{"id":3065,"date":"2018-12-19T14:41:30","date_gmt":"2018-12-19T14:41:30","guid":{"rendered":"https:\/\/gsara.tv\/causes\/?p=3065"},"modified":"2019-03-07T10:02:45","modified_gmt":"2019-03-07T10:02:45","slug":"entreprises-liberees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.causestoujours.be\/entreprises-liberees\/","title":{"rendered":"Quelques clarifications autour des \u00ab\u00a0entreprises lib\u00e9r\u00e9es\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"western\"><strong>Cet article s\u2019inscrit dans le cadre de la campagne de sensibilisation\u00a0du GSARA,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.gsara.be\/campagne2018\/\"><em>J\u2019ai mal \u00e0 mon travail.<\/em>\u00a0<em>Le n\u00e9o-management en question<\/em><\/a>.<em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"western\"><b>Aujourd\u2019hui, les patrons de certaines grandes entreprises s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la libert\u00e9 des travailleurs : dans une \u00e9conomie de service, l\u2019autonomie de leurs salari\u00e9s est plus que jamais n\u00e9cessaire \u00e0 une production efficace et de qualit\u00e9. Ces discours et ces pratiques se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l&rsquo;id\u00e9al d&rsquo;une\u00a0\u00ab\u00a0entreprise lib\u00e9r\u00e9e \u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>\u00a0m\u00e9ritent toute notre attention car, au-del\u00e0 de quelques petites structures autogestionnaires, les principes de la division scientifique du travail ont trop rarement \u00e9t\u00e9 contest\u00e9s par le mouvement ouvrier, malgr\u00e9 l\u2019horizon d\u2019\u00e9mancipation des travailleurs qui est le sien. Pour autant, cette attention ne doit pas se transformer en na\u00efvet\u00e9.<\/b><\/p>\n<h1 class=\"western\">Exploitation capitaliste<\/h1>\n<p class=\"western\">Les critiques du taylorisme soutiennent que la reconnaissance des travailleurs (m\u00eame symbolique) am\u00e9liore leur efficacit\u00e9. D\u2019autres ajoutent que travailler ne se r\u00e9sume jamais \u00e0 appliquer un plan d\u00e9fini par le bureau des m\u00e9thodes mais requiert de mobiliser ses capacit\u00e9s pour faire face \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 qui r\u00e9siste et d\u00e9borde le plan.<i> <\/i>Dans cet esprit, le courant des \u00ab\u00a0entreprises lib\u00e9r\u00e9es\u00a0\u00bb promeut clairement la reconnaissance des contributions des travailleurs \u00e0 la qualit\u00e9 du travail et suscite la publicisation de ces ajustements. L\u2019intelligence et la sensibilit\u00e9 du travailleur sont mobilis\u00e9es au service de la \u00ab\u00a0raison d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb de l\u2019entreprise. Le \u00ab\u00a0leader lib\u00e9rateur\u00a0\u00bb s\u2019efforce alors de la rendre appropriable par les salari\u00e9s pour qu\u2019ils s\u2019investissent intens\u00e9ment dans le travail.<\/p>\n<p class=\"western\">L\u2019expression \u00ab\u00a0raison d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb entend cerner la contribution d\u2019une <i>entreprise<\/i> \u00e0 son environnement. Elle se distingue donc de la \u00ab\u00a0finalit\u00e9\u00a0\u00bb de la <i>soci\u00e9t\u00e9<\/i> (anonyme, par exemple) qui, constitue le v\u00e9hicule juridique qui structure les apports en capital<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a> et vise la maximisation de la valeur des actions. L\u2019entreprise ne serait plus seulement l\u2019instrument des investisseurs en capital pour maximiser leurs profits, elle aurait aussi une mission \u00e0 remplir au service de son environnement. Mais les salari\u00e9s restent incapables de d\u00e9terminer cette \u00ab\u00a0raison d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb\u00a0: faute de passage en coop\u00e9rative ou de droit de veto du Conseil d\u2019entreprise, les actionnaires restent d\u00e9cideurs en dernier ressort. Ils sont les seuls \u00e0 pouvoir arbitrer la r\u00e9partition de la valeur ajout\u00e9e entre le capital et le travail. Ils peuvent aussi, toujours, revenir en arri\u00e8re quant \u00e0 la lib\u00e9ration ou revendre l\u2019entreprise.<\/p>\n<p class=\"western\">Retenons \u00e9galement que le travailleur n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019ex\u00e9cutant d\u2019un plan qui est d\u00e9termin\u00e9 par un sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique. Il est attendu de lui qu\u2019il participe \u00e0 la d\u00e9finition de son travail, qu\u2019il s\u2019implique dans l\u2019am\u00e9lioration du service rendu au client et dans la rentabilit\u00e9 de l\u2019entreprise, afin de parvenir \u00e0 r\u00e9aliser sa \u00ab\u00a0raison d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb. Mais cette libert\u00e9 dont il dispose se limite \u00e0 la question des moyens \u00e0 mettre en \u0153uvre pour r\u00e9aliser des finalit\u00e9s qu\u2019il n\u2019a pas d\u00e9termin\u00e9es. Dans ses principes m\u00eames, les potentiels de lib\u00e9ration sont donc limit\u00e9s par une dynamique d\u2019exploitation capitaliste tout \u00e0 fait classique.<\/p>\n<h1 class=\"western\">Libert\u00e9 et pouvoir<\/h1>\n<p class=\"western\">Comme je viens de l\u2019indiquer, le pouvoir des actionnaires n\u2019\u00e9tant pas contest\u00e9 par le mouvement des entreprises lib\u00e9r\u00e9es, ils peuvent toujours revenir en arri\u00e8re sur la lib\u00e9ration. Il en est en quelque sorte de m\u00eame au niveau de l\u2019entreprise. G\u00e9n\u00e9ralement, parce que le \u00ab\u00a0leader lib\u00e9rateur\u00a0\u00bb incarne personnellement la lib\u00e9ration et reste celui qui tranche les conflits en dernier ressort, il acquiert un pouvoir puissant, solitaire et difficilement contestable.\u00a0Le pouvoir du management interm\u00e9diaire, dans les all\u00e9es des entreprises lib\u00e9r\u00e9es, est alors \u00e0 son tour \u00ab\u00a0suspendu\u00a0\u00bb, sans pour autant qu\u2019une autre organisation du pouvoir soit explicit\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"western\">En posant ce constat, je ne pr\u00f4ne pas un retour \u00e0 la subordination classique ni au taylorisme. Mais il faut reconna\u00eetre que ce dernier clarifie particuli\u00e8rement en d\u00e9tails les r\u00e8gles que doivent suivre les travailleurs (pour Taylor, les r\u00e8gles de la science sont vou\u00e9es \u00e0 remplacer l\u2019autorit\u00e9 arbitraire des petits chefs). L\u2019entreprise lib\u00e9r\u00e9e, en se pr\u00e9sentant comme une \u00ab\u00a0philosophie\u00a0\u00bb et en ne prenant pas le risque d\u2019\u00e9noncer des r\u00e8gles de fonctionnement claires, emp\u00eache une v\u00e9ritable d\u00e9lib\u00e9ration sur celles-ci. La transformation du r\u00f4le de l\u2019encadrement se r\u00e9alise sans clarification de ses nouvelles missions, sans que les travailleurs puissent discuter celles-ci et \u00e9ventuellement les contester. Elles sont fond\u00e9es sur les convictions personnelles d\u2019un \u00ab\u00a0leader\u00a0\u00bb lib\u00e9rateur plut\u00f4t qu\u2019institu\u00e9es par la d\u00e9lib\u00e9ration, l\u2019exp\u00e9rimentation d\u00e9mocratique ou la constitutionnalisation. On fait alors face \u00e0 une situation proche de celle des travailleurs de l\u2019\u00e9conomie de plateforme, soumis \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un algorithme qu\u2019ils ne peuvent conna\u00eetre et donc critiquer, sous couvert de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle du code<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p class=\"western\">Faire sauter des structures formelles de pouvoir pour les remplacer par des structures informelles, ce n\u2019est pas ma d\u00e9finition de la libert\u00e9. Comme l\u2019indique l\u2019histoire du capitalisme, l\u2019absence de r\u00e8gles de droit va de pair avec l\u2019absence de capacit\u00e9 collective \u00e0 limiter le contr\u00f4le et les attentes pesant sur les travailleurs. Dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, les principes qui r\u00e9gissent la vie en commun doivent \u00eatre \u00e9nonc\u00e9s pour \u00eatre contr\u00f4l\u00e9s, contest\u00e9s et r\u00e9vis\u00e9s. Je peine \u00e0 voir o\u00f9 la lib\u00e9ration d\u2019entreprise permet une avanc\u00e9e sur cet enjeu. Au contraire, elle lui tourne le dos et devient ainsi une source potentielle d\u2019injustice et de violence au travail.<\/p>\n<h1 class=\"western\">Charges individuelles de la participation<\/h1>\n<p class=\"western\">Comme je l\u2019ai montr\u00e9 ailleurs<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>, une participation d\u00e9mocratique des travailleurs ne se caract\u00e9rise pas seulement par des r\u00e8gles disputables et discutables. Elle doit aussi permettre que les participants \u00e0 cette communaut\u00e9 soient en mesure de s\u2019y conformer. L\u2019intention des entreprises lib\u00e9r\u00e9es est de d\u00e9passer la division du travail entre ex\u00e9cution et conception\u00a0: dans le cours de leur activit\u00e9, les travailleurs sont autoris\u00e9s \u00e0 d\u00e9terminer leurs propres r\u00e8gles. Ils sont en effet invit\u00e9s \u00e0 identifier les troubles et les doutes qu\u2019ils \u00e9prouvent dans l\u2019activit\u00e9, \u00e0 les clarifier en sollicitant l\u2019avis des coll\u00e8gues concern\u00e9s et, sur cette base, \u00e0 ajuster leur propre travail. En regard des pratiques tayloristes, on peut y voir la possibilit\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9rer un peu de pouvoir sur son propre travail. Mais cela se fait g\u00e9n\u00e9ralement sur un mode tr\u00e8s individualiste\u00a0: il s\u2019agit de tester ses id\u00e9es aupr\u00e8s des coll\u00e8gues plut\u00f4t que de d\u00e9cider ensemble d\u00e9mocratiquement.<\/p>\n<p class=\"western\">Pour ceux qui n\u2019y sont pas pr\u00e9par\u00e9s et qui doivent y r\u00e9pondre seul, ces injonctions \u00e0 la participation risquent d\u2019\u00eatre v\u00e9cues comme un fardeau, une charge trop lourde \u00e0 porter<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>. Une travailleuse d\u2019une organisation autog\u00e9r\u00e9e m\u2019expliquait s\u2019\u00eatre sentie \u00ab\u00a0harcel\u00e9e\u00a0\u00bb lorsque ses coll\u00e8gues lui demandaient trop souvent son avis. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, les personnes sur lesquelles les charges de la participation p\u00e8sent le plus lourdement se trouvent souvent r\u00e9duites au silence, abandonn\u00e9es au \u00ab\u00a0seuil de la participation\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>. Ce constat impose de penser les conditions de l\u2019exercice de cette responsabilit\u00e9, les soutiens et ressources n\u00e9cessaires \u00e0 une participation d\u00e9mocratique. Ce pouvoir de participer gagne donc \u00e0 \u00eatre con\u00e7u comme une \u00ab\u00a0capacit\u00e9 collective\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a>, au sens o\u00f9 il est le r\u00e9sultat d\u2019une organisation collective et d\u00e9pend d\u2019une infrastructure partag\u00e9e\u00a0: l\u2019ouverture d\u2019espaces et de temps de r\u00e9unions confortables, la s\u00e9curit\u00e9 contractuelle \u00e0 long terme et la reconnaissance des droits opposables (sans m\u00eame parler des capacit\u00e9s \u00e0 peser sur les d\u00e9cisions d\u2019investissement, la s\u00e9lection des dirigeants et la d\u00e9finition du r\u00e8glement de travail). Ce sont ces \u00e9l\u00e9ments qui permettent d\u2019all\u00e9ger les charges individuelles de la participation\u00a0: ils donnent aux participants les moyens de se construire collectivement un avis pour r\u00e9aliser<i> in situ <\/i>le principe de subsidiarit\u00e9 qui est au c\u0153ur de la lib\u00e9ration d\u2019entreprise (i.e. prendre la d\u00e9cision au plus pr\u00e8s du lieu o\u00f9 elle doit \u00eatre mise en \u0153uvre). En retour, cette dimension collective impose de se confronter aux d\u00e9saccords avec ses coll\u00e8gues qu\u2019il faut alors parvenir \u00e0 arbitrer d\u00e9mocratiquement. Affronter le d\u00e9fi des charges de la participation requiert donc de tourner le dos \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une entreprise consensuelle o\u00f9 le bonheur individuel de tous serait possible et souhaitable.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\">*<\/p>\n<p class=\"western\">En conclusion, on peut consid\u00e9rer l\u2019appel \u00e0 la lib\u00e9ration des entreprises comme un aiguillon pour la r\u00e9flexion politique sur la d\u00e9mocratisation du travail. Mais la promotion de l\u2019autonomie sous-jacente \u00e0 ce projet se trouve limit\u00e9e \u00e0 l\u2019activit\u00e9 de travail et ne concerne donc pas l\u2019entreprise \u00e0 proprement parler<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a>. Il est plus question de lib\u00e9rer le travail des contraintes bureaucratiques du taylorisme que de lib\u00e9rer l\u2019entreprise du pouvoir despotique des actionnaires<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a>. S\u2019il est reconnu que \u00ab\u00a0l\u2019investissement en travail\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a> est au moins aussi d\u00e9terminant \u00e0 la r\u00e9alisation de la \u00ab\u00a0raison d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb de l\u2019entreprise que les apports en capital des actionnaires, pourquoi ces derniers sont-ils les seuls \u00e0 pouvoir d\u00e9terminer cette \u00ab\u00a0raison d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb\u00a0? S\u2019il s\u2019agit de travailler ensemble \u00ab\u00a0autrement\u00a0\u00bb, pourquoi un nouveau r\u00e8glement de travail ou d\u2019ordre int\u00e9rieur n\u2019est pas r\u00e9dig\u00e9 afin d\u2019en faire un outil qui, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre l\u00e9gitime pour tous, soit au moins mobilisable par tous pour d\u00e9fendre les maigres \u00ab\u00a0gains d\u00e9mocratiques\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a> de la lib\u00e9ration des travailleurs\u00a0?<\/p>\n<p class=\"western\"><strong>Julien Charles (coordinateur de recherches, CESEP asbl, Charg\u00e9 de cours invit\u00e9 et chercheur associ\u00e9 CriIDS-IACS, UCL)<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p><a name=\"__Fieldmark__68_739616823\"><\/a> <span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" style=\"font-size: small;\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a><span style=\"font-size: 10px;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: small;\">Getz Isaac et Carney Brian, <\/span><i style=\"font-size: small;\">Liberte &amp; Cie<\/i><span style=\"font-size: small;\">, Paris, Fayard, 2012.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p><a name=\"__Fieldmark__132_739616823\"><\/a> <span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" style=\"font-size: small;\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a><span style=\"font-size: 10px;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: small;\">Ferreras Isabelle, <\/span><i style=\"font-size: small;\">Gouverner le capitalisme?<\/i><span style=\"font-size: small;\">, Paris, Presses Universitaires de France, 2012. Voir aussi un article \u00e0 para\u00eetre dans les jours qui viennent sur <\/span><i style=\"font-size: small;\">Politique.<\/i><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p><a name=\"__Fieldmark__283_739616823\"><\/a> <span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" style=\"font-size: small;\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a><span style=\"font-size: 10px;\">\u00a0<\/span><span lang=\"en-US\" style=\"font-size: small;\">Stefano<\/span><span lang=\"en-US\" style=\"font-size: small;\"> Valerio <\/span><span lang=\"en-US\" style=\"font-size: small;\">de<\/span><span lang=\"en-US\" style=\"font-size: small;\">, \u00ab\u00a0Negotiating the algorithm. Technology, digital(-ized) work, and labour protection \u2018reloaded\u2019\u00a0\u00bb, <\/span><span lang=\"en-US\" style=\"font-size: small;\"><i>Regulating for Globalization. <\/i><\/span><i style=\"font-size: small;\">Trade, Labor and EU Law Perspectives<\/i><span style=\"font-size: small;\">, 2017, &lt;https:\/\/regulatingforglobalization.com&gt;.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p><a name=\"__Fieldmark__351_739616823\"><\/a> <span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" style=\"font-size: small;\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a><span style=\"font-size: 10px;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: small;\">Charles Julien, <\/span><i style=\"font-size: small;\">La participation en actes. Entreprise, ville, association<\/i><span style=\"font-size: small;\">, Paris, Descl\u00e9e de Brouwer, 2016.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p><a name=\"__Fieldmark__435_739616823\"><\/a> <span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" style=\"font-size: small;\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a><span style=\"font-size: 10px;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: small;\">Charles Julien, \u00ab\u00a0Les charges de la participation\u00a0\u00bb, <\/span><i style=\"font-size: small;\">SociologieS<\/i><span style=\"font-size: small;\">, 2012. En ligne: &lt;https:\/\/sociologies.revues.org\/4151&gt;.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p><a name=\"__Fieldmark__472_739616823\"><\/a> <span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" style=\"font-size: small;\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a><span style=\"font-size: 10px;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: small;\">Berger Mathieu et Charles Julien, \u00ab\u00a0Persona non grata. Au seuil de la participation\u00a0\u00bb, <\/span><i style=\"font-size: small;\">Participations<\/i><span style=\"font-size: small;\"> 9\u00a0(2), 2014, pp.\u00a05\u201136.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p><a name=\"__Fieldmark__512_739616823\"><\/a> <span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" style=\"font-size: small;\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a><span style=\"font-size: 10px;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: small;\">Ferreras Isabelle, \u00ab\u00a0De la dimension collective de la libert\u00e9 individuelle. L\u2019exemple des salari\u00e9s \u00e0 l\u2019heure de l\u2019\u00e9conomie des services\u00a0\u00bb, in: <\/span><i style=\"font-size: small;\">La libert\u00e9 au prisme des capacit\u00e9s. Amartya Sen au-del\u00e0 du lib\u00e9ralisme<\/i><span style=\"font-size: small;\">, De Munck J. et Zimmerman B., Paris, Editions de l\u2019EHESS, 2008 (Raisons Pratiques 18), pp.\u00a0281\u2011296\u00a0; Charles Julien, Ferreras Isabelle et Lamine Auriane, \u00ab\u00a0Pratiques et organisation du travail d\u00e9mocratique chez SMart\u00a0\u00bb, Rapport de recherches, Bruxelles, SMart \/ CriDIS \/ CESEP, 2018, p.\u00a0243 (+ 343p.).<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p><a name=\"__Fieldmark__588_739616823\"><\/a> <span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" style=\"font-size: small;\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a><span style=\"font-size: 10px;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: small;\">Borzeix Anni, Charles Julien et Zimmermann B\u00e9n\u00e9dicte, \u00ab\u00a0R\u00e9inventer le travail par la participation. Actualit\u00e9 nouvelle d\u2019un\u00a0vieux d\u00e9bat?\u00a0\u00bb, <\/span><i style=\"font-size: small;\">Sociologie du Travail<\/i><span style=\"font-size: small;\"> 57\u00a0(1), 2015, pp.\u00a01\u201119.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p><a name=\"__Fieldmark__622_739616823\"><\/a> <span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" style=\"font-size: small;\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a><span style=\"font-size: 10px;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: small;\">Ferreras, <\/span><i style=\"font-size: small;\">Gouverner le capitalisme?<\/i><span style=\"font-size: small;\">, <\/span><i style=\"font-size: small;\">op.\u00a0cit.<\/i><span style=\"font-size: small;\">, 2012.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p><a name=\"__Fieldmark__648_739616823\"><\/a> <span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" style=\"font-size: small;\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a><span style=\"font-size: 10px;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: small;\">Ferreras Isabelle, <\/span><i style=\"font-size: small;\">Firms as Political Entities. <\/i><span lang=\"en-US\" style=\"font-size: small;\"><i>Saving Democracy through Economic Bicameralism<\/i><\/span><span lang=\"en-US\" style=\"font-size: small;\">, Cambridge, Cambridge University Press, 2017.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p><a name=\"__Fieldmark__677_739616823\"><\/a> <span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" style=\"font-size: small;\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a><span style=\"font-size: 10px;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: small;\">Casterman Lionel, Charles Julien, Delhaye Christine et al., <\/span><i style=\"font-size: small;\">Transition d\u00e9mocratique au travail. D\u00e9fis et confusions<\/i><span style=\"font-size: small;\">, Nivelles, CESEP, 2015.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aujourd\u2019hui, les patrons de certaines grandes entreprises s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la libert\u00e9 des travailleurs : dans une \u00e9conomie de service, l\u2019autonomie de leurs salari\u00e9s est plus que jamais n\u00e9cessaire \u00e0 une production efficace et de qualit\u00e9. Ces discours et ces pratiques se r\u00e9f\u00e9rent \u00e0 l&rsquo;id\u00e9al d&rsquo;une \u00ab entreprise lib\u00e9r\u00e9e \u00bb. <\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":3084,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,180],"tags":[],"class_list":["post-3065","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-dossier","category-lideologie-neo-manageriale"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3065","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3065"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3065\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3137,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3065\/revisions\/3137"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3084"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3065"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3065"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3065"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}