jean-Claude Riga (Prod. Canal Emploi) : <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab L\u2019espace d\u2019une pause de travail, la camera Paluche s\u2019est gliss\u00e9e dans la salle dix de l\u2019h\u00f4pital g\u00e9riatrique. De six heures \u00e0 deux heures, la salle dix bat comme un c\u0153ur, celui d\u2019un pendule qui mesure le temps qui reste \u2026 \u00e0 travailler pour les uns, \u00e0 vivre pour les autres<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial;\"><span style=\"font-size: small;\"> <i>\u00bb<\/i><\/span><\/span><\/span>.<\/strong><em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/XdQvSmont4A\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Riga\u00a0:<\/strong> <em>Ce film est tourn\u00e9 avec la cam\u00e9ra paluche. C\u2019est une cam\u00e9ra que l\u2019on tient dans la main. Cela se passe dans un home au centre de Li\u00e8ge. Il y a une lutte pour l\u2019emploi parce que le taux d\u2019encadrement est en train de chuter. L\u2019emploi du personnel soignant est menac\u00e9 ainsi que la qualit\u00e9 des rapports avec les vieillards. J\u2019ai pu aller filmer dans ce lieu pour r\u00e9aliser un documentaire sur l\u2019emploi. Un film sur l\u2019emploi peut aussi devenir un documentaire sur les rapports inhumains qui existent dans les homes.<\/em><\/p>\n<p><strong>Agn\u00e8s Lejeune :<\/strong> <em>Lorsqu\u2019on regarde la t\u00e9l\u00e9vision aujourd\u2019hui, on ne voit plus ce type d\u2019extrait ni de format que celui que nous venons de voir \u00e0 l&rsquo;instant. \u00c0 Canal Emploi on se posait la question de ce que nous filmions et sur la mani\u00e8re de filmer.<\/em><\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Riga :<\/strong> <em>C\u2019\u00e9tait l\u2019id\u00e9e du plan subjectif. Je me mets dans l\u2019axe du regard des vieillards, c&rsquo;est-\u00e0-dire\u00a0se mettre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la personne et \u00eatre son regard, \u00eatre de son c\u00f4t\u00e9. La cam\u00e9ra accompagne la vision du personnage qui nous int\u00e9resse le plus et que l\u2019on d\u00e9fend d&rsquo;une certaine mani\u00e8re. La cam\u00e9ra \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule est une cam\u00e9ra qui prend position dans un espace. C\u2019est une cam\u00e9ra t\u00eate. Il y a quelque chose de dominant dans le fait d&rsquo;\u00eatre debout. La paluche, on la tient comme un micro, on devient quelqu\u2019un d\u2019assez banal. Tous les rapports d\u2019apparence au niveau du pouvoir sont remis en question. Les fr\u00e8res Dardenne ont eux aussi utilis\u00e9 la paluche pour l&rsquo;un de leur film.<\/em><\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Riga\u00a0:<\/strong> <em>Le home me paraissait \u00eatre un probl\u00e8me humain terrible et \u00e9galement un tabou dans la soci\u00e9t\u00e9. Le fait de d\u00e9fendre des revendications de type quantitative comme le salaire ou l\u2019emploi, n\u2019emp\u00eache pas d\u2019exprimer aussi ses propres r\u00e9voltes par rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Certains lieux comme les salles communes d\u2019un home sont des lieux de cin\u00e9ma dans lesquels \u00e9voluent des personnages et o\u00f9 on peut tenter de capturer les vrais rapports qu\u2019ils ont entre eux. C\u2019est la question du geste et de l\u2019h\u00e9ritage de l\u2019humanit\u00e9 qu\u2019il faut capter et qui fait partie de la culture, peut-\u00eatre encore plus intens\u00e9ment que la parole, proc\u00e9d\u00e9 tout \u00e0 fait ethnocentrique. Je suis beaucoup plus int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 filmer des personnes dans leur milieu et les rapports qu&rsquo;elles entretiennent entre elles que de mener des interviews.<\/em><\/p>\n<h2>L&rsquo;ARRIV\u00c9E DE ROB ET LES LUTTES SOCIALES EN FLANDRE<\/h2>\n<p><strong>Diffusion d&rsquo;un extrait du film <em>L&rsquo;Homme qui en disait trop<\/em> (1985) de Rob Rombout (Prod. Canal Emploi) :<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab Roger Vandermeiren, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 syndical, est licenci\u00e9 de chez Monsanto (une usine de la r\u00e9gion anversoise) pour avoir d\u00e9fendu un camarade accus\u00e9 de vol. Une gr\u00e8ve \u00e9clate contre les licenciements, et, apr\u00e8s 7 semaines de combat, la mise \u00e0 pied de Roger Vandermeiren sera confirm\u00e9e. 6 mois de proc\u00e9dure juridique et de lutte solitaire pendant lesquels Roger continuera \u00e0 faire son travail de syndicaliste dans une caravane aux portes de l&rsquo;usine, avant d&rsquo;\u00eatre d\u00e9finitivement renvoy\u00e9 par d\u00e9cision du tribunal <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial;\"><span style=\"font-size: small;\"> \u00bb<\/span><\/span><\/span>. <\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2469\" src=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/rob.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"467\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/rob.jpg 700w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/rob-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/rob-600x400.jpg 600w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/rob-210x140.jpg 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n<p><strong>Rob Rombout :<\/strong> <em>D\u00e8s que je commence \u00e0 parler vous comprenez tout de suite que je suis un outsider. Je suis hollandais. Pour moi, Canal Emploi a \u00e9t\u00e9 une grande aventure. Li\u00e8ge \u00e9tait l\u2019endroit o\u00f9 tout se passait du point de vue de la musique, des arts et de la vid\u00e9o. J\u2019avais lu un article dans Le Monde \u00e0 propos du projet Canal Emploi que je trouvais fantastique. J\u2019ai pris le train et lorsque je suis arriv\u00e9 \u00e0 Li\u00e8ge, j\u2019ai eu un sentiment de libert\u00e9. J\u2019ai fait une \u00e9cole de cin\u00e9ma mais je me sentais parfois trop conditionn\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><strong>Rob\u00a0Rombout :<\/strong> <em>Un ouvrier de chez Monsanto \u00e0 Anvers avait \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9 suite \u00e0 un vol de document. Un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 syndical fut aussi renvoy\u00e9. Une gr\u00e8ve et un mouvement social s&rsquo;en suivirent durant tout l&rsquo;\u00e9t\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait un \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s chaud avec \u00e0 la fois l&rsquo;intervention de la police et aussi l&rsquo;organisation de f\u00eate et de barbecue. Et puis l\u2019hiver est arriv\u00e9, l&rsquo;ouvrier syndical a \u00e9t\u00e9 traduit en justice. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 le rencontrer. Je sentais qu\u2019il allait perdre. Ce qui m&rsquo;a int\u00e9ress\u00e9, c&rsquo;est de constater le contraste entre un mouvement social tr\u00e8s solidaire en \u00e9t\u00e9 et l&rsquo;isolement du d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 en hiver. Mon background est diff\u00e9rent. Je suis moins excit\u00e9 par rapport aux questions id\u00e9ologiques. Quand je fais des films, je suis plut\u00f4t quelqu\u2019un qui voit, qui peut sympathiser avec un personnage comme \u00e7a \u00e9t\u00e9 le cas avec lui. Mais je ne l&rsquo;accompagnais pas pour autant aux barricades. L\u2019histoire se termine. Finalement, il perd et doit s\u2019inscrire au ch\u00f4mage pour la premi\u00e8re fois de sa vie. J&rsquo;avais film\u00e9 \u00e0 la fois des images dures en hiver et qui contrastaient avec celles tourn\u00e9es en \u00e9t\u00e9. Cette dualit\u00e9 \u00e9tait int\u00e9ressante pour faire un film.<\/em><\/p>\n<p><strong>Rob Rombout :<\/strong> <em>Avec ce film, je n\u2019avais pas besoin d\u2019aller lire les \u0153uvres de Marx ou celles de L\u00e9nine pour comprendre ce conflit social. \u00c7a n\u2019a rien a voir avec la politique, c\u2019est purement humain\u00a0! On arrive d\u2019abord sans cam\u00e9ra. On donne la main et la mayonnaise prend ou pas. Personne ne m\u2019a jamais demand\u00e9 quelle \u00e9tait ma tendance politique. C\u2019est l\u2019humanisme qui prime; J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 intrigu\u00e9 par le caract\u00e8re de ce personnage qui est un id\u00e9aliste, un Don Quichotte moderne. J\u2019aime bien ce genre de personnage. J\u2019ai compris durant mon parcours la limite de la question politique. Je me souviens que le directeur de Canal Emploi r\u00eavait de faire d\u2019une sorte de RTL de gauche&#8230; Je dis toujours que lorsqu&rsquo;on a un message, il vaut mieux aller \u00e0 la poste. L\u2019audiovisuel ne se pr\u00eate pas au message. Dans les tracts, c\u2019est plus facile.<\/em><\/p>\n<p><strong>Agn\u00e8s Lejeune :<\/strong> <em>Ceci me fait penser \u00e0 l&rsquo;exemple des \u00e9missions conc\u00e9d\u00e9es, diffus\u00e9es notamment sur la RTBF. La FGTB et la CSC ont la ma\u00eetrise totale de leur programme qui se fait sous le contr\u00f4le de l\u2019organisation syndicale. Chez Canal Emploi, il y avait un espace de libert\u00e9 qui avait \u00e9t\u00e9 conquis et nous pouvions relayer les luttes sociales dans leur singularit\u00e9. Rob avais rep\u00e9r\u00e9 ce personnage qui nous fait r\u00e9fl\u00e9chir autrement que par un texte ou un manifeste sur l\u2019engagement syndical.<\/em><\/p>\n<h2>RONDE DE NUIT<\/h2>\n<p><strong>Diffusion d&rsquo;un extrait du film <em>Ronde de Nuit\u00a0<\/em>(1984) de Jean-Claude Riga (Prod. Canal Emploi) :<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab Entre le coucher du soleil et le lever du jour, les hommes de la pause de nuit vivent au rythme lourd de la combustion du coke. Au dessus du four, l\u2019appel d\u2019un machiniste pour engager la man\u0153uvre, des sir\u00e8nes lui r\u00e9pondent dans la nuit, les ponts roulants s\u2019\u00e9branlent dans le vacarme, le coke en fusion jaillit de m\u00e2choires m\u00e9talliques. La sid\u00e9rurgie ce sont avant tout les hommes, leur fatigue, leurs rides, c\u2019est la mani\u00e8re dont ils parlent entre eux au r\u00e9fectoire, une culture. Leurs gestes, leurs postures, aux prises avec la machine et leurs r\u00eaves \u00e9veill\u00e9s lors des accalmies de la pause de nuit. Des images vol\u00e9es \u00e0 l\u2019oubli. (Seraing 1984)<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial;\"><span style=\"font-size: small;\"> \u00bb.\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/oNElWorwx1A\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Riga :<\/strong> <em>C\u2019est l\u2019\u00e9poque des gr\u00e8ves de 1983-1984. \u00c0 Canal Emploi, nous avons film\u00e9 de nombreuses fermetures d\u2019entreprises et des manifestations. On \u00e9tait engag\u00e9, y compris dans les occupations d\u2019entreprise. C&rsquo;\u00e9tait une p\u00e9riode caract\u00e9ris\u00e9e par des luttes qui n\u2019aboutissaient pas. Elles \u00e9taient plut\u00f4t dans la d\u00e9faite. En tout cas pour ce qui concernait la sid\u00e9rurgie. C\u2019\u00e9tait le d\u00e9but de la d\u00e9b\u00e2cle. Les pertes d\u2019emploi \u00e9taient \u00e9normes. J\u2019habitais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019usine et j\u2019y avais aussi travaill\u00e9 pendant mes \u00e9tudes. Je connaissais l\u2019usine et sa culture.<\/em><\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Riga\u00a0:<\/strong> <em>Le four \u00e0 coke est une partie de l\u2019usine qui ne peut pas \u00eatre arr\u00eat\u00e9e sinon, il faut le d\u00e9construire pour ensuite le reconstruire. Pendant les gr\u00e8ves, certains ouvriers restaient \u00e0 l\u2019usine pour \u00e0 la fois entretenir les feux et garder un moyen de pression sur les patrons de Cockerille. De cette mani\u00e8re, ils conservaient l\u2019outil en main. \u00c0 Canal Emploi, nous avions le choix de nos \u00e9missions. Lors d\u2019une r\u00e9union, j&rsquo;ai \u00e9voqu\u00e9 mon souhait d\u2019aller dans l\u2019usine pendant la gr\u00e8ve pour aller \u00e0 la rencontre de ces gars qui continuaient \u00e0 entretenir leur outil de travail. Un de ceux que j\u2019interviewe me dit qu\u2019il ne pourrait pas vivre sans feu, qu\u2019il ne pourrait pas \u00eatre boucher par exemple. \u00c7a a donn\u00e9 l\u2019id\u00e9e du film. Ils voulaient montrer leur rapport \u00e0 l\u2019outil et pas seulement leur rapport \u00e0 des conditions de travail difficiles ce qui avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 dans d&rsquo;autres films. Ici, il s&rsquo;agissait de montrer le lien entretenu avec l\u2019outil et la conscience du prochain d\u00e9s\u0153uvrement suite \u00e0 la perte d&#8217;emploi. Un outil qui leur apportait certes des maladies de travail mais qui \u00e9tait devenu aussi leur compagnon de travail avec lequel ils luttaient. Il existait dans cette usine des imaginaires incroyables. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque d\u2019Ennio Morricone et du film <\/em>Le bon, la brute et le truand<em>. D&rsquo;ailleurs, un des ouvriers porte un chapeau de cow-boy. Cette identification permettait aux ouvriers de pas mourir d\u2019ennui. Ronde de nuit s&rsquo;attache \u00e0 montrer la culture dans l\u2019usine. Une culture qui \u00e9tait en train de mourir. Je pensais qu\u2019elle mettrait 15 ans \u00e0 dispara\u00eetre. Elle aura finalement pris 30 ans. Aujourd&rsquo;hui, le moindre des hommages \u00e0 rendre \u00e0 ces ouvriers est de diffuser ce genre de film \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision.<\/em><\/p>\n<h2>R\u00c9FLEXIONS \u00c0 PROPOS DE LA FIN DE CANAL EMPLOI<\/h2>\n<p><strong>Agn\u00e8s Lejeune :<\/strong> <em>Ce projet, port\u00e9 depuis son origine par les syndicats, a \u00e9t\u00e9 pris en otage dans la rupture du front commun syndical de la r\u00e9gion li\u00e9geoise. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 et notamment sur le dossier de la sid\u00e9rurgie les syndicats \u00e9taient en total d\u00e9saccord. Face \u00e0 cette rupture politique, la CSC via ses relais politiques a fait couper tous les subsides de Canal Emploi. L\u2019affaire s\u2019est termin\u00e9e assez tristement et elle ne s&rsquo;est pas bien sold\u00e9e socialement pour les travailleurs. Nous sommes rest\u00e9s des mois sans salaire.<\/em><\/p>\n<p><strong>Agn\u00e8s Lejeune\u00a0:<\/strong> <em>Canal Emploi a \u00e9t\u00e9 une magnifique exp\u00e9rience. Sur le plan personnel, on a beaucoup appris et je pense qu\u2019en r\u00e9gion li\u00e9geoise, on avait une bonne audience. D&rsquo;apr\u00e8s la direction, il fallait faire un RTL de gauche ce qui un non sens absolu ! \u00c9videmment qu&rsquo;il fallait inventer de nouveaux modes narratifs, inventer un langage. Je suppose que pour ceux aujourd\u2019hui qui font ces nouvelles exp\u00e9riences audiovisuelles, la question de l\u2019\u00e9criture s&rsquo;impose.<\/em><\/p>\n<p><strong>Rob Rombout :<\/strong> <em>En \u00e9t\u00e9, le travail s\u2019arr\u00eatait et on recevait \u00e0 chaque fois un invit\u00e9 sp\u00e9cial : on a eu Johan van der Keuken, Jean Frapat, Jean-Louis Comolli, Jean-Marie Piemme. C\u2019\u00e9tait incroyable d\u2019\u00eatre entre nous et de pouvoir s\u2019enrichir avec d\u2019autres. Quelque chose qui n\u2019est plus possible aujourd&rsquo;hui. On \u00e9tait pauvre mais dans les festivals on \u00e9tait les h\u00e9ros. C\u2019\u00e9tait la p\u00e9riode des festivals de vid\u00e9o. On pouvait voyager.<\/em><\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Riga :<\/strong> <em>Effectivement, Johan van der Keuken, documentariste hollandais mondialement connu, nous proposait diff\u00e9rentes mani\u00e8res de s\u2019exprimer avec une cam\u00e9ra. Je voulais aussi ajouter que ce n\u2019est pas parce que \u00e7a passe \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 que ce n\u2019est pas du cin\u00e9ma. Il ne faut pas oublier que la t\u00e9l\u00e9 ne produit pas de propre langage. Il est clair qu\u2019il est plus int\u00e9ressant de voir un film dans une salle mais la t\u00e9l\u00e9vision reste tout de m\u00eame une possibilit\u00e9 de diffusion.<\/em><\/p>\n<p><strong>Agn\u00e8s Lejeune :<\/strong> <em>On discutait \u00e9norm\u00e9ment sur la question du format et de l\u2019\u00e9criture. Comment allier l&rsquo;exigence de l\u2019antenne hebdomadaire et l\u2019exigence d\u2019\u00e9criture d\u00e9fendue par les r\u00e9alisateurs qui par ailleurs ne s&rsquo;appelaient pas encore auteurs\u00a0?<\/em><\/p>\n<p><strong>Rob Rombout :<\/strong> <em>Apr\u00e8s Canal Emploi, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser des documentaires. Il y a encore 10 ou 15 ans, la t\u00e9l\u00e9vision collaborait avec nous. On avait toujours une place m\u00eame si c\u2019\u00e9tait tard dans la nuit. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, je trouve que la t\u00e9l\u00e9vision asseoit une certaine l\u00e9gitimit\u00e9. Si tu annonces que ton film sera diffus\u00e9 dans un festival, \u00e7a aura moins d\u2019effet qu&rsquo;un passage en t\u00e9l\u00e9vision. Malheureusement on est en train de perdre cette case. Le drame aujourd\u2019hui, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a m\u00eame plus de fen\u00eatre. Il n&rsquo;y a plus de ghetto tard la nuit. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s agr\u00e9able de travailler avec la t\u00e9l\u00e9vision. Ce qui ne veut pas dire travailler pour la t\u00e9l\u00e9vision\u00a0!<\/em><\/p>\n<p><strong>Agn\u00e8s Lejeune :<\/strong> <em>Je trouve que cette \u00e9criture se mettait au service d&rsquo;une parole rare qui n\u2019avait pas droit de cit\u00e9 dans les m\u00e9dias. Pour moi, c\u2019\u00e9tait tout l\u2019enjeu \u00e0 cette p\u00e9riode. Cette exigence port\u00e9e par les auteurs et qui donnait ses lettres de noblesse d\u2019une certaine mani\u00e8re \u00e0 cette partie de la vie immerg\u00e9e et m\u00e9connue. C\u2019\u00e9tait tout l\u2019enjeu de ce travail.<\/em><\/p>\n<p><strong>Rob Rombout :<\/strong> <em>Avant la vid\u00e9o, le cin\u00e9ma \u00e9tait tr\u00e8s ferm\u00e9. C\u2019\u00e9tait une caste et nous n&rsquo;avions pas d&rsquo;acc\u00e8s. Lorsque la vid\u00e9o est arriv\u00e9e, on regardait \u00e7a comme une sorte de libert\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><strong>Jean-Claude Riga :<\/strong> C<em>es invit\u00e9s\/formateurs qui venaient nous aider \u00e0 d\u00e9couvrir de nouveaux langages et \u00e0 trouver une dynamique de recherche cin\u00e9matographique, \u00e9taient stup\u00e9faits de notre libert\u00e9. Ils adoraient \u00eatre l\u00e0. Ils se disaient \u00ab\u00a0ces gens-l\u00e0 n&rsquo;ont pas fait pour la plupart d\u2019\u00e9cole de cin\u00e9ma et ils sont tout de m\u00eame passionn\u00e9s pour le truc\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><strong>Propos retranscrits et mis en forme par Aur\u00e9lie Ghalim<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9\u00e9e en 1977, Canal Emploi \u00e9tait une des premi\u00e8res t\u00e9l\u00e9visions communautaires belges autoris\u00e9es \u00e0 rompre avec le monopole de la RTBF. Cha\u00eene d&rsquo;\u00e9ducation populaire dont l&rsquo;objectif \u00e9tait de rendre compte des probl\u00e8mes \u00e9conomiques et sociaux de la r\u00e9gion li\u00e9geoise, elle a d\u00e9velopp\u00e9 une large r\u00e9flexion et expertise sur l&rsquo;usage \u00e9ducatif de la t\u00e9l\u00e9vision et sur l&rsquo;utilisation de la vid\u00e9o comme outil d&rsquo;intervention sociale, notamment sur le terrain du travail.\u2028<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":2435,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,172],"tags":[],"class_list":["post-2433","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-dossier","category-experimentations-sur-la-diffusion-audiovisuelle"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2433","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2433"}],"version-history":[{"count":36,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2433\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2506,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2433\/revisions\/2506"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2435"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2433"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2433"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2433"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}