{"id":3195,"date":"2019-03-27T15:00:41","date_gmt":"2019-03-27T15:00:41","guid":{"rendered":"https:\/\/gsara.tv\/causes\/?p=3195"},"modified":"2019-04-08T13:28:46","modified_gmt":"2019-04-08T13:28:46","slug":"la-prison-et-son-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.causestoujours.be\/la-prison-et-son-monde\/","title":{"rendered":"La prison et son monde"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Les droits en prison, encore et toujours une illusion<\/h4>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9sence de rats, files d\u2019attente de plusieurs mois pour consulter un.e psychologue, un.e m\u00e9decin ou un.e dentiste, visites, appels et correspondances g\u00e9r\u00e9s de mani\u00e8re arbitraire, espaces exigus et surpeupl\u00e9s, absence d\u2019hygi\u00e8ne et d\u2019intimit\u00e9, nourriture <em>\u00ab&nbsp;assaisonn\u00e9e avec toute la haine de gens qui pensent que le meilleur repas pour un prisonnier est de lui faire manger une balle de 762 tir\u00e9e depuis le mirador&nbsp;\u00bb<\/em><sup><em><a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a><\/em><\/sup>, tel est le quotidien d\u2019un.e d\u00e9tenu.e dans nos prisons en 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s 200 ans de pratiques p\u00e9nitentiaires, c\u2019est le 12 janvier 2005 que la Loi de principes (appel\u00e9e aussi loi Dupont) veille \u00e0 \u00e9tablir <em>\u00ab&nbsp;les principes relatifs \u00e0 l\u2019administration p\u00e9nitentiaire et \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de sanctions privatives de libert\u00e9&nbsp;\u00bb<\/em><sup><em><a href=\"#sdfootnote2sym\"><sup>2<\/sup><\/a><\/em><\/sup>, en d\u2019autres mots&nbsp;: aucun article de loi ne s\u2019est occup\u00e9, jusque-l\u00e0, \u00e0 \u00e9laborer un statut juridique du d\u00e9tenu en tant que sujet de droits. Malgr\u00e9 le fait que cette loi repr\u00e9sente une avanc\u00e9e dans la d\u00e9fense de certaines conditions de d\u00e9tention absolument n\u00e9cessaire, elle n\u2019est toujours que partiellement appliqu\u00e9e. Seule une partie de la loi adopt\u00e9e en 2005 est entr\u00e9e en vigueur dans les ann\u00e9es qui ont suivi. Seule une partie des passages entr\u00e9s en vigueur dans les ann\u00e9es qui ont suivi sont d\u2019application aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est toujours d\u00e9licat d\u2019aborder la question des droits des d\u00e9tenu.e.s sans risquer que notre discours ne soit r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 ou ali\u00e9n\u00e9. En effet, les conditions de d\u00e9tention en Belgique sont d\u00e9plorables et furent \u00e0 maintes et maintes reprises l\u2019objet d\u2019avertissements, de plaintes et de condamnations tant au niveau national qu\u2019international<sup><a href=\"#sdfootnote3sym\"><sup>3<\/sup><\/a><\/sup>. Cependant, en rester \u00e0 ce niveau de constatation, m\u00eame s\u2019il est un moyen de sensibiliser et de travailler \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration et \u00e0 la d\u00e9fense des droits des prisonnier.e.s, reviendrait \u00e0 l\u00e9gitimer une prison dans laquelle ces droits seraient respect\u00e9s. Il est donc n\u00e9cessaire d\u2019\u00eatre clair pour \u00e9viter cette interpr\u00e9tation&nbsp;: la peine de privation de libert\u00e9 est une atteinte \u00e0 un droit fondamental et, en cela, franchit d\u00e9j\u00e0 une limite inacceptable.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">L\u2019emprisonnement\npour plus de s\u00e9curit\u00e9<\/h4>\n\n\n\n<p>\nSelon les p\u00e9riodes de l\u2019histoire de la d\u00e9tention en Belgique,\ncertains objectifs lui ont \u00e9t\u00e9 octroy\u00e9s. Tant\u00f4t l\u2019on pouvait\nobserver des peines dont le but \u00e9tait de se repentir. Le seul moyen\npour y parvenir \u00e9tait d\u2019\u00eatre en cellule individuelle 22 heures\nsur 24, isol\u00e9.e dans le pr\u00e9au, cagoul\u00e9.e lors des visites et\nautres rares moments de rencontres. Tant\u00f4t l\u2019on pouvait assister \u00e0\nun regain de p\u00e9dagogie, avec une politique carc\u00e9rale qui soulignait\nl\u2019importance de la r\u00e9paration, de la formation, de la pr\u00e9paration\n\u00e0 la r\u00e9insertion. Quelles que soient les modalit\u00e9s et vis\u00e9es\navou\u00e9es ou non-avou\u00e9es de la d\u00e9tention, l\u2019histoire se met\nd\u2019accord sur un \u00e9l\u00e9ment&nbsp;: la prison assure la s\u00e9curit\u00e9. Et\nc\u2019est elle qui primera sur toute autre fonction.<\/p>\n\n\n\n<p>\nLa s\u00e9curit\u00e9 de la victime, d\u2019abord. Celle de l\u2019auteur de l\u2019acte\npos\u00e9 ensuite. Puis celle de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\nParadoxalement, aujourd\u2019hui, en Belgique, nous avons atteint un\ntaux de r\u00e9cidive sup\u00e9rieur \u00e0 50%<sup><a href=\"#sdfootnote4sym\"><sup>4<\/sup><\/a><\/sup>.\nCela signifie que plus de la moiti\u00e9 des personnes lib\u00e9r\u00e9es\ncommettent \u00e0 nouveau un acte consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab&nbsp;\u00e0\ncriminaliser&nbsp;\u00bb dans les ann\u00e9es qui suivent leur sortie de\nprison. Et vu l\u2019escalade existant entre le syst\u00e8me p\u00e9nal et la\npersonne qui y est tomb\u00e9e un jour, on peut partir du principe que\nles actes commis au cours de la vie sont de plus en plus violents,\nrefl\u00e9tant la violence croissante dont tout.e d\u00e9tenu.e est victime,\navant, pendant et apr\u00e8s la d\u00e9tention.<\/p>\n\n\n\n<p>\nCette s\u00e9curit\u00e9 que veulent nous garantir les murs de prison est un\nleurre. La prison est criminog\u00e8ne. Elle brise le lien d\u00e9j\u00e0 fragile\navec une personne bien souvent en d\u00e9tresse, elle l\u00e9gitime le\nd\u00e9veloppement de la souffrance, elle creuse le foss\u00e9 de\nl\u2019indiff\u00e9rence, elle nourrit la haine.<\/p>\n\n\n\n<p>\nLe but inavou\u00e9 de ces murs \u00e9rig\u00e9s partout dans le Royaume ne\nserait-il pas, au fond, de rendre invisibles celles et ceux que R.\nCastel appelle \u00ab&nbsp;les surnum\u00e9raires&nbsp;\u00bb (<em>Les\nM\u00e9tamorphoses de la question sociale<\/em>), ces personnes \u00e0 qui l\u2019on\nn\u2019est pas capable de trouver une utilit\u00e9, qu\u2019il s\u2019agit donc de\ng\u00e9rer en les excluant par la neutralisation dans un syst\u00e8me\ninfantilisant. \n<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Beaucoup\nd\u2019argent pour peu de sens<\/h4>\n\n\n\n<p> La d\u00e9tention a un co\u00fbt et pas des moindres. En Belgique, actuellement, un.e prisonnier.e co\u00fbte 145 euros par jour. Cet argent ne sert que partiellement \u00e0 couvrir les interventions qui accompagneraient le.la d\u00e9tenu.e dans sa pr\u00e9paration \u00e0 la sortie et, de ce fait, diminueraient les chances de r\u00e9cidive. Cet argent alimente en grande partie la structure-m\u00eame du parc p\u00e9nitentiaire. Depuis bon nombre d\u2019ann\u00e9es, la comp\u00e9tence du syst\u00e8me carc\u00e9ral n\u2019est plus de s\u2019occuper des personnes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des murs, mais bien de g\u00e9rer ces murs. Nous faisons face \u00e0 un \u00ab management de crise \u00bb qui a pour priorit\u00e9 de canaliser la surpopulation, de cr\u00e9er des r\u00e9sultats, de r\u00e9duire les co\u00fbts, de multiplier et de moderniser les infrastructures, d\u2019assurer le bien-\u00eatre des travailleurs. Les d\u00e9tenu.e.s ne sont qu\u2019objets de surveillance.<\/p>\n\n\n\n<p>\nCes 145 euros par jour, au lieu d\u2019\u00eatre jet\u00e9s \u00e0 travers les\nbarreaux, pourraient \u00eatre r\u00e9insuffl\u00e9s dans l\u2019\u00e9ducation\npermanente, dans des organismes cr\u00e9ant du lien, dans des aides de\npremi\u00e8re ligne, dans des processus de m\u00e9diation, dans des\naccompagnements quotidiens avec des intervenants sp\u00e9cialis\u00e9s tels\nque des psychologues, des travailleurs sociaux, des m\u00e9decins.<\/p>\n\n\n\n<p>\nSerait-ce d\u00e9plac\u00e9 de demander que notre argent cesse de soutenir\nles rouages d\u2019un syst\u00e8me inefficace et n\u00e9faste&nbsp;et soit plac\u00e9\nplut\u00f4t dans des projets constructifs et humains&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le\ncaract\u00e8re arbitraire de la criminalisation<\/h4>\n\n\n\n<p>\nTandis que les chiffres recensant la criminalit\u00e9 (fait \u00ab&nbsp;criminel&nbsp;\u00bb)\nen Belgique stagnent, voire diminuent, la criminalisation (consistant\n\u00e0 \u00e9tablir un fait comme \u00ab&nbsp;\u00e0 criminaliser&nbsp;\u00bb), elle, ne\ncesse d\u2019augmenter. On peut donc se poser la question du caract\u00e8re\narbitraire de la criminalisation. Actuellement, dans nos murs, nous\ntrouvons 30% des d\u00e9tenus qui n\u2019ont pas de dipl\u00f4me (du tout), 45%\nayant obtenu le CEB (6\u00e8me primaire) et 20% en possession du CESI\n(3\u00e8me secondaire), c\u2019est-\u00e0-dire que 95% de la population\ncarc\u00e9rale n\u2019a pas atteint les secondaires sup\u00e9rieures. Par\nailleurs, 40% des d\u00e9tenus sont toxicomanes (dont 27%\nd\u2019h\u00e9ro\u00efnomanes)<sup><a href=\"#sdfootnote5sym\"><sup>5<\/sup><\/a><\/sup>.\nOn y trouve \u00e9galement souvent des personnes d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re,\nanalphab\u00e8tes ou illettr\u00e9es. Ces donn\u00e9es ne sont naturellement pas\nexplicit\u00e9es ici afin de faire le lien r\u00e9ducteur entre \u00ab&nbsp;origine\n\u00e9trang\u00e8re&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;criminalit\u00e9&nbsp;\u00bb mais bien entre\n\u00ab&nbsp;origine \u00e9trang\u00e8re&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;criminalisation&nbsp;\u00bb,\nentre \u00ab&nbsp;faible niveau d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation&nbsp;\u00bb et\n\u00ab&nbsp;criminalisation&nbsp;\u00bb, entre \u00ab&nbsp;personnes souffrant de\nd\u00e9pendances&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;criminalisation&nbsp;\u00bb. \n<\/p>\n\n\n\n<p>\nCes personnes repr\u00e9sentent la grande\nmajorit\u00e9 des personnes incarc\u00e9r\u00e9es, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on\npeut v\u00e9hiculer comme croyances sur la dangerosit\u00e9 et le caract\u00e8re\ninhumain et criminel de ceux et celles qui se trouvent enferm\u00e9.e.s.\nCes personnes auraient sans doute besoin de traitement, d\u2019\u00e9coute,\nde suivi, de formation. Ces personnes, d\u00e9j\u00e0 isol\u00e9es et\nmarginalis\u00e9es dans le monde ext\u00e9rieur, ne trouvent sans doute pas\nde r\u00e9ponse \u00e0 leur souffrance pr\u00e9existante dans un syst\u00e8me\ncarc\u00e9ral qui d\u00e9personnalise, ali\u00e8ne et exclut une seconde fois.<\/p>\n\n\n\n<p>\nAujourd\u2019hui, comme personnes privil\u00e9gi\u00e9es et \u00e9duqu\u00e9es (et pas\npour autant innocentes), nous sommes sans doute \u00e0 l\u2019abri de ces\nmurs. Et si les choix des politiques \u00e9voluaient&nbsp;? Si la\nr\u00e9sistance ou la militance \u00e9taient r\u00e9prim\u00e9es, comme on peut le\nvoir pas si loin de chez nous&nbsp;? Si les arrangements fiscaux\n\u00e9taient punis par une peine d\u2019emprisonnement&nbsp;? Qui\nretrouverait-on en prison&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Un Code\np\u00e9nal d\u00e9pass\u00e9<\/h4>\n\n\n\n<p>\nNous sommes les h\u00e9ritiers d\u2019un Code p\u00e9nal vieux de 200 ans. Ce\ndernier date d\u2019une \u00e9poque r\u00e9volue aux pr\u00e9occupations et aux\npratiques qui ne font plus sens aujourd\u2019hui. Dans une soci\u00e9t\u00e9 aux\nin\u00e9galit\u00e9s et aux injustices fiscales croissantes, le vol simple,\npar exemple, fait courir plus de risques d\u2019enfermement qu\u2019un\ncrime fiscal. Le premier de ces crimes, s\u2019il est commis durant la\nnuit avec escalade ou fausse clef peut conduire \u00e0 une peine allant\njusqu\u2019\u00e0 15 ans de prison<sup><a href=\"#sdfootnote6sym\"><sup>6<\/sup><\/a><\/sup>.\nLe second, quant \u00e0 lui, n\u2019a jamais eu pour cons\u00e9quence,\ndans la jurisprudence belge, que le remboursement du tiers du\nb\u00e9n\u00e9fice engrang\u00e9 par le crime. Il est probablement temps de se\ndemander aux yeux de qui ces l\u00e9gislations ont encore du sens et \u00e0\nqui profitent ces in\u00e9galit\u00e9s de traitement. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis plusieurs d\u00e9cennies, des commissions se succ\u00e8dent pour revoir et r\u00e9former les proc\u00e9dures et le code p\u00e9nal. Rien n\u2019en est jamais ressorti. Tous les projets ont \u00e9t\u00e9 avort\u00e9s avant m\u00eame de pouvoir \u00eatre d\u00e9battus. Derni\u00e8rement, une commission a abandonn\u00e9 sa mission de r\u00e9forme, d\u00e9courag\u00e9e par les refus syst\u00e9matiques du gouvernement en place. Le gros de son contenu n\u2019\u00e9tait pourtant pas r\u00e9volutionnaire. Elle proposait simplement de ne plus maintenir cette course \u00e0 la construction. Il a \u00e9t\u00e9 en effet prouv\u00e9 \u00e0 maintes reprises que l\u2019augmentation de la capacit\u00e9 p\u00e9nitentiaire ne r\u00e9solvait en rien les probl\u00e8mes de surpopulation : plus on construit de prisons, plus on les remplit. C\u2019est syst\u00e9matique, g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, attest\u00e9. Par tou.te.s<sup><a href=\"#sdfootnote7sym\"><sup>7<\/sup><\/a><\/sup>. C\u2019en \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 trop&nbsp;: la politique actuelle allant dans le sens oppos\u00e9 (trois projets de construction de nouvelles prisons sont en cours sur le territoire), ces propositions ont toutes \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es. Nous en sommes toujours donc \u00e0 ce fameux Code p\u00e9nal datant de Napol\u00e9on.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Parlons\nalternatives\u2026<\/h4>\n\n\n\n<p>Au vu de la surpopulation carc\u00e9rale grimpante, les diff\u00e9rents gouvernements ont d\u00fb se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence : il fallait parler alternatives. Derri\u00e8re ce terme r\u00eaveur qui nous laisse imaginer un monde un peu plus juste, des r\u00e9alit\u00e9s tr\u00e8s diverses trouvent leur place. Le bracelet \u00e9lectronique, la lib\u00e9ration conditionnelle, le travail d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ainsi que la m\u00e9diation en repr\u00e9sentent les plus courantes. Au cours des ann\u00e9es, toutefois, des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que ces alternatives, qui sont par essence cens\u00e9es changer la logique de d\u00e9tention et donc diminuer la population carc\u00e9rale, n\u2019ont fait qu\u2019\u00e9tendre le filet p\u00e9nal, ce qui signifie que l\u2019on p\u00e9nalise tout simplement plus de gens. Sont soumises \u00e0 certaines de ces peines alternatives des personnes qui n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 en prison, de toute fa\u00e7on. La surpopulation ne s\u2019en porte donc pas mieux, les prisonnier.e.s, les agents, les proches et les citoyen.ne.s non plus.  <\/p>\n\n\n\n<p>\nUne opinion sur les alternatives est aussi d\u00e9licate \u00e0 d\u00e9fendre.\nToutes ne sont pas \u00e0 exclure, certaines ram\u00e8nent du sens, tente de\nplacer l\u2019humain au centre des pr\u00e9occupations, veulent r\u00e9tablir le\nlien bris\u00e9 entre la communaut\u00e9 et la personne en question.\nCependant, toute alternative voyant le jour dans un contexte\nd\u2019intensification du recours \u00e0 la peine de prison n\u2019est pas une\nalternative. Si elles ne font qu\u2019augmenter le nombre d\u2019individus\nvictimes de la justice p\u00e9nale, elles repr\u00e9sentent un outil\nsuppl\u00e9mentaire aux mains de l\u2019\u00e9tat pour r\u00e9primer des populations\nqu\u2019il voudrait exclure. Si elles n\u2019arrivent qu\u2019en second plan,\nlaissant la peine de d\u00e9tention \u00e0 la plus haute place de podium, \u00e0\nlaquelle on a recours en premier lieu et de mani\u00e8re syst\u00e9matique,\nl\u2019alternative n\u2019en n\u2019est pas une.<\/p>\n\n\n\n<p>\nLa prison d\u00e9truit, g\u00e9n\u00e8re de la souffrance, exclut, marginalise,\nisole. La prison rend fou.folle, nourrit le sentiment de r\u00e9volte,\nalimente la col\u00e8re et la violence, ne fait qu\u2019augmenter le foss\u00e9\nentre auteur.e du fait et communaut\u00e9. La seule alternative \u00e0 la\nprison doit r\u00e9sider dans la suppression de celle-ci.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9ins\u00e9rer\ndans une soci\u00e9t\u00e9 qui exclut<\/h4>\n\n\n\n<p>Dans la m\u00eame logique, la r\u00e9insertion a son lot d\u2019acceptions. Louables pour la plupart, les intentions des organismes d\u00e9fendant \u00ab la r\u00e9insertion \u00bb veulent retrouver une place pour la personne qui l\u2019a perdue, suite \u00e0 un s\u00e9jour en prison, suite \u00e0 une longue p\u00e9riode sans emploi, etc. Cependant, dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 le march\u00e9 du travail n\u2019\u00e9volue pas en m\u00eame temps que les profils pr\u00e9sents dans la population active, dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la prison n\u2019est que la case finale dans un processus d\u2019exclusion bien souvent pr\u00e9sent depuis l\u2019enfance, le mot \u00ab r\u00e9insertion \u00bb fait sourire. Non seulement parce que tout le monde n\u2019a pas pour id\u00e9al d\u2019\u00eatre ins\u00e9r\u00e9 dans cette soci\u00e9t\u00e9-l\u00e0, mais encore parce que d\u2019aucuns savent pertinemment bien qu\u2019il n\u2019y a pas de place pour tout le monde. Notre soci\u00e9t\u00e9 est bas\u00e9e sur un mod\u00e8le qui exclut, qui stigmatise, qui privil\u00e9gie, qui capitalise. Notre soci\u00e9t\u00e9 est bas\u00e9e sur un mod\u00e8le qui int\u00e8gre la prison comme lieu de r\u00e9insertion. Elle d\u00e9s-ins\u00e8re pour r\u00e9-ins\u00e9rer. Elle \u00e9loigne pour int\u00e9grer.  <\/p>\n\n\n\n<p>\nToute comme la s\u00e9curit\u00e9, la r\u00e9insertion, mission d\u00e9fendue par les\nd\u00e9fenseurs du syst\u00e8me carc\u00e9ral, est un leurre. Personne ne ressort\nde prison avec plus de chances d\u2019insertion, ni dans la vie sociale,\nni dans la vie familiale, ni dans la vie professionnelle. Ce n\u2019\u00e9tait\npas le cas avant l\u2019incarc\u00e9ration, ce le sera encore moins apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le sens de\nla peine<\/h4>\n\n\n\n<p>\nApr\u00e8s des si\u00e8cles d\u2019application d\u2019une justice p\u00e9nale et de\nr\u00e9pression par la peine d\u2019enfermement, il semble opportun de se\nposer la question de son succ\u00e8s, de sa r\u00e9ussite. Nombre d\u2019\u00e9tudes\nont pu mettre en lumi\u00e8re l\u2019\u00e9chec du recours \u00e0 la peine de prison\ncomme r\u00e9ponse \u00e0 apporter \u00e0 la victime, \u00e0 l\u2019auteur et \u00e0 la\ncommunaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La victime, quand victime il y a, n\u2019est qu\u2019exceptionnellement impliqu\u00e9e dans le processus de p\u00e9nalisation. Elle se voit \u00e9loign\u00e9e du conflit qui la concerne et vit seule avec sa souffrance, ses ressentiments, son envie de vengeance \u00e0 laquelle l\u2019emprisonnement n\u2019apporte rien. Si le principe de r\u00e9paration existe, il est bien souvent concr\u00e9tis\u00e9 par une somme d\u2019argent qui ne r\u00e9pare finalement pas grand-chose.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur.e, \u00e0 qui la peine ne devrait pas impliquer plus de souffrances que la privation de libert\u00e9 elle-m\u00eame, se retrouve plus isol\u00e9.e et plus r\u00e9volt\u00e9.e encore. Il.elle perd les liens qui lui restaient avec le monde ext\u00e9rieur (familiaux, sociaux, professionnels) et il.elle subit une souffrance bien sup\u00e9rieure \u00e0 la seule souffrance de perdre sa libert\u00e9, comme nous avons pu en faire le constat plus haut.<\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9, quant \u00e0 elle, finance ce non-sens. La d\u00e9tention repr\u00e9sente de nombreux co\u00fbts. Construction de nouvelles prisons, entretien de ces infrastructures et gestion quotidienne de la vie des personnes concern\u00e9es. Ni dialogue, ni restauration mais r\u00e9cidive, acc\u00e9l\u00e9ration de la spirale de la violence, vengeance qui ne fait place \u00e0 rien d\u2019autre qu\u2019\u00e0 de la haine, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a peu, l\u2019un des prisonniers qualifi\u00e9s \u00ab des plus dangereux du Royaume \u00bb est d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Apr\u00e8s une vie de mis\u00e8re, rythm\u00e9e par des violences institutionnelles \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, caract\u00e9ris\u00e9e par un rejet constant de la soci\u00e9t\u00e9 et une souffrance croissante due \u00e0 l\u2019isolement et l\u2019indiff\u00e9rence qui lui ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es durant toute son existence, il a pass\u00e9 ses derniers jours sur terre \u00e0 faire la gr\u00e8ve de la faim pour h\u00e2ter son d\u00e9part. Quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, l\u2019euthanasie lui a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e, comme toute demande qui \u00e9manait de lui depuis tr\u00e8s longtemps : <em>\u00ab&nbsp;J&rsquo;ai pass\u00e9 tout ce temps dans les t\u00e9n\u00e8bres, dans l&rsquo;enfer, \u00e7a veut dire en prison. Ce qu&rsquo;on a fait \u00e0 moi, on ne l&rsquo;a jamais fait \u00e0 personne. Je pr\u00e9f\u00e8re mourir. C&rsquo;est contradictoire par rapport \u00e0 ma maman, c&rsquo;est contradictoire par rapport \u00e0 l&rsquo;amour que je voue \u00e0 ma fille. C&rsquo;est contradictoire par rapport \u00e0 la vie que j&rsquo;ai envie de mener. (\u2026) S\u2019ils veulent me tuer, en r\u00e9alit\u00e9, qu&rsquo;ils le fassent une fois pour toute, pourquoi pas ? Je vais \u00eatre honn\u00eate avec vous. Pourquoi ils ne le font pas carr\u00e9ment ? Ils ont d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9. Alors, allez-y ! Puisque maintenant je vais vous le demander. Et bien allez-y tuez-moi !&nbsp;\u00bb<\/em><sup><em><a href=\"#sdfootnote8sym\"><sup>8<\/sup><\/a><\/em><\/sup>. A-t-on oubli\u00e9 l\u2019humain,&nbsp;dans l\u2019histoire, et la d\u00e9tresse d\u2019un enfant, derri\u00e8re elle ? S\u2019est-on rassur\u00e9 en qualifiant cet homme de \u00ab&nbsp;fou&nbsp;\u00bb&nbsp;afin de l\u00e9gitimer son \u00e9loignement ? Si cet homme est le criminel le plus dangereux de mon pays, qui sont tou.te.s ces autres d\u00e9tenu.e.s qui me ressemblent&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\nDans une soci\u00e9t\u00e9 qui cr\u00e9e des surnum\u00e9raires et des incompris.e.s,\nle crime existera toujours. La seule marge de man\u0153uvre que l\u2019on\nposs\u00e8de face \u00e0 cette constatation est la r\u00e9ponse que l\u2019on veut y\napporter. Souhaite-t-on apporter du soutien \u00e0 des personnes en\nd\u00e9tresse, en rupture(s), assurer une \u00e9ducation juste et \u00e9quitable,\n(re)cr\u00e9er du lien avec les plus isol\u00e9.e.s&nbsp;? Ou veut-on jeter\naux oubliettes un pan entier de la population, augmentant ainsi les\ndiscriminations, les exclusions et la haine&nbsp;? \n<\/p>\n\n\n\n<p>\nLa peine est indubitablement \u00e0 questionner et, avec elle, tout le\nsyst\u00e8me qui en d\u00e9coule.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vers une\nMaxi-prison<\/h4>\n\n\n\n<p>En ce mois de mars 2019, les constructeurs de la Maxi-prison de Haren, craignant de perdre leurs permis d\u2019urbanisme et d\u2019environnement, contest\u00e9s par un collectif de militant.e.s, se h\u00e2tent. Ce projet allant \u00e0 l\u2019encontre de tout bon sens, mais aussi du Masterplan de 2008<sup><a href=\"#sdfootnote9sym\"><sup>9<\/sup><\/a><\/sup> qui pr\u00f4nait des petites structures d\u2019incarc\u00e9ration, de l\u2019urgence environnementale, des principes de consultations citoyennes et de d\u00e9mocratie, d\u2019un rapport critique de la Cour des comptes quant aux Partenariats Publics-Priv\u00e9s, tente encore et toujours de s\u2019imposer par la force.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit de 19 hectares d\u2019espaces naturels et de terres arables qui se voient b\u00e9tonn\u00e9s \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 d\u00e9bats \u00e9cologiques et pr\u00e9occupations climatiques sont sans cesse amen\u00e9s sur le devant de la sc\u00e8ne m\u00e9diatique et politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un plan d\u2019enfermement de 1190 d\u00e9tenu.e.s (femmes, hommes, jeunes et sans-papiers), \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 bon nombre d\u2019experts pr\u00e9conisent les structures avec prises en charge personnalis\u00e9e et \u00e0 taille plus humaine, si cela se peut.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une prison qui se trouverait \u00e0 12,5 km du centre de Bruxelles, rendant les visites des proches, les consultations d\u2019avocats, les interventions d\u2019associations ext\u00e9rieures, les d\u00e9placements de d\u00e9tenu.e.s encore plus laborieux qu\u2019ils ne le sont d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un Partenariat Public-Priv\u00e9 rassemblant autour de la table des entreprises aux pratiques plus que douteuses. Laissant les \u00e9tats endett\u00e9s et pris au pi\u00e8ge par un accord qui les lient pour des d\u00e9cennies, ces PPP sont \u00e9cart\u00e9s dans nos pays voisins.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un \u00e9tablissement p\u00e9nitentiaire dit \u00ab moderne \u00bb, o\u00f9 tout y est robotis\u00e9. Les d\u00e9tenu.e.s n\u2019ont plus vue sur l\u2019ext\u00e9rieur, n\u2019ont plus de contacts d\u2019humain \u00e0 humain, m\u00eame avec les agents dont le nombre se voit drastiquement diminu\u00e9 dans ces structures. Des prisons totalement d\u00e9shumanis\u00e9es dans lesquelles le froid et la distance ont pris toute la place.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un contrat n\u00e9goci\u00e9 de fa\u00e7on tout \u00e0 fait opaque, dans un contexte qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9clairci, malgr\u00e9 les demandes incessantes de voir l\u2019accord liant les diff\u00e9rents partis, c\u2019est-\u00e0-dire la R\u00e9gie des B\u00e2timents et le consortium Cafasso. Ni \u00e9tudes d\u2019alternatives, ni pr\u00e9visions d\u2019un budget pr\u00e9cis (plusieurs milliards sont incontestablement en jeu), tout reste obscur.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un projet contre lequel magistrats, associations, riverain.e.s, proches et d\u00e9tenu.e.s se l\u00e8vent depuis pr\u00e8s de dix ans sans \u00eatre entendus.<\/p>\n\n\n\n<p>Il serait d\u00e9cid\u00e9ment temps de <em>construire<\/em> tout autre chose\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Julie Debucquois<br>Membre du Collectif de militant.e.s anti-carc\u00e9raux.ales et du Genepi Belgique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les opinions exprim\u00e9es dans cet article sont celles de l&rsquo;autrice.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote1anc\">1<\/a>\n\tParoles d\u2019un ancien d\u00e9tenu&nbsp;sur\n\thttps:\/\/www.prison-insider.com\/ressources\/analyses\/tribunes-libres\/reinsertion-prisonniers-ne-mangez-pas-de-ce-pain-la<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote2anc\">2<\/a>\n\thttps:\/\/www.cairn.info\/revue-courrier-hebdomadaire-du-crisp-2012-12-page-5.htm<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote3anc\">3<\/a>\n\tParmi eux, le Comit\u00e9 europ\u00e9en de pr\u00e9vention de la torture et des\n\ttraitements inhumains et d\u00e9gradants, le Comit\u00e9 des droits de\n\tl\u2019homme de l\u2019ONU, l\u2019Observatoire international des prisons, la\n\tLigue des droits humains<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote4anc\">4<\/a>\n\thttp:\/\/www.justice-en-ligne.be\/rubrique194.html<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote5anc\">5<\/a>\n\tExpos\u00e9 de l\u2019OIP sur\n\thttp:\/\/bxl2.attac.be\/event\/le-modele-carceral-en-question\/<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote6anc\">6<\/a>\n\tIdem<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote7anc\">7<\/a>\n\tNotamment par le Conseil de l\u2019Europe \u00e0 la suite de chaque visite\n\tdu Comit\u00e9 europ\u00e9en de pr\u00e9vention de la torture et des traitements\n\tinhumains et d\u00e9gradants (CPT) dans les \u00e9tablissements\n\tp\u00e9nitentiaires belges.<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote8anc\">8<\/a>\n\thttps:\/\/www.rtbf.be\/info\/societe\/detail_farid-bamouhammad-est-decede-cette-nuit-a-bruxelles?id=10166047<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote9anc\">9<\/a>\n\thttps:\/\/www.prison-insider.com\/ressources\/analyses\/rapports\/mega-prison-de-bruxelles-genese-d-un-crime<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les droits en prison, encore et toujours une illusion Pr\u00e9sence de rats, files d\u2019attente de plusieurs mois pour consulter un.e psychologue, un.e m\u00e9decin ou un.e dentiste, visites, appels et correspondances g\u00e9r\u00e9s de mani\u00e8re arbitraire, espaces exigus et surpeupl\u00e9s, absence d\u2019hygi\u00e8ne<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":3197,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,195],"tags":[194,193,192],"class_list":["post-3195","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-dossier","category-sur-la-prison-pensee-critique-travail-social-et-representations","tag-anti-carceral","tag-maxi-prison","tag-prison"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3195","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3195"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3195\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3228,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3195\/revisions\/3228"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3197"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3195"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3195"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3195"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}