{"id":4320,"date":"2023-03-28T07:42:00","date_gmt":"2023-03-28T06:42:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.causestoujours.be\/?p=4320"},"modified":"2023-03-29T06:44:25","modified_gmt":"2023-03-29T05:44:25","slug":"il-ny-a-quau-quebec-quon-dit-aller-ecouter-un-film-partout-ailleurs-on-va-voir-un-film","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.causestoujours.be\/il-ny-a-quau-quebec-quon-dit-aller-ecouter-un-film-partout-ailleurs-on-va-voir-un-film\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a qu&rsquo;au Qu\u00e9bec qu&rsquo;on dit\u00a0: &lsquo;aller \u00e9couter un film&#8230;&rsquo;, partout ailleurs, on va &lsquo;voir un film&rsquo;\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans cette \u00e9dition du <em>Causes Toujours<\/em>, nous entamons une nouvelle s\u00e9rie qui pr\u00e9sentera, de num\u00e9ro \u00e0 num\u00e9ro, les diff\u00e9rents postes de post-productions du GSARA : montage image, montage son, mixage, \u00e9talonnage. Mais \u00e9galement le travail de diffusion, de graphisme, de communication, de coordination sera explicit\u00e9 gr\u00e2ce aux interviews que nous ferons avec les personnes qui forment l&rsquo;\u00e9quipe du GSARA.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cette premi\u00e8re, nous avons parl\u00e9 avec l\u2019ing\u00e9nieur-son <strong>Jean-No\u00ebl Boiss\u00e9,<\/strong> qui a mont\u00e9 et mix\u00e9 le son du film <em>Dans la chambre<\/em> d&rsquo;Yves Cantraine, qui sortira cette ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table alignleft\"><table><tbody><tr><td><strong><em>Dans la chambre<\/em> Un film d&rsquo;Yves Cantraine BE 2023, 42 minutes.<br>Synopsis&nbsp;: Se plongeant uniquement dans des archives familiales et personnelles, des films de f\u00eates et de voyages, le r\u00e9alisateur confin\u00e9 prend son \u00e9lan, questionne les images, lib\u00e8re la m\u00e9moire sonore, et voyage dans le temps et l\u2019espace. Le retour sur le pass\u00e9 se fait ainsi danse et d\u00e9rive po\u00e9tique. Comme l\u2019a \u00e9crit Emily Dickinson, figure tut\u00e9laire de ce film&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je vis dans le possible, une maison plus belle que la prose.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans son dossier, le r\u00e9alisateur nous faisait part de ses r\u00e9flexions \u00e0 propos du travail sonore \u00e0 faire&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><strong>\u00ab&nbsp; Telle qu\u2019elle est pour le moment, la bande son et la <em>voix off<\/em> sont en majeure partie du bricolage. Il faut les refaire. Pour le moment, il n\u2019y a entre ces fragments de <em>voix off<\/em> que du silence technique, du vide&#8230; qu\u2019il faut peu \u00e0 peu tr\u00e8s discr\u00e8tement remplir : le silence au d\u00e9but, puis, de l\u2019air, du souffle, une l\u00e9g\u00e8re rumeur&#8230; cr\u00e9er un espace pour cette chambre, et puis lui attribuer peu \u00e0 peu un tr\u00e8s discret hors-champ, un discret ext\u00e9rieur : la vie, loin, tr\u00e8s loin, filtr\u00e9e par les murs. Le passage d\u2019un v\u00e9hicule ? Des voix lointaines ? Puis peu \u00e0 peu des bruits rem\u00e9mor\u00e9s&#8230; Mais rien d\u2019illustratif, rien qui soit redondant par rapport aux images. Rien d\u2019appuy\u00e9! \u00c9ventuellement on pourrait exp\u00e9rimenter avec des sons directs. Rien d\u2019appuy\u00e9 l\u00e0 non plus. <em>Dans la Chambre <\/em>est un film comme un voyage, un cheminement qui commence par un regard qui ne peut porter loin, puis gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9moire, et finalement avec l\u2019ou\u00efe, aboutit \u00e0 une sorte de stase. On quitte la chambre pour entrer peu \u00e0 peu dans une autre temporalit\u00e9. L\u2019expression \u00ab <em>paysage sonore <\/em>\u00bb est totalement ad\u00e9quate. Dans le montage un peu brut pr\u00e9sent\u00e9 avec ce dossier, la fin visuellement \u00ab <em>effiloch\u00e9e <\/em>\u00bb n\u2019est qu\u2019un exemple, pour donner une id\u00e9e. A ce stade, elle est d\u2019une dur\u00e9e arbitraire pour laisser une \u00ab <em>cr\u00e9ation sonore <\/em>\u00bb s\u2019\u00e9panouir. Sa dur\u00e9e est adaptable et n\u2019a rien de fig\u00e9. Le choix d\u2019images lui-m\u00eame pourra \u00eatre diff\u00e9rent en fonction de ce travail sonore. C\u2019est donc par le son que ce \u00ab d\u00e9-confinement \u00bb aboutit : gr\u00e2ce au lien direct entre le son et le corps de celui qui entend, sans doute, un lien moins intellectuel que celui du regard. Quelque chose qui a un peu \u00e0 voir avec la m\u00e9moire involontaire de Proust, processus instantan\u00e9, r\u00e9action quasi physique qui lui permet de quitter chambre et lit, d\u2019\u00eatre encore l\u00e0 mais aussi ailleurs.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Stefanie Bodien&nbsp;: <\/strong><em><strong>Jean-No\u00ebl, <\/strong><\/em><em><strong>c<\/strong><\/em><em><strong>omment d\u00e9crirais-tu le processus de travail sur la bande sonore du film <\/strong><\/em><strong>Dans la chambre<\/strong><em><strong>&nbsp;? Comment avez-vous proc\u00e9d\u00e9, Yves et toi, pour \u00e9laborer le son pour ce projet si ambitieux \u00e0 tous les niveaux&nbsp;?<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Jean-No\u00ebl Boiss\u00e9&nbsp;: Cela a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s int\u00e9ressant. Il y avait tr\u00e8s peu de sons dans la version que j&rsquo;ai re\u00e7ue au d\u00e9but du travail. Les images que Yves a utilis\u00e9es \u00e9tant presque toutes \u00ab&nbsp;muettes&nbsp;\u00bb, l&rsquo;essentiel de la bande son \u00e9tait donc \u00e0 inventer. Il avait quelques id\u00e9es, quelques exigences au d\u00e9part, mais surtout sur ce qu&rsquo;il ne voulait pas faire. Il a voulu me laisser un grand espace de cr\u00e9ativit\u00e9, ce qui \u00e9tait tr\u00e8s enthousiasmant. Tr\u00e8s vite nous sommes tomb\u00e9s d&rsquo;accord sur le r\u00f4le que nous voulions faire jouer au son dans ce film. A partir de l\u00e0 \u00e7a a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s fluide, il m&rsquo;a fait confiance, tout en gardant son exigence.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>SB&nbsp;: Avez-vous finalement d\u00fb retravailler la voix off ou bien pouviez-vous l&rsquo;utiliser telle qu&rsquo;Yves l&rsquo;avait enregistr\u00e9e&nbsp;? A quel niveau devait-elle \u00eatre modifi\u00e9e, et pourquoi&nbsp;?<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>JB&nbsp;: Oui nous avons r\u00e9enregistr\u00e9 la <em>voix off<\/em>. C&rsquo;\u00e9tait indispensable pour la qualit\u00e9 du son, mais aussi pour le rythme de la diction, qui \u00e9tait trop rapide dans la premi\u00e8re version de Yves. Il fallait aussi r\u00e9\u00e9crire quelques passages.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela a naturellement conduit \u00e0 modifier le montage des images, pour que son rythme \u00e9pouse celui de la nouvelle <em>voix off<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>SB&nbsp;: Yves parle de \u00ab&nbsp;silence technique&nbsp;\u00bb dans son dossier. Peux-tu nous dire ce que cela implique&nbsp;?<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>JB&nbsp;: Le silence technique, c&rsquo;est lorsqu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun son dans la bande son. Pour le spectateur, \u00e7a n&rsquo;est jamais totalement du silence, parce que les techniques de reproduction du son induisent toujours un l\u00e9ger bruit. C&rsquo;\u00e9tait particuli\u00e8rement marqu\u00e9 lorsqu&rsquo;on travaillait le son des films avec du mat\u00e9riel analogique, il y avait toujours le bruit de la bande ou de la pellicule ; avec le num\u00e9rique, on a beaucoup r\u00e9duit les niveaux de bruit, il ne reste plus que les bruits produits par le mat\u00e9riel de diffusion en salle.&nbsp;<em>Dans la Chambre<\/em> commence par un silence technique. Il n&rsquo;y a aucun son donn\u00e9 \u00e0 entendre au spectateur.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>SB&nbsp;: Quelle \u00e9tait ta d\u00e9marche pour \u00ab&nbsp;tr\u00e8s discr\u00e8tement remplir le vide&nbsp;\u00bb, comme le demandait Yves&nbsp;?<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>JB&nbsp;: A partir de ce silence, la bande son s&rsquo;ouvre progressivement, d&rsquo;abord un souffle, puis la voix de Yves. Petit \u00e0 petit, les diff\u00e9rents sons qui vont rythmer le film sont amen\u00e9s, jusqu&rsquo;au au moment o\u00f9 on commence \u00e0 sortir de \u00ab&nbsp;la chambre&nbsp;\u00bb et o\u00f9 les sons commencent \u00e0 prendre plus d&rsquo;ampleur.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>SB&nbsp;: O\u00f9 as-tu trouv\u00e9 les sons qui forment le gros de la bande sonore&nbsp;? Yves ne les voulait pas illustratifs par rapport aux images. Qu&rsquo;est-ce qui vous a motiv\u00e9s de choisir tel ou tel son&nbsp;?<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>JB&nbsp;: Les possibilit\u00e9s pour composer la bande son \u00e9taient infinies, mais nous n&rsquo;avions pas le temps de tout enregistrer. Il aurait fallu passer des semaines \u00e0 partir \u00e0 droite \u00e0 gauche enregistrer des sons, \u00e7a n&rsquo;\u00e9tait pas r\u00e9aliste. Il fallait donc utiliser une mati\u00e8re sonore qui existait d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors d&rsquo;un de ses voyages, pour le tournage d&rsquo;un film au Japon sur un groupe de musique traditionnelle, Yves avait r\u00e9colt\u00e9 des ambiances sonores assez vari\u00e9es, et de bonne qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;avait finalement jamais utilis\u00e9 ces enregistrements, j&rsquo;ai donc propos\u00e9 d&rsquo;essayer de composer la bande son \u00e0 partir de cette mati\u00e8re-ci. Cela permettait de d\u00e9limiter un cadre pour le travail, qui sans cela aurait pu se perdre dans l&rsquo;exc\u00e8s de possibilit\u00e9s. Cela faisait sens aussi, puisqu&rsquo;un de th\u00e8mes centraux du film est le voyage, et que tous ces sons proviennent d&rsquo;un de ses voyages.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus gros de la bande son provient donc de ces enregistrements, j\u2019ai aussi enregistr\u00e9 quelques sons dont nous avions sp\u00e9cifiquement besoin.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film commence dans la chambre de Yves, confin\u00e9, et s&rsquo;en \u00e9chappe progressivement, pour osciller entre le souvenir et la r\u00eaverie. Pour ces s\u00e9quences, o\u00f9 l&rsquo;on voyage dans sa m\u00e9moire et ses r\u00e9flexions, cela faisait sens de ne pas chercher \u00e0 sonoriser les images, leur donner une mat\u00e9rialit\u00e9 par le son. Nous avons donc travaill\u00e9 \u00e0 ce que les sons ne se rapportent pas directement \u00e0 quelque chose que l&rsquo;on voit en m\u00eame temps \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons plut\u00f4t cherch\u00e9 des sons qui cr\u00e9ent un certain \u00e9cart avec les images. C&rsquo;est cette distance, et ce qu&rsquo;elle g\u00e9n\u00e8re, qui dictait nos choix. Cet \u00e9cart s&rsquo;accentue au fur et \u00e0 mesure du film, au fur et \u00e0 mesure que l&rsquo;on quitte la chambre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-video\"><video height=\"1080\" style=\"aspect-ratio: 1920 \/ 1080;\" width=\"1920\" controls src=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/DansLaChambre_FR-AVEC_respiration_debut-1.mp4\"><\/video><figcaption class=\"wp-element-caption\">Extrait in\u00e9dit de <em>Dans la chambre<\/em> d&rsquo;Yves Cantraine, avec l&rsquo;aimable autorisation d&rsquo;H\u00e9licotronc<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><em><strong>SB&nbsp;: Penses-tu que le son permet r\u00e9ellement d&rsquo;entrer dans \u00ab&nbsp;une autre temporalit\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;? Est-ce que l&rsquo;expression \u00ab&nbsp;paysage sonore&nbsp;\u00bb te parle&nbsp;?<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>JB&nbsp;: Tous les sons ont une temporalit\u00e9, un rythme propre, qu&rsquo;ils impriment n\u00e9cessairement sur le film. Par les lieux, les atmosph\u00e8res qu&rsquo;ils \u00e9voquent, ils dessinent en effet une sorte de paysage.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le son est utilis\u00e9 comme illustration ou confirmation de l&rsquo;image (par exemple, on voit un tracteur, on entend un tracteur), tout va dans le m\u00eame sens, le rythme du son et celui de l&rsquo;image se confondent, ainsi que les espaces qu&rsquo;ils \u00e9voquent. Pour <em>Dans la Chambre, <\/em>les paysages sonores et visuels divergent, il y a un frottement.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>SB&nbsp;: Quand le film d&rsquo;Yves est arriv\u00e9 au Gsara, la derni\u00e8re partie du film avait une \u00ab&nbsp;dur\u00e9e arbitraire pour laisser une &lsquo;cr\u00e9ation sonore&rsquo; s\u2019\u00e9panouir&nbsp;\u00bb. Comment as-tu con\u00e7u cette cr\u00e9ation sonore&nbsp;? A-t-elle eu un impact sur les images finalement, et si oui, lequel&nbsp;? Autrement dit&nbsp;: est-ce que le montage image a d\u00fb \u00eatre adapt\u00e9 apr\u00e8s ton travail cr\u00e9atif sur le son de la derni\u00e8re partie&nbsp;?<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>JB&nbsp;: A la fin du film, Yves voulait que le son prenne le dessus, pour laisser de l\u2019espace \u00e0 l\u2019imagination du spectateur. J&rsquo;ai donc compos\u00e9 cet entrem\u00ealement d&rsquo;ambiances, sans ne tenir aucun compte des images, mais en respectant plus ou moins la dur\u00e9e. Puis en l&rsquo;\u00e9coutant avec les images, certains rapports sont apparus, un peu par hasard, on a ensuite l\u00e9g\u00e8rement ajust\u00e9 le montage image et cette bande son en fonction de ces relations qui nous plaisaient.<\/p>\n\n\n\n<p>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, nous avons d\u00fb r\u00e9ajuster le montage image \u00e0 plusieurs reprises au cours du travail, ce qui est un peu fastidieux d&rsquo;un point de vue technique, mais qui \u00e9tait absolument n\u00e9cessaire, vu l&rsquo;impact qu&rsquo;a eu le travail du son sur le rythme du film.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>SB&nbsp;: Yves \u00e9met l&rsquo;hypoth\u00e8se que le son permet un lien avec le corps de celui qui entend moins intellectuel que le regard. Confirmes-tu ce ph\u00e9nom\u00e8ne, et si oui, as-tu une id\u00e9e de comment on pourrait expliquer ce lien entre le son et le corps qu&rsquo;Yves qualifie d&rsquo;instantan\u00e9 et physique&nbsp;?<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>JB&nbsp;: Oui, il y a certainement quelque chose de cet ordre. Je dirais, \u00e0 la fois pour des raisons physiologiques et culturelles.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ou\u00efe est d&rsquo;abord un sens qui sert \u00e0 percevoir les dangers. Les sons atteignent tr\u00e8s rapidement les zones du cerveau qui commandent \u00e0 la survie, et peuvent provoquer des sentiments ou des actions de mani\u00e8re imm\u00e9diate, avant toute analyse.<\/p>\n\n\n\n<p>La vue est un sens plus abstrait, qui implique beaucoup de facteurs culturels, d&rsquo;interpr\u00e9tations.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019est le sens qui domine \u00e0 notre \u00e9poque, et en particulier au cin\u00e9ma. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;au Qu\u00e9bec qu&rsquo;on dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;aller \u00e9couter un film&#8230;&nbsp;\u00bb, partout ailleurs, on va \u00ab&nbsp;voir un film&nbsp;\u00bb. L&rsquo;attention du spectateur est globalement concentr\u00e9e sur l&rsquo;image, il y a m\u00eame des gens qui n&rsquo;ont pas conscience qu&rsquo;il y a du son au cin\u00e9ma (\u00e0 part la musique), tellement cela semble maintenant couler de source que les images \u00ab&nbsp;parlent&nbsp;\u00bb et \u00e9mettent du son.<\/p>\n\n\n\n<p>Le son agit donc de mani\u00e8re relativement inconsciente sur le spectateur, ce qui peut donner l&rsquo;impression d&rsquo;une imm\u00e9diatet\u00e9. Mais ce statut peut bien entendu \u00eatre remis en cause.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>SB&nbsp;: <\/strong><\/em><em><strong>Dans le dernier quart du film, il y a une chanso<\/strong><\/em><em><strong>n<\/strong><\/em><em><strong> q<\/strong><\/em><em><strong>u\u2019on entend dans son int\u00e9gralit\u00e9<\/strong><\/em><em><strong> et elle est accompagn\u00e9e par une image noire durant la premi\u00e8re minute de la chanson. C&rsquo;est une d\u00e9marche plut\u00f4t \u00ab&nbsp;exp\u00e9rimentale&nbsp;\u00bb qu&rsquo;on voit rarement au cin\u00e9ma.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>JB&nbsp;: Cette musique ouvre le dernier mouvement du film, o\u00f9 le son prend petit \u00e0 petit le dessus sur les images. La faire entendre sans images, c&rsquo;est une mani\u00e8re de commencer \u00e0 dire au spectateur&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e9coutez&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Propos recueillis et mis en forme par Stefanie Bodien<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rencontre avec l\u2019ing\u00e9nieur-son Jean-No\u00ebl Boiss\u00e9, qui a mont\u00e9 et mix\u00e9 le son du film \u00ab\u00a0Dans la chambre\u00a0\u00bb d&rsquo;Yves Cantraine, qui sortira cette ann\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":4336,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-4320","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4320","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4320"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4320\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4359,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4320\/revisions\/4359"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4336"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4320"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4320"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4320"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}