{"id":3167,"date":"2019-03-27T14:30:53","date_gmt":"2019-03-27T14:30:53","guid":{"rendered":"https:\/\/gsara.tv\/causes\/?p=3167"},"modified":"2019-04-08T13:39:38","modified_gmt":"2019-04-08T13:39:38","slug":"intervenante-culturelle-en-prison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.causestoujours.be\/intervenante-culturelle-en-prison\/","title":{"rendered":"Journal pas si INTIME d\u2019une intervenante culturelle en prison"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Lorsque l\u2019opportunit\u00e9 s\u2019est offerte \u00e0 moi d\u2019accompagner un atelier d\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019image en milieu carc\u00e9ral, j\u2019ai tout de suite dit que je voulais bien essayer (histoire de se mesurer \u00e0 la t\u00e2che d\u2019envergure) \u2026 que je trouvais cela int\u00e9ressant \u2026 stimulant \u2026 m\u00eame n\u00e9cessaire d\u2019aller l\u00e0 o\u00f9 personne n\u2019a envie d\u2019\u00eatre.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"650\" height=\"464\" src=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/9473-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3213\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/9473-1.jpg 650w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/9473-1-300x214.jpg 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/9473-1-600x428.jpg 600w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/9473-1-210x150.jpg 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><figcaption>Fort int\u00e9rieur<br>Un film de Chris Pellerin<br>Les Productions de l&rsquo;\u0152il Sauvage<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ainsi, le travail pr\u00e9paratoire en amont s\u2019enclenche en \u00e9quipe : on pr\u00e9pare les ateliers, on choisit les films qu\u2019on regardera plus tard avec les participants, on d\u00e9finit pourquoi nous sommes l\u00e0 et o\u00f9 nous voulons en venir.  <\/p>\n\n\n\n<p>Puis, le jour J approche et par cons\u00e9quent, les a priori et les images pr\u00e9con\u00e7ues approchent elles aussi \u00e0 grands pas dans ma t\u00eate \u2026 je perds en clart\u00e9 : j\u2019imagine que les d\u00e9tenus sont des \u00e9nergum\u00e8nes tatou\u00e9s \u2026 qu\u2019ils vont se moquer de moi \u2026 moi, du haut de mon m\u00e8tre-soixante, je ne vais pas m\u2019en sortir\u2026 sans doute que mon fran\u00e7ais et leur fran\u00e7ais \u00ab <em>\u00e7a n\u2019a rien \u00e0 voir<\/em>&nbsp;\u00bb \u2026  je ne vais pas pouvoir suivre le jargon \u2026 je vais avoir l\u2019air ridicule \u2026 et mon air ridicule va tous les \u00e9nerver \u2026&nbsp;\u00e7a va chauffer \u2026 et puis \u2026 et puis rien, je serai coup\u00e9e en morceaux et engloutie par le plus gros de tous qui sera en plus carnivore, sous les yeux incr\u00e9dules d\u2019un gardien, lui immobilis\u00e9 et contraint de regarder impuissant la sc\u00e8ne du crime \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis sid\u00e9r\u00e9e face \u00e0 mon propre imaginaire \u2026 je suis moi-m\u00eame p\u00e9trie de repr\u00e9sentations sociales stigmatisantes !  <\/p>\n\n\n\n<p>Le jour J arrive et avec lui la confrontation \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 : un par un les clich\u00e9s tombent \u2026 \u00e0 partir du tout premier \u00ab <em>ils seront tous GROS<\/em> \u00bb. J\u2019\u00e9tais l\u00e0 devant le premier participant, un gars \u00e0 peine majeur, un tout petit et maigrichon, il passe la porte d\u2019un air timide, il h\u00e9site \u00e0 me serrer la main, le regard bas, les cheveux froiss\u00e9s tous en bataille \u2026 il fait lui aussi un m\u00e8tre-soixante comme moi\u2026  et n\u2019a pas du tout l\u2019air mena\u00e7ant. Il s\u2019appelle Momo.  <\/p>\n\n\n\n<p>\nLa r\u00e9alit\u00e9\nme rattrape, l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre les participants arrivent\npeupler ce qui sera ma toute premi\u00e8re image \u00ab r\u00e9elle&nbsp;\u00bb du\npaysage carc\u00e9ral. (Afin de dissiper tout clich\u00e9 qui serait encore\nen train de polluer l\u2019imaginaire du cyber-espace, il me semble\nimportant de pr\u00e9ciser qu\u2019il y avait&nbsp;: des grands, des petits,\ndes gros, des minces, des blancs et des noirs, des tatou\u00e9s et des\nnon-tatou\u00e9s &#8230; comme quoi mon clich\u00e9 Lombrosien dat\u00e9 de 1860 et\nfortement appuy\u00e9 par des r\u00e9f\u00e9rences cin\u00e9matographiques plus\ncontemporaines n\u2019ont aucune raison d\u2019\u00eatre \u2026 si ce n\u2019est\ncelle de permettre \u00e0 notre soci\u00e9t\u00e9 de se r\u00e9conforter d\u2019un r\u00e9cit\nconventionnel qui permet d\u2019identifier \u00ab&nbsp;le mal&nbsp;\u00bb en le\nstigmatisant, pour ensuite l\u2019isoler, et ainsi le vaincre \u2026). \n<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les\ncorps malades, les corps souffrants en prison. <\/strong>\n<\/p>\n\n\n\n<p>De ma premi\u00e8re image \u00ab r\u00e9elle \u00bb des personnes incarc\u00e9r\u00e9es, je retiendrai : les regards bas et effac\u00e9s, la discr\u00e9tion dans la rencontre, comme une forme de politesse inavou\u00e9e, la g\u00e8ne et la timidit\u00e9, l\u2019absence de connexion, les yeux cern\u00e9s \u2026 les corps transport\u00e9s l\u00e0 avec une sorte d\u2019inertie \u2026 sans trop savoir ni pourquoi faire, ni comment, ni rien du tout.  <\/p>\n\n\n\n<p>Le fait d\u2019occuper l\u2019espace, de se d\u00e9placer mollement \u2026 comme une mani\u00e8re de faire avancer le temps devant soi \u2026 malgr\u00e9 soi. La nervosit\u00e9. L\u2019impatience. Les questions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et r\u00e9p\u00e9t\u00e9es sans cesse comme un disque qui saute. Les grilles aux fen\u00eatres et le bruit des portes. Le nombre infini des portes. Et encore le bruit. Les v\u00eatements gris \u2026 tous pareils \u2026 comme autant de fant\u00f4mes \u00e9clair\u00e9s au n\u00e9on \u2026 comme autant de malades d\u00e9ambulant en pyjama \u2026  <\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce paysage d\u00e9solant, il a fallu pouvoir regarder en face cette d\u00e9tresse, la reconna\u00eetre, ne pas la juger, l\u2019accepter telle quelle \u2026  <\/p>\n\n\n\n<p>Les jours passent. Les ateliers s\u2019encha\u00eenent.  <\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une rencontre \u00e0 l\u2019autre, rapidement se tissent les r\u00e9cits crois\u00e9s, d\u00e9cousus, partag\u00e9s par bribes, de ces vies rompues et arrach\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames, qu\u2019on a enferm\u00e9es en attente de jugement \u2026 ou en expiation de peine \u2026 Mais quelle est le sens de la peine ? A quoi est-elle cens\u00e9e servir \u2026 \u00e0 quoi sert-elle r\u00e9ellement ? <\/p>\n\n\n\n<p>Question glissante, gluante \u2026 question annexe \u2026 ai-je le droit de la poser ?<\/p>\n\n\n\n<p>Je retrouve cette phrase de Michel Foucault dans <em>Surveiller et punir<\/em> : <\/p>\n\n\n\n<p> \u00ab \u2026 Un ch\u00e2timent comme la prison \u2013 pure privation de libert\u00e9 \u2013 n\u2019a jamais fonctionn\u00e9 sans un certain suppl\u00e9ment punitif qui concerne bien le corps lui-m\u00eame (\u2026). Cons\u00e9quence non voulue mais in\u00e9vitable de l\u2019enfermement ? En fait, la prison dans ses dispositifs les plus explicites, a toujours m\u00e9nag\u00e9 une certaine mesure de souffrance corporelle (\u2026) [cela] indique un postulat qui jamais n\u2019a franchement \u00e9t\u00e9 lev\u00e9 : il est juste qu\u2019un condamn\u00e9 souffre plus que les autres hommes \u00bb<sup><a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a><\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame lorsque nos syst\u00e8mes punitifs ne font pas recours \u00e0 la punition, \u00e0 des ch\u00e2timents sanglants, m\u00eame s\u2019ils utilisent les m\u00e9thodes douces qui enferment ou corrigent, c\u2019est bien toujours du corps qu\u2019il s\u2019agit.   <\/p>\n\n\n\n<p>\n<em>\u00ab&nbsp;C\u2019est\ndur d\u2019avoir l\u2019air&nbsp;frais en prison. Vous savez, ici il y en a\nqui se couchent tr\u00e8s tard, car il n\u2019y a pas beaucoup de diff\u00e9rence\nentre le jour et la nuit, dormir de jour \u00e7a fait passer les jours\nplus vite \u2026 &nbsp;\u00bb <\/em>\n<\/p>\n\n\n\n<p>\n<em>\u00ab&nbsp;On\nest tous un peu toqu\u00e9s en prison. Comment ne pas devenir fou ici ?&nbsp;\u00bb\n<\/em>\n<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Enferm\u00e9\nentre quatre murs \u2026 de quoi devenir fou&nbsp;!  <\/strong>\n<\/p>\n\n\n\n<p>Par cette cohabitation \u00e9trange entre prison, souffrance corporelle, souffrance mentale, maladie psychique, d\u00e9pression, folie, addictions \u2026 je me demande si la prison peut \u00eatre lieu de soin \u2026   si le statut de d\u00e9tenu est conciliable avec celui de patient ?<\/p>\n\n\n\n<p>Stigmatis\u00e9s, isol\u00e9s, suicidaires. Les souffrances des d\u00e9tenus sont aggrav\u00e9es par des conditions de d\u00e9tentions inadapt\u00e9es \u00e0 la situation des d\u00e9tenus en d\u00e9tresse psychologique :  <\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e8s de 40% des d\u00e9tenus \u00ab\u00a0ordinaires\u00a0\u00bb souffrent de troubles psychiatriques mais la Justice les consid\u00e8re comme responsables de leurs actes. \u00ab\u00a0<em>Par d\u00e9cision m\u00e9dicale, on peut d\u00e9cider de les transf\u00e9rer en annexe psychiatrique lorsqu&rsquo;on estime qu&rsquo;ils m\u00e9ritent des soins appropri\u00e9s<\/em>\u00ab\u00a0, explique le Dr Kalonji <sup><a href=\"#sdfootnote2sym\"><sup>2<\/sup><\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>On peut lire chez l\u2019Observatoire International des Prisons \u2013 section Belgique : \u00ab Malheureusement, le caract\u00e8re s\u00e9curitaire de l\u2019internement prend bien souvent toute la place, pour ne laisser qu\u2019une part minuscule aux soins.<sup><a href=\"#sdfootnote3sym\"><sup>3<\/sup><\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019heure actuelle, les annexes psychiatriques des prisons sont au nombre de douze, r\u00e9parties sur tout le territoire. En pratique, elles accueillent non seulement les intern\u00e9s en attente d\u2019une place dans un \u00e9tablissement adapt\u00e9 \u00e0 leur pathologie, mais \u00e9galement des d\u00e9tenus pr\u00e9sentant des fragilit\u00e9s psychiques (toxicomanie, d\u00e9compensation durant l\u2019incarc\u00e9ration, \u2026) ou, parfois encore, des d\u00e9tenus ayant commis des faits de m\u0153urs.<\/p>\n\n\n\n<p>\nIl semble\nque ce lieu reste impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019une conception asilaire de la\nprison, per\u00e7ue comme une solution de facilit\u00e9 o\u00f9 l\u2019on parque les\npersonnes \u00ab&nbsp;ind\u00e9sirables&nbsp;\u00bb. Comme si l\u2019annexe \u00e9tait\nun lieu cr\u00e9\u00e9 pour pallier \u00e0 l\u2019absence de r\u00e9ponse \u00e0 cette\nquestion qui ne cesse de se r\u00e9p\u00e9ter&nbsp;:&nbsp;<strong>que\nfait la soci\u00e9t\u00e9 de ses fous-dangereux&nbsp;?<\/strong><sup><strong><a href=\"#sdfootnote4sym\"><sup>4<\/sup><\/a><\/strong><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Poser la question des soins psychiatriques en prison et l\u2019importance de la population p\u00e9nale concern\u00e9e par ces soins constitue en soi un d\u00e9bat de soci\u00e9t\u00e9. Derri\u00e8re ces simples th\u00e8mes, se profile la question du fonctionnement de la psychiatrie publique dans son ensemble de la fa\u00e7on dont notre soci\u00e9t\u00e9 consid\u00e8re et soigne ses malades mentaux, de la fa\u00e7on dont on \u00ab&nbsp;isole les individus&nbsp;\u00bb ou au contraire \u00ab&nbsp;on d\u00e9cide de les inclure&nbsp;\u00bb,  de la fa\u00e7on dont on diff\u00e9rencie les normaux des anormaux.  <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Eleonora Sambasile<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p> <a href=\"#sdfootnote1anc\">1<\/a><sup> <\/sup> Michel Foucault, <em>Surveiller et punir. Naissance de la prison<\/em> \u2013 Paris, Gallimard, 1975, p. 21<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote2anc\">2<\/a><sup>\t<\/sup>\n\thttps:\/\/www.lejournaldumedecin.com\/actualite\/les-annexes-psychiatriques-des-prisons-meritent-une-analyse-nuancee\/article-longread-27529.html?cookie_check=1551881499<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote3anc\">3<\/a>\n\t<a href=\"https:\/\/oipbelgique.be\/fr\/?p=763\">https:\/\/oipbelgique.be\/fr\/?p=763<\/a>\n\t<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote4anc\">4<\/a>\n\thttps:\/\/www.cbcs.be\/L-internement-un-circuit-de-non-soin?var_mode=calcul<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque l\u2019opportunit\u00e9 s\u2019est offerte \u00e0 moi d\u2019accompagner un atelier d\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019image en milieu carc\u00e9ral, j\u2019ai tout de suite dit que je voulais bien essayer (histoire de se mesurer \u00e0 la t\u00e2che d\u2019envergure) \u2026 que je trouvais cela int\u00e9ressant \u2026<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":3211,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,195],"tags":[],"class_list":["post-3167","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-dossier","category-sur-la-prison-pensee-critique-travail-social-et-representations"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3167","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3167"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3167\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3214,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3167\/revisions\/3214"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3211"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3167"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3167"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3167"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}