{"id":4139,"date":"2022-03-28T01:00:00","date_gmt":"2022-03-28T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.causestoujours.be\/?p=4139"},"modified":"2022-04-20T14:57:29","modified_gmt":"2022-04-20T13:57:29","slug":"reprendre-contact-avec-les-espaces-publics","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.causestoujours.be\/reprendre-contact-avec-les-espaces-publics\/","title":{"rendered":"Reprendre contact avec les espaces publics"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Quel dialogue est-il encore possible entre associations culturelles, \u201cpublics\u201d et \u201cespaces publics\u201d? Comment ce dialogue s\u2019est transform\u00e9 ou modifi\u00e9 au fil du temps, du temps pand\u00e9mique et du basculement vers une digitalisation croissante des espaces d\u2019interaction ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce sont les questions que nous avons pos\u00e9es \u00e0 Magali Mineur, Co-Directrice du Th\u00e9\u00e2tre de la Parole<a href=\"#sdfootnote1sym\" id=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>, et Francesco Moraca fondateur et metteur en sc\u00e8ne de Medeber Teatro<a href=\"#sdfootnote2sym\" id=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019espace public est ce lieu de convergence d\u2019interactions sociales o\u00f9 se construisent le sentiment d\u2019appartenance, le sens de communaut\u00e9, mais aussi le sens de participation d\u00e9mocratique. Comment l\u2019action associative et culturelle rentre-t-elle en dialogue avec cet espace?<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons travers\u00e9 deux ans de pand\u00e9mie, de menace de virus, nous avons int\u00e9gr\u00e9 l\u2019injonction \u00e0 rester chez soi autant que possible, l\u2019habitude \u00e0 se prot\u00e9ger, l&rsquo;accoutumance \u00e0 se m\u00e9fier, \u00e0 ne pas se m\u00e9langer \u2026 et au passage \u00e0 toujours bien se laver les mains. Quelle traces cette p\u00e9riode a-t-elle laiss\u00e9 sur les espaces publics et notre capacit\u00e9 \u00e0 les penser, les regarder, les habiter&nbsp;? \u00c0 faire soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratiquement ensemble dans ces espaces du dehors, du \u201ccommun\u201d&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Comment la fronti\u00e8re toujours plus perm\u00e9able entre espace physique et espace num\u00e9rique a-t-elle modifi\u00e9 l\u2019action associative et culturelle?<\/p>\n\n\n\n<p>Somme toute, nous nous \u00e9tions habitu\u00e9s \u00e0 r\u00e9inventer l\u2019espace priv\u00e9, travailler et se r\u00e9unir de chez soi, le plus souvent par vid\u00e9oconf\u00e9rence, ou en petit groupe, masqu\u00e9 ou pas \u2026 Aujourd&rsquo;hui, le rel\u00e2chement de ces mesures, aussi temporaire et incertain soit-il, que provoque-t-il dans notre capacit\u00e9 \u00e0 faire association?<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Magali Mineur, il est crucial d&rsquo;investir l\u2019espace public avec des cr\u00e9ations collectives, car le conteur est celui qui transmet la m\u00e9moire populaire orale qui nous concerne tous, la dimension collective est donc inh\u00e9rente au conte.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Th\u00e9\u00e2tre de la Parole a voulu mener une r\u00e9flexion pour questionner la capacit\u00e9 \u00e0 \u201cd\u00e9sob\u00e9ir\u201d \u00e0 travers la cr\u00e9ation artistique, pour puiser dans la puissance de l\u2019imaginaire et pr\u00e9server ainsi le \u201csoi public et l\u2019intimit\u00e9 politique\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c<em>Nous voulons continuer \u00e0 nourrir un dialogue perp\u00e9tuel entre espace intime et espace public, entre ce qui fait \u201csoi\u201d et ce qui fait commun, ce qui fait \u201cnous\u201d. D\u2019o\u00f9 l\u2019organisation des journ\u00e9es \u201c\u00e0 contre-courant\u201d, un festival de trois jours qui a lieu au mois de janvier, qui pose la question de comment les associations aujourd\u2019hui peuvent-elles encore d\u00e9sob\u00e9ir.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le rapport \u00e0 la prise de parole dans l\u2019espace public \u00e9tait central dans notre r\u00e9flexion. Par exemple nous avons invit\u00e9 les participants \u00e0 penser une affiche-gravure, pour condenser une envie de \u201cdire\u201d, d\u2019afficher un point de vue personnel. Nous avons ainsi travaill\u00e9 sur ce qui \u00e9tait permis ou interdit. Devoir concentrer l\u2019id\u00e9e dans une phrase demande une \u00e9nergie particuli\u00e8re, \u00e7a nous invite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir autrement de soi-\u00e0-soi, et \u00e0 transf\u00e9rer ensuite, dans un deuxi\u00e8me temps, le reflet de soi dans une mise en commun.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019espace public est souvent entendu comme synonyme d\u2019espace libre, d\u2019espace ouvert \u00e0 tous. Magali Mineur explique \u00e0 ce propos que le travail s\u2019est surtout concentr\u00e9 sur cette notion de libert\u00e9, de place \u00e0 prendre, dans une r\u00e9alit\u00e9 cloisonn\u00e9e et assign\u00e9e \u00e0 des fonctions sp\u00e9cifiques, un travail de r\u00e9flexion sur la place de l\u2019espace vide : quel espace vide reste-t-il encore \u00e0 prendre?<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c<em>Dans un monde dans lequel l\u2019espace priv\u00e9 grignote de plus en plus l\u2019espace public, l\u2019art du conteur vient interroger pr\u00e9cis\u00e9ment cela: la question des limites, de comment d\u00e9limiter l\u2019espace de ce qui fait commun, en partant d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9 qui est celle de la transmission de la m\u00e9moire orale, des r\u00e9cits populaires.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0 dans le pass\u00e9, le Th\u00e9\u00e2tre de la Parole avait interrog\u00e9 ce rapport \u00e0 l\u2019espace et \u00e0 la ville avec le projet \u201c\u00c9coute, la ville parle\u201d, collectage sonore, visuel et sc\u00e9nique au d\u00e9part d\u2019un questionnement sur l\u2019acc\u00e8s aux lieux culturels \u00e0 Bruxelles, un questionnement qui se prolonge en janvier 2022 dans l\u2019invitation adress\u00e9e \u00e0 Medeber Teatro \u00e0 se joindre aux journ\u00e9es \u201c\u00e0 contre-courant\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Francesco Moraca, explique le fondement du travail qu\u2019il m\u00e8ne avec Serenella Martufi, au sein de Medeber Teatro :<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c<em>Pour penser le travail dans l\u2019espace public, en tant qu\u2019espace ouvert \u00e0 tous, nous nous appuyons sur l\u2019instrument qui est le n\u00f4tre : le th\u00e9\u00e2tre. Au sens strict et \u00e9tymologique, le lieu de la vision qui s\u2019ouvre aux yeux de celui qui regarde, qui per\u00e7oit ainsi les \u00e9l\u00e9ments et les n\u00e9cessit\u00e9s profondes de la vie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019est ce rapport au \u201cbios\u201d, au vivant dans sa qualit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9e, qui d\u00e9passe la mat\u00e9rialit\u00e9, que Medeber Teatro interroge l\u2019espace public et la relation \u00e0 ses lieux de chaque individu.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Que se passait-il lors de l\u2019atelier que vous aviez propos\u00e9 \u201cRegard et Voix \/ Sguardo et Voce\u201d au sein du Festival \u201c\u00e0 contre-courant\u201d ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c<em>On demandait \u00e0 chaque participant de choisir deux images de sa ville, ville au sens large, cela pouvait se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la ville natale, la ville de r\u00e9sidence, ou encore m\u00eame une ville imaginaire \u2026 l\u2019image pouvait \u00eatre une photo, un dessin ou des textes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Tout peut faire image. L\u2019essentiel \u00e9tait de proposer un \u201cvoyage\u201d pour chaque participant, et pour l\u2019ensemble du groupe, avec un d\u00e9part et une destination, mais \u00e9galement des \u00e9tapes interm\u00e9diaires. Se dessinait ainsi une v\u00e9ritable cartographie imaginaire, de lieux, d\u2019exp\u00e9riences, de r\u00e9cits qui s\u2019entrecroisent. La particularit\u00e9 \u00e9tait de proposer un parcours qui commen\u00e7ait toujours par la m\u00eame phrase \u201cJe vois\u201d. Ainsi chacun r\u00e9alisait son propre parcours d\u2019investigation en affirmant ce \u201cJe\u201d intime et public \u00e0 la fois. Un voyage personnel dans les lieux de la m\u00e9moire, un voyage intemporel avec une spatialit\u00e9 ouverte. L\u2019id\u00e9e sous-jacente \u00e9tant celle d\u2019amener ce voyage dans des lieux qui ne sont pas les lieux du th\u00e9\u00e2tre conventionnel, et donc dans un espace public ouvert \u00e0 tous.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Magali Mineur et Francesco Moraca en conviennent : pouvoir mener la recherche corporelle, th\u00e9\u00e2trale, po\u00ef\u00e9tique dans un espace du dehors, travailler dans les places, les rues, les galeries en invitant les citoyens \u00e0 mettre \u00e0 disposition les lieux de leur quotidien pour y accueillir un artiste et sa propre recherche performative, est un moyen de garder le dialogue ouvert au sein d\u2019une communaut\u00e9, processus participatif, et profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans le vivre ensemble d\u00e9mocratique.<\/p>\n\n\n\n<p>Mettre en relation la recherche artistique avec des espaces qui ne sont pas assign\u00e9s \u00e0 l\u2019art, ouvre sur un espace du possible tant pour la recherche artistique qui se laisse modifier par le milieu et sa toile de relations, que pour l\u2019espace physique en question, qui sera \u00e0 son tour modifi\u00e9 par cette pr\u00e9sence agissante et le regard qu\u2019on porte sur elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela permet de questionner l\u2019assignation des espaces publics \u00e0 une fonction sp\u00e9cifique, car si l\u2019assignation permet d\u2019une part, une identification avec un r\u00f4le, une fonction, elle cloisonne d\u2019autre part l\u2019espace, l\u2019enferme, le limite \u00e0 un certain type d\u2019usage et d\u2019usager.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pensons \u00e0 Donald Winnicott pour sa r\u00e9flexion critique sur l\u2019assignation des espaces : psychologue de l\u2019enfance, qui pense les aires de jeu comme lieux d&rsquo;expression de \u201cl\u2019espace potentiel\u201d, lorsqu\u2019elles ne sont pas assign\u00e9es \u00e0 une fonction sp\u00e9cifique (d\u00e9velopper telle ou telle autre comp\u00e9tence chez l\u2019enfant). Ainsi le jeu (l\u2019aire de jeu) devient un espace de transition entre le \u201cmoi\u201d et l\u2019ext\u00e9rieur, par lequel l\u2019enfant se construit et prend petit \u00e0 petit possession de ce monde qui l\u2019entoure, soit en le modifiant physiquement, soit en l\u2019enveloppant d\u2019une couche d\u2019imaginaire<a href=\"#sdfootnote3sym\" id=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c<em>Dans nos laboratoires, dit Francesco Moraca, nous partons effectivement de ce travail autour d\u2019une libert\u00e9 d\u2019imagination et de vision, pour tout participant et observateur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019est pour nous la modalit\u00e9 de fonctionnement par excellence qui nous permet de garder un \u201cniveau vital\u201d au sein du rituel th\u00e9\u00e2tral, un rituel qui ne soit pas enferm\u00e9 dans l\u2019image conventionnelle du th\u00e9\u00e2tre avec un texte \u00e0 r\u00e9citer par c\u0153ur: nos textes sont, la plupart du temps, des images, des lieux, ni plus ni moins que des paysages au sein desquels nous invitons les participants \u00e0 r\u00e9aliser leur parcours individuel et collectif, plusieurs personnes en m\u00eame temps dans un m\u00eame paysage qui s\u2019offrent aux yeux du spectateur dans une sorte de tableau vivant. Ce travail, \u00e0 l\u2019instar du jeu de l\u2019enfant et de l\u2019espace potentiel dont parle Winnicott, n\u2019a pas une intelligibilit\u00e9 imm\u00e9diate, n\u2019a pas non plus pour ainsi dire une assignation imm\u00e9diate, mais c\u2019est une invitation \u00e0 compl\u00e9ter le paysage \u00e0 travers l\u2019imagination, \u00e0 ouvrir le possible, \u00e0 d\u00e9passer le potentiel de son usage au sens strict.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La dimension politique d\u2019un travail artistique en dialogue avec l\u2019espace public<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u201c<em>L\u2019esprit critique fait toujours partie de la recherche artistique, de mani\u00e8re physiologique, continue Francesco Moraca. Dans la relation avec un lieu, en ce compris l\u2019espace public, l\u2019important est d\u2019ouvrir des questions, non seulement pour l\u2019artiste mais pour tout observateur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les lieux sont comme les personnes, ils sont changeants, ils se modifient dans l\u2019espace et le temps, et par cons\u00e9quent ce qui est fondamental est l\u2019acte de questionner, de garder toujours ouverts les questionnements par rapport \u00e0 soi-m\u00eame dans l\u2019espace et le temps.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Cette tension \u00e0 chercher des r\u00e9ponses nous tient et nous meut. Nous n\u2019aurons probablement jamais toutes les r\u00e9ponses \u00e0 toutes les questions, mais ce qui compte est le bout de chemin parcouru.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019est un peu comme l\u2019utopie, ce quelque chose vers lequel nous tendons, que nous essayons d\u2019atteindre \u2026 Le but de l\u2019utopie est de nous faire cheminer dans le temps et dans l\u2019espace, \u00e0 travers l\u2019exp\u00e9rience intellectuelle, \u00e9motionnelle, corporelle \u2026 en un seul mot \u00e0 travers la vie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Nous r\u00e9alisons nos projets en dialogue avec toutes les r\u00e9alit\u00e9s qui composent un territoire, ind\u00e9pendamment de l\u2019\u00e2ge, de l\u2019assignation de genre, origine, tissu social et \u00e9conomique. Le projet URBE en est un exemple, il s\u2019agit d\u2019une collaboration avec plusieurs ASBL actives dans un processus d\u2019inclusion des personnes venant de tous horizons, plus r\u00e9cemment avec un focus sur une population issue d\u2019un parcours migratoire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Avec URBE, nous proposons une prise de contact avec la ville, les quartiers, \u00e0 travers la photographie et la chor\u00e9graphie, une \u00e9criture donc avec la vision et avec le corps.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Cette ouverture \u00e0 la fois \u00e0 l\u2019espace, \u00e0 ce qui se pr\u00e9sente et compose le paysage d\u2019un lieu, ainsi que la place donn\u00e9e aux corps dans l\u2019espace, suppose une r\u00e9flexion politique en toile de fond.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Faire une place au corps dans l\u2019espace (public et priv\u00e9) demande du temps. Ce temps de latence, de recherche, contraste avec la vitesse que la soci\u00e9t\u00e9 nous impose. Aujourd\u2019hui, l\u2019\u00e9conomie et la technologie sont un peu le moteur, la cabine de pilotage de notre soci\u00e9t\u00e9, de nos polis.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je crois que c\u2019est bien ceci le d\u00e9fi de la politique aujourd\u2019hui, c\u2019est reconnecter avec ces temps d\u2019observation et cette proximit\u00e9 avec la nature, et le territoire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>En ce sens, nous sommes une \u201cpoche de r\u00e9sistance\u00a0\u00bb, pour nous le meilleur des mondes possible est r\u00e9alisable uniquement si on prend le temps, si on met en dialogue nos visions respectives, et si celles-ci se mettent en mouvement \u00e0 partir de nos sens et d\u00e9sirs.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les exp\u00e9riences du Th\u00e9\u00e2tre de la Parole et de Medeber Teatro nous invitent \u00e0 reprendre le dialogue avec soi-m\u00eame et les autres, sans oublier les corps, leur place dans l\u2019espace, et ce que ces g\u00e9om\u00e9tries peuvent raconter de nous en tant que soci\u00e9t\u00e9, en tant que groupe ou communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le besoin de se rencontrer, en pr\u00e9sence, en silence, en cherchant les fissures vides des espaces, l\u2019envie d\u2019inventer des nouvelles significations, le d\u00e9sir de se laisser surprendre par la beaut\u00e9 cach\u00e9e, l\u2019exp\u00e9rimentation d\u2019un r\u00e9el qui se raconte et se renouvelle dans la superposition des corps et des lieux, en recherche de po\u00e9sie, de vibrations, de rythme, de libert\u00e9 \u2026 tout cela nous aura conquis, et aura mis temporairement dans l\u2019ombre l\u2019effervescence croissante de l&rsquo;activisme (et de l\u2019artivisme) en ligne. Nous aurons oubli\u00e9 d\u2019\u00e9voquer l\u2019espace public num\u00e9rique, v\u00e9ritable nouveau canal de participation et de mobilisation, comme en t\u00e9moignent les mouvements \u201cMe Too\u201d et \u201cBlack Lives Matters\u201d, pour n\u2019en citer que deux.<\/p>\n\n\n\n<p>Oubli ou omission?<\/p>\n\n\n\n<p>Une histoire \u00e0 suivre \u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Eleonora Sambasile, Coordinatrice p\u00e9dagogique au Gsara<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote1anc\" id=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> Le Th\u00e9\u00e2tre de la Parole est une ASBL d\u2019\u00e9ducation permanente dont l\u2019objectif fondateur est la transmission des arts de la parole et de la m\u00e9moire orale invitant \u00e0 une plus grande conscience citoyenne et au renforcement du lien social.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote2anc\" id=\"sdfootnote2sym\">2<\/a><strong> Medeber Teatro<\/strong> est un projet de recherche performative, p\u00e9dagogique et th\u00e9orique sur le th\u00e9\u00e2tre et la po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote3anc\" id=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> CEMEA, l\u2019\u00e9ducation nouvelle en mouvement, <em>Espaces \u00e0 penser, (2014), pp. 16-24<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quel dialogue est-il encore possible entre associations culturelles, \u201cpublics\u201d et \u201cespaces publics\u201d? 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