{"id":616,"date":"2014-12-17T17:59:58","date_gmt":"2014-12-17T17:59:58","guid":{"rendered":"https:\/\/gsara.tv\/causes\/?p=616"},"modified":"2014-12-18T23:42:25","modified_gmt":"2014-12-18T23:42:25","slug":"paroles-meres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.causestoujours.be\/paroles-meres\/","title":{"rendered":"Paroles de m\u00e8res &#8211; Rencontre avec Beno\u00eet Dervaux"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le film <em>Rwanda, la vie apr\u00e8s \u2013 Paroles de m\u00e8res<\/em> de l&rsquo;\u00e9diteur Andr\u00e9 Versaille et du r\u00e9alisateur Beno\u00eet Dervaux dresse le portrait de six femmes Tutsi. Ces femmes, qui lors du g\u00e9nocide, ont v\u00e9cu l&rsquo;horreur du viol, furent souvent d\u00e9laiss\u00e9es par les quelques proches rescap\u00e9s au lendemain du drame. Devenues m\u00e8res, elles ont donn\u00e9 naissance \u00e0 ce qui constituait une honte pour elles et le reste de la soci\u00e9t\u00e9 rwandaise. Leurs paroles et celles de leurs enfants, jeunes adultes aujourd&rsquo;hui, r\u00e9sonnent devant la cam\u00e9ra de Beno\u00eet Dervaux. L&rsquo;ambition du film est de permettre \u00e0 ces femmes d&rsquo;exprimer l&rsquo;indicible et de parler en ch\u0153ur au nom de toutes les autres des violences faites aux femmes. Un documentaire qui replace le g\u00e9nocide dans un contexte contemporain comme le souligne le r\u00e9alisateur.<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Rwanda-la-vie-apr\u00e8s-5-\u00a9-Benoit-Dervaux-e1418935994658.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-696\" src=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Rwanda-la-vie-apr\u00e8s-5-\u00a9-Benoit-Dervaux-e1418935994658.jpg\" alt=\"Rwanda, la vie apr\u00e8s 5- \u00a9 Benoit Dervaux\" width=\"700\" height=\"394\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>Vous avez r\u00e9alis\u00e9 <em>Rwanda, la vie apr\u00e8s<\/em> avec Andr\u00e9 Versaille qui est \u00e0 l\u2019origine du projet. Comment s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e votre rencontre et quelle \u00e9tait l&rsquo;id\u00e9e initale du film ? <\/strong><\/p>\n<p>Andr\u00e9 Versaille est venu trouver Julie Freres de D\u00e9rives asbl avec une mati\u00e8re sur le g\u00e9nocide des Tutsi et plus particuli\u00e8rement sur les r\u00e9cits de femmes viol\u00e9es. Andr\u00e9 avait \u00e9galement film\u00e9 avec un cam\u00e9scope des images qui n\u2019\u00e9taient pas vraiment utilisables dans le cadre d\u2019un film. Julie a souhait\u00e9 associer un r\u00e9alisateur \u00e0 son projet et m\u2019en a parl\u00e9. En lisant les transcriptions des r\u00e9cits de quelques femmes, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s interpell\u00e9 par l\u2019id\u00e9e qu\u2019elles \u00e9taient m\u00e8res. Il y avait un enjeu cin\u00e9matographique r\u00e9el \u00e0 filmer ces femmes avec leurs enfants et qui allait au-del\u00e0 de l\u2019id\u00e9e d\u2019une s\u00e9rie de r\u00e9cit sur l\u2019horreur du g\u00e9nocide. Andr\u00e9 et moi avons d\u00e9cid\u00e9 de partir ensemble sur ce projet et de r\u00e9aliser des portraits de ces m\u00e8res qui permettaient de replacer le g\u00e9nocide dans un contexte tout \u00e0 fait contemporain. Aujourd&rsquo;hui, leurs enfants sont proches de l&rsquo;\u00e2ge adulte et vingt ann\u00e9es se sont \u00e9coul\u00e9es depuis le g\u00e9nocide. Il y avait un r\u00e9el enjeu qui va au-del\u00e0 du devoir de m\u00e9moire.<\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous pr\u00e9par\u00e9 ce film ? Aviez-vous d\u00e9j\u00e0 eu l\u2019id\u00e9e ou l\u2019occasion de faire un documentaire sur le g\u00e9nocide des Tutsi au Rwanda ?<\/strong><\/p>\n<p>Je n\u2019avais jamais vraiment pens\u00e9 faire un film sur le g\u00e9nocide au Rwanda. Comme tout le monde, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s interpell\u00e9 par ce drame mais je ne voyais pas tr\u00e8s bien de quelle mani\u00e8re m&rsquo;y prendre. Partir \u00e0 la recherche de r\u00e9cits et les enregistrer constitue une d\u00e9marche importante \u00e0 entreprendre mais qui ne correspond pas forc\u00e9ment au cin\u00e9ma que je pratique. L\u2019id\u00e9e d\u2019int\u00e9grer des portraits de m\u00e8res dans le film m\u2019a pouss\u00e9 \u00e0 y aller. D&rsquo;habitude, je ne vais pas sp\u00e9cialement vers des documentaires qui mettent la parole autant en avant. Ici, je savais que la parole serait la mati\u00e8re m\u00eame du film. Pour \u00eatre all\u00e9 un peu en Afrique et m\u2019\u00eatre int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 certains photographes du continent, j\u2019avais remarqu\u00e9 que les Africains affectionnent particuli\u00e8rement l\u2019art de la pause. J&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9aliser des portraits dans la plus grande \u00e9pure avec trois ou quatre valeurs de cadrage et de d\u00e9velopper un dispositif qui permet une \u00e9coute la plus large et la plus disponible possible.<\/p>\n<p><strong>Esth\u00e9tiquement parlant, il y a quelque chose de tr\u00e8s proche de la photographie. Aussi, il est int\u00e9ressant de constater que les personnes que vous interviewez sont ma\u00eetres du discours qu\u2019elles fournissent.<\/strong><\/p>\n<p>Selon les informations que j\u2019avais eues et la mati\u00e8re qui avait \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9e par Andr\u00e9 Versaille, j\u2019ai \u00e9tabli une structure de r\u00e9cit et une forme de chronologie. Avant de filmer, nous\u00a0 rencontrions ces femmes et nous passions du temps avec elles. Pas \u00e9norm\u00e9ment, car le tournage a eu lieu sur une dur\u00e9e tr\u00e8s courte. Ce qui \u00e9tait mieux car il s&rsquo;agissait l\u00e0, d&rsquo;une douloureuse \u00e9preuve pour ces femmes. G\u00e9n\u00e9ralement quand nous arrivions, nous faisions connaissance et nous \u00e9tablissions par la suite le cadrage. Je parlais beaucoup avec elles et Samuel, mon assistant, traduisait mes propos simultan\u00e9ment. Je souhaitais qu\u2019elles regardent la cam\u00e9ra car de cette fa\u00e7on-l\u00e0, elles regardaient le spectateur et elles s\u2019adressaient directement \u00e0 nous. D\u2019autre part, je leur soumettais aussi une structure de r\u00e9cit \u00e0 chacune en leur demandant qu&rsquo;elles la suivent minutieusement. Cette structure a \u00e9t\u00e9 \u00e9nonc\u00e9e une \u00e0 deux fois avant le tournage. De cette mani\u00e8re, chaque t\u00e9moignage suit la m\u00eame chronologie. Je voulais que le film soit un montage chorale afin qu&rsquo;elles puissent parler au nom des autres et de ce celles qui n\u2019ont pas la force de t\u00e9moigner. Elles donnent le sentiment de ma\u00eetriser parfaitement leur discours mais c\u2019est aussi gr\u00e2ce \u00e0 cette construction qui fait que le r\u00e9cit est \u00e0 la fois tr\u00e8s tendu et rythm\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Rwanda-la-vie-apr\u00e8s-2-\u00a9-Benoit-Dervaux-e1418936076729.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-698\" src=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Rwanda-la-vie-apr\u00e8s-2-\u00a9-Benoit-Dervaux-e1418936076729.jpg\" alt=\"Rwanda, la vie apr\u00e8s 2- \u00a9 Benoit Dervaux\" width=\"700\" height=\"700\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>Comment se sont d\u00e9roul\u00e9es la rencontre et la collaboration avec Godelieve Mukarasie \u00e0 qui vous d\u00e9diez ce film ?<\/strong><\/p>\n<p>Andr\u00e9 Versaille a pu rentrer en contact avec ces femmes Tutsi gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;association Sevota que dirige Godelieve Mukarasie. C\u2019est une personne \u00e0 qui on d\u00e9die le film et elle fait un\u00a0 travail tout-\u00e0-fait formidable sur la parole. Elle \u00e9tait l\u00e0 en support psychologique pour chaque femme qui a eu le courage de revenir devant la cam\u00e9ra pour expliquer son v\u00e9cu. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 elle que le film \u00e0 \u00e9t\u00e9 rendu possible, gr\u00e2ce au travail de th\u00e9rapie autour de la parole qu&rsquo;elle a mis en place. Ces femmes en t\u00e9moignant se sont rendues compte qu\u2019elles n\u2019\u00e9taient pas seules et c&rsquo;est par une forme d\u2019empathie l\u2019une envers l\u2019autre qu\u2019elles arrivent \u00e0 s\u2019entraider et \u00e0 entamer un long processus de gu\u00e9rison. L\u2019association Sevota couvre tout le territoire du Rwanda. Elles se rencontrent r\u00e9guli\u00e8rement lors de rencontres et t\u00e9moignent de leur maladie et de leurs difficult\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Dans ce film, la d\u00e9marche documentaire que vous avez mis en place permet de lib\u00e9rer la parole du rescap\u00e9 et de tenter d\u2019\u00e9voquer l\u2019horreur du g\u00e9nocide. Est-ce que le r\u00e9cit de ces femmes et de leurs enfants reste encore tr\u00e8s tabou dans la soci\u00e9t\u00e9 rwandaise\u00a0 ? Y avait-il une urgence de faire ce film ?<\/strong><\/p>\n<p>Vingt ans apr\u00e8s, mon d\u00e9sir \u00e9tait de replacer l\u2019horreur du g\u00e9nocide dans une dimension contemporaine via le t\u00e9moignage de ces femmes rescap\u00e9es et de leurs enfants. Je pense qu\u2019on est dans un p\u00e9riode encore un peu creuse o\u00f9 le g\u00e9nocide est encore trop proche et trop douloureux pour qu\u2019il y ait \u00e9normement de choses qui se tournent. Les films sur la Shoa sont apparus 25 ou 30 ans apr\u00e8s la guerre. Dans la soci\u00e9t\u00e9 rwandaise, c\u2019est tr\u00e8s compliqu\u00e9 de t\u00e9moigner du g\u00e9nocide et les rescap\u00e9s n\u2019ont pas toujours la place qu\u2019ils m\u00e9ritent. Ces femmes ont effectu\u00e9 un r\u00e9el travail sur la parole gr\u00e2ce \u00e0 cette association. C\u2019est la raison pour laquelle, elles en parlent avec une certaine libert\u00e9. Bien entendu, c\u2019est encore tr\u00e8s douloureux pour elles de revenir sur ce qui leur est arriv\u00e9. J\u2019ai film\u00e9 avec une traduction simultan\u00e9e et personnellement, j\u2019\u00e9tais \u00e0 chaque fois retourn\u00e9 d\u2019entendre ce que j\u2019entendais.<\/p>\n<p><strong>Les m\u00e8res que vous filmez avaient d\u00e9j\u00e0 pu t\u00e9moigner face cam\u00e9ra \u00e0 d\u2019autres moments ?<\/strong><\/p>\n<p>Elles l\u2019avaient fait devant le cam\u00e9scope d\u2019Andr\u00e9 Versaille et d&rsquo;une traductrice. En tant que professionnel, je me suis engag\u00e9 \u00e0 devenir le d\u00e9positaire de cette parole et de faire en sorte qu\u2019elle soit entendue de fa\u00e7on beaucoup large. Elles ont compris qu\u2019il y avait derri\u00e8re notre attitude une volont\u00e9 de faire un film et que nous nous engagions \u00e0 porter cette parole. Il y a un c\u00f4t\u00e9 beaucoup plus officiel et professionnel lorsque l&rsquo;on met en place une perche et un c\u00e9r\u00e9monial autour du cadrage avec un drap blanc que l&rsquo;on pend pour renvoyer la lumi\u00e8re et des droits noirs que l&rsquo;on \u00e9pingle pour retenir d&rsquo;autres. Il y avait un travail d\u2019image et de r\u00e9alisation qui devenait \u00e9vident avec les consignes sur la chronologie du r\u00e9cit \u00e0 respecter. Il ne s\u2019agissait pas de venir recueillir des images avec l\u2019id\u00e9e qu\u2019on en fera peut-\u00eatre quelque chose plus tard. Elles \u00e9taient engag\u00e9es dans un film et en elles en \u00e9taient totalement conscientes.<\/p>\n<p><strong>Cette relation de confiance a-t-elle pu s\u2019installer rapidement ?<\/strong><\/p>\n<p>Ces femmes sont tr\u00e8s peu reconnues au Rwanda et sont conscientes du peu de reconnaissance de leur statut de rescap\u00e9es. Godelieve les a convaincues de l\u2019importance de cette parole. La confiance s\u2019est aussi install\u00e9e par l\u2019enjeu du film et par tout ce que j\u2019ai pu dire qui \u00e9tait traduit simultan\u00e9ment par Samuel.<\/p>\n<p><strong>Quel est votre regard sur le documentaire qui raconte le g\u00e9nocide au Rwanda ? Y a-t-il a des films qui vous ont marqu\u00e9 ou ont \u00e9t\u00e9 d\u2019une grande importance dans votre travail ?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a surtout la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre <em>Rwanda 94<\/em>. Les films sur le Rwanda, il n\u2019y en a pas \u00e9norm\u00e9ment. Je ne les ai pas tous vus d\u2019ailleurs. Je pense que chaque film tourn\u00e9 au Rwanda est important. Je voulais faire quelque chose de tr\u00e8s epur\u00e9 et de tr\u00e8s simple sur la parole qui est le personnage principal du film.<\/p>\n<p><strong>Est-ce que le film sera \u00e9galement diffus\u00e9 au Rwanda ?<\/strong><\/p>\n<p>On voulait qu\u2019il le soit. Je pensais y aller en septembre mais je n\u2019ai pas pu. Le film a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 Godelieve qui l\u2019a montr\u00e9 aux femmes et les retours sont tr\u00e8s positifs. Le film a \u00e9galement tourn\u00e9 dans d\u2019autres associations du pays. Nous sommes au tout d\u00e9but de son exploitation. On voulait qu&rsquo;il soit projet\u00e9 au Rwanda dans les meilleures conditions possibles. Finalement, les choses se sont faites de mani\u00e8re informelle et j\u2019imagine que le mieux serait que les Rwandais s\u2019emparent du film et le fassent circuler eux-m\u00eames. J\u2019esp\u00e8re qu\u2019il circulera longtemps au Rwanda et j\u2019esp\u00e8re aussi retourner pour voir Godelieve et ces femmes et en parler avec elles.<\/p>\n<p><strong>Le film s&rsquo;ouvre avec des images qui nous \u00e9voquent l\u2019horreur du g\u00e9nocide et son histoire. Il y a d&rsquo;ailleurs eu tr\u00e8s peu d&rsquo;images prises au moment du drame.<\/strong><\/p>\n<p>Les trois-quatre derniers jours de tournage, les r\u00e9cits \u00e9tant termin\u00e9s, j\u2019ai voulu me rendre dans les m\u00e9moriaux. Je n\u2019ai pas pu tous les faire car ils sont nombreux. Je suis all\u00e9 au m\u00e9morial de Kigali qui comm\u00e9more tous les g\u00e9nocides, pas uniquement le g\u00e9nocide au Rwanda. J\u2019ai tourn\u00e9 ces images qui sont celles de ce m\u00e9morial. Le lendemain, j\u2019ai visit\u00e9 l\u2019\u00e9glise qui ouvre le film. Je n\u2019ai pas pu imm\u00e9diatement filmer car j\u2019\u00e9tais trop boulevers\u00e9 et je suis retourn\u00e9 le jour d&rsquo;apr\u00e8s. Il me semblait important d\u2019amener ces images qui agissent plut\u00f4t comme r\u00e9miniscences de l\u2019horreur. Au Rwanda, tout est impr\u00e9gn\u00e9 de ce drame et le statut de ces images flout\u00e9es \u00e9tait une fa\u00e7on de ramener les images m\u00e9diatiques du Rwanda dans une forme de r\u00e9miniscence de ces drames. C\u2019est une m\u00e9moire qui est lointaine mais qui est aussi toujours tr\u00e8s pr\u00e9gnante. Pour moi, ces images devaient avoir un statut diff\u00e9rent des images que je tournais, elles devaient \u00eatre plus lointaines. Par ailleurs, les images sur le g\u00e9nocide, il y en a tr\u00e8s tr\u00e8s peu. Le pays s\u2019est vid\u00e9 de tous les photographes. Je sais qu\u2019il y a eu quelques photographes qui sont rest\u00e9s comme Sebasti\u00e3o Salgado. Il y a tr\u00e8s peu d\u2019images. Je ne voulais pas non plus rentrer dans quelque chose de trop connu au niveau de l\u2019horreur.<\/p>\n<p><strong>Votre documentaire est aussi un appel lanc\u00e9 par rapport aux viols syst\u00e9matiques qui existent dans de nombreuses r\u00e9gions du monde, notamment au Congo, pays voisin du Rwanda.<br \/>\n<\/strong><br \/>\nD\u00e9passer le strict cadre du g\u00e9nocide \u00e9tait le d\u00e9sir premier notamment avec le t\u00e9moignage des enfants qui sont n\u00e9s d\u2019un viol. Le viol comme arme de guerre a lieu dans beaucoup de r\u00e9gions et c\u2019est tout \u00e0 fait important d\u2019en parler et de le d\u00e9noncer. Les femmes du film parlent aussi au nom des autres femmes qui ne sont pas rwandaises.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Rwanda-la-vie-apr\u00e8s-1-\u00a9-Jean-Thom\u00e9-e1418935823971.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-693\" src=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Rwanda-la-vie-apr\u00e8s-1-\u00a9-Jean-Thom\u00e9-e1418935823971.jpg\" alt=\"Rwanda, la vie apr\u00e8s 1- \u00a9 Jean Thom\u00e9\" width=\"700\" height=\"467\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>Comment s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e l\u2019introduction des t\u00e9moignages des enfants ? La chronologie durant le tournage devait \u00eatre minutieusement respect\u00e9e.<br \/>\n<\/strong><br \/>\nLes deux premiers jours nous avons rencontr\u00e9 les femmes. Nous nous sommes retrouv\u00e9s dans un endroit pour manger et passer un moment ensemble Nous avions beaucoup correspondu avec Godelieve avant le tournage et les femmes savaient qu&rsquo;il \u00e9tait fondamental pour moi de filmer les enfants. Certains d\u2019entre-eux n\u2019ont pas voulu. D\u2019autres ont accept\u00e9 naturellement. Ils sont dans un processus de d\u00e9couverte de la v\u00e9rit\u00e9 qui est beaucoup plus r\u00e9cent contrairement \u00e0 leur m\u00e8re. Les m\u00e8res ont pu mettre depuis quelques ann\u00e9es, leur affects un peu de c\u00f4t\u00e9 pour pouvoir parler du g\u00e9nocide avec un certain d\u00e9tachement. Les enfants connaissent la v\u00e9rit\u00e9 depuis peu. Ils sont dans le d\u00e9but d\u2019un processus. Pour ce qui est de leur t\u00e9moignage, nous n\u2019avions pas vraiment une structure de r\u00e9cit comme pour les femmes. Nous avons un peu plus improvis\u00e9 et c&rsquo;est ce qui fait, selon moi, la force de leurs propos.<\/p>\n<p><strong>Propos recueillis par Aur\u00e9lie Ghalim<\/strong><\/p>\n<p>R\u00e9alisation : Beno\u00eet Dervaux<br \/>\nSc\u00e9nario : Beno\u00eet Dervaux et Andr\u00e9 Versaille<br \/>\nImage : Beno\u00eet Dervaux<br \/>\nSon : Jean Thom\u00e9<br \/>\nMontage image : Jean Thom\u00e9<br \/>\nMontage son : Beno\u00eet De Clerck<\/p>\n<p>Production : Julie FRERES \/ DERIVES<br \/>\nCoproduction &#8211; RTBF \/ Unit\u00e9 de Programmes documentaires, WIP \/ Wallonie Image Production, Carpe Diem Icare<br \/>\nAvec l&rsquo;aide du Centre du Cin\u00e9ma et de l&rsquo;Audiovisuel de la F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles et du Parlement francophone bruxellois<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le film <i>Rwanda, la vie apr\u00e8s \u2013 Paroles de m\u00e8res<\/i> de l&rsquo;\u00e9diteur Andr\u00e9 Versaille et du r\u00e9alisateur Beno\u00eet Dervaux dresse le portrait de six femmes Tutsi. 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