{"id":965,"date":"2015-06-16T10:51:47","date_gmt":"2015-06-16T10:51:47","guid":{"rendered":"https:\/\/gsara.tv\/causes\/?p=965"},"modified":"2015-07-14T13:30:43","modified_gmt":"2015-07-14T13:30:43","slug":"se-loger-devient-privilege","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.causestoujours.be\/se-loger-devient-privilege\/","title":{"rendered":"Quand se loger devient un privil\u00e8ge"},"content":{"rendered":"<p><strong>Nous sommes tous au fait de l\u2019augmentation consid\u00e9rable des prix de l\u2019immobilier. \u00c0 l\u2019heure actuelle, il est tr\u00e8s difficile pour une famille \u00e0 faibles revenus de pouvoir se payer un logement d\u00e9cent en ville sans y consacrer la majeure partie de son salaire. Pour en savoir plus sur la crise du logement \u00e0 Bruxelles, nous avons rencontr\u00e9 Thomas Dawance, charg\u00e9 de projet au sein de l\u2019asbl Community Land Trust Bruxelles (CLTB) depuis sa cr\u00e9ation en d\u00e9cembre 2012. Cette association donne la possibilit\u00e9 aux personnes avec peu de moyens de devenir propri\u00e9taires en s\u00e9parant la valeur fonci\u00e8re de la valeur du b\u00e2ti d\u2019un bien. Thomas Dawance s\u2019occupe plus particuli\u00e8rement de la coordination du premier projet du CLT : \u201cLe Nid\u201d qui concerne la r\u00e9novation de 7 logements basse \u00e9nergie d\u2019un immeuble situ\u00e9 \u00e0 Anderlecht. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Le GSARA a suivi de pr\u00e8s l&rsquo;\u00e9volution du projet CLTB avec notamment la r\u00e9alisation de deux films : <em>Terrain \u00e0 NE PAS vendre<\/em> et <em>Comme un escargot<\/em>&#8230;L&rsquo;interview de Thomas Dawance sur la crise du logement est compl\u00e9t\u00e9e par une partie d\u00e9di\u00e9e au travail filmique autour du Community Land Trust de Bruxelles.<\/strong><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/95494996\" width=\"720\" height=\"405\" frameborder=\"0\" title=\"Le Community Land Trust Bruxellois - Une terre partag&eacute;e pour un habitat responsable\" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p><em><strong>Pourquoi est-il plus difficile aujourd\u2019hui de devenir propri\u00e9taire \u00e0 Bruxelles ?<\/strong> <\/em><\/p>\n<p>La crise du logement est principalement due \u00e0 l\u2019augmentation des prix de l\u2019immobilier. Ces derniers ont pratiquement quadrupl\u00e9 entre 1994 et 2014, m\u00eame si la tendance s\u2019est un tout petit peu affaiblie depuis le d\u00e9but de la crise en 2008. Parall\u00e8lement \u00e0 cela, on assiste \u00e0 une stagnation et m\u00eame parfois \u00e0 une diminution des revenus des m\u00e9nages. Il y a un foss\u00e9 de plus en plus grand qui se creuse entre ces deux param\u00e8tres. On constate que la part du revenu des m\u00e9nages utilis\u00e9e pour se loger (en prenant en compte le loyer, la garantie locative, l\u2019assurance, les petits frais d\u2019entretien et surtout les charges \u00e9nerg\u00e9tiques) peut atteindre 60% \u00e0 70% chez les plus pauvres. Le Rassemblement Bruxellois pour le Droit \u00e0 l\u2019Habitat (RBDH) estime que pr\u00e8s de 30% de la population bruxelloise se retrouve dans cette situation. La crise du logement se traduit par l&rsquo;impossibilit\u00e9 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des prix corrects. Il est \u00e9galement tr\u00e8s difficile pour une personne \u00e0 faibles revenus de convaincre une banque de lui pr\u00eater de l\u2019argent. On ne pr\u00eate qu\u2019aux riches en temps de crise&#8230;<\/p>\n<p><em><strong>Quelles sont les initiatives, selon vous, qui pourraient mener \u00e0 une disparition de la crise du logement ou en tout cas \u00e0 une am\u00e9lioration de la situation ?<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Selon les tendances politiques, le type de r\u00e9ponse diff\u00e8re. En g\u00e9n\u00e9ral, il y a deux grandes visions. La gauche a plut\u00f4t tendance \u00e0 dire qu\u2019il faut produire plus de logements sociaux et les encadrer. Selon elle, si l&rsquo;on construit un plus grand nombre de logements publics, cela entra\u00eenera, par contagion, une diminution des prix du march\u00e9. Cette solution a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e, par exemple, aux Pays-Bas. Une proposition qui se heurte cependant \u00e0 plusieurs probl\u00e8mes: le manque de ressources fonci\u00e8res \u00e0 Bruxelles, le co\u00fbt de r\u00e9habilitation, le peu de terrains \u00e0 b\u00e2tir qu\u2019il reste dans notre capitale et le refus des habitants des communes ais\u00e9es de voir des logements sociaux se construire \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de chez eux. Les politiques de droite, de leur c\u00f4t\u00e9, ne sont pas favorables \u00e0 la r\u00e9gulation du march\u00e9 du logement. Pour elles, il s\u2019agit d\u2019un probl\u00e8me de revenus et d\u2019accessibilit\u00e9 et d\u00e9clarent qu\u2019il ne faut pas pour autant stigmatiser les propri\u00e9taires. Leur solution est de donner individuellement des moyens suppl\u00e9mentaires aux m\u00e9nages en octroyant aux plus pauvres un ch\u00e8que logement ou une allocation de loyer qui permettrait de faire diminuer le montant de leur loyer.<\/p>\n<p><em><strong>Quel est votre avis personnel sur la question ?<\/strong><\/em><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Pour moi, la solution id\u00e9ale serait d\u2019arriver \u00e0 un encadrement des loyers et \u00e0 une r\u00e9gulation du march\u00e9. Il faut \u00e0 la fois exiger des propri\u00e9taires, des standards de qualit\u00e9 et des crit\u00e8res de prix. Pour y arriver, soit on bloque les loyers et on emp\u00eache l\u2019augmentation des prix, soit on donne des incitants fiscaux aux propri\u00e9taires qui mettent leurs biens en location \u00e0 bas prix. L\u2019encadrement des loyers est une mesure r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9voqu\u00e9e en politique mais elle n\u2019a jamais vraiment \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre. Des blocages de loyers ont cependant d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s mais n\u2019ont pas vraiment emp\u00eacher l\u2019augmentation des prix. De plus, cela permettait aux propri\u00e9taires qui pratiquaient d\u00e9j\u00e0 des prix bien trop \u00e9lev\u00e9s de continuer dans cette direction et les bailleurs qui louaient leur bien \u00e0 tr\u00e8s bas prix se retrouvaient en difficult\u00e9. Fondamentalement, encadrer les loyers et produire plus de logements constitue les deux pistes les plus souhaitables.<\/p>\n<p class=\"western\"><em><b>Est-il indispensable de devenir propri\u00e9taire aujourd\u2019hui ?<\/b><\/em><\/p>\n<p class=\"western\">C\u2019est un grand d\u00e9bat culturel. On dit souvent que le belge a une brique dans le ventre. Ce proverbe ne s\u2019applique peut-\u00eatre pas tellement \u00e0 Bruxelles mais plut\u00f4t \u00e0 la Wallonie et \u00e0 la Flandre o\u00f9 pratiquement 80% \u00e0 90% des m\u00e9nages sont propri\u00e9taires. A Bruxelles, on recense entre 50% et 55% de propri\u00e9taires. Il est important dans une ville de pouvoir se loger dignement et avec une certaine flexibilit\u00e9. Or, pour beaucoup de m\u00e9nages et plus particuli\u00e8rement pour des m\u00e9nages immigr\u00e9s ou d\u2019origine immigr\u00e9e, la situation est diff\u00e9rente. Ils sont d\u2019ailleurs les premi\u00e8res victimes du march\u00e9 locatif en louant les logements de moins bonne qualit\u00e9 \u00e0 des prix plus \u00e9lev\u00e9s. Le march\u00e9 locatif est devenu tellement dur que beaucoup de ces familles ont cherch\u00e9 \u00e0 pouvoir acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9. Depuis les ann\u00e9es 1980, les principaux m\u00e9nages \u00e0 acqu\u00e9rir un bien sont soit belges d\u2019origine marocaine soit turque (ce qui repr\u00e9sente les deux communaut\u00e9s extra-europ\u00e9ennes les plus repr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 Bruxelles). Malheureusement, il devient quasi impossible aujourd&rsquo;hui pour ces m\u00e9nages d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 puisque les prix ont augment\u00e9 de mani\u00e8re exponentielle. Cependant, si certaines personnes d\u00e9cident d\u2019acqu\u00e9rir un bien tellement cher en \u00e9tant oblig\u00e9s d&rsquo;y habiter dans de mauvaises conditions et sans pouvoir le r\u00e9nover, on pourrait \u00e0 ce moment penser qu\u2019il est pr\u00e9f\u00e9rable de mettre l\u2019accent sur du locatif de bonne qualit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"western\"><em><strong>Quels sont les avantages \u00e0 devenir propri\u00e9taire ?<\/strong><\/em><\/p>\n<p class=\"western\">Premi\u00e8rement, la propri\u00e9t\u00e9 nous permet d\u2019\u00e9pargner. Le CLT milite pour que les personnes les plus pauvres aient \u00e9galement le droit de constituer une \u00e9pargne. Cependant, on voit que dans l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9, il y a des tas de difficult\u00e9s. Actuellement, les m\u00e9nages sont beaucoup plus mouvants : il y a plus de s\u00e9parations et de m\u00e9nages recompos\u00e9s. Des personnes se retrouvent dans le locatif parce que leur situation sociale et familiale est instable. Il faudrait trouver des solutions pour que la notion de propri\u00e9t\u00e9 s\u2019adapte \u00e0 ces r\u00e9alit\u00e9s. Aussi, l\u2019id\u00e9e de pouvoir devenir propri\u00e9taire, d\u2019avoir la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9pargner, de pouvoir s\u2019impliquer dans un projet de vie sont des choses tr\u00e8s positives et tr\u00e8s structurantes pour l\u2019individu. On s\u2019approprie beaucoup plus facilement un logement en propri\u00e9t\u00e9. On le choisit, l\u2019ach\u00e8te, le r\u00e9nove, alors que dans le logement social, apr\u00e8s une longue attente, on nous attribue un logement et c\u2019est \u00e0 prendre ou \u00e0 laisser.<\/p>\n<p class=\"western\"><a href=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt5.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-large wp-image-1022\" src=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt5-1024x640.png\" alt=\"clt5\" width=\"720\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt5-1024x640.png 1024w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt5-300x188.png 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt5-210x131.png 210w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt5.png 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"western\"><em><strong>Comment se positionne le CLT par rapport aux logements sociaux ?<\/strong><\/em><\/p>\n<p class=\"western\">Entre les ann\u00e9es 1910 et les ann\u00e9es 1970, on a construit un tr\u00e8s grand nombre de logements sociaux. \u00c0 partir des ann\u00e9es 1980-1990, la tendance a fortement diminu\u00e9. Entre 2000 et 2009, on a construit 338 nouveaux logements sociaux dans toute la r\u00e9gion. Le priv\u00e9 en produit 2500 par an\u00a0! En Europe, la tendance lib\u00e9rale ou n\u00e9o-lib\u00e9rale des march\u00e9s\u00a0 cherche \u00e0 tout privatiser y compris le logement social. On souhaite attirer la classe moyenne et d\u00e9porter le probl\u00e8me de la pauvret\u00e9 sans le traiter r\u00e9ellement. Le CLT milite pour que dans un march\u00e9 lib\u00e9ralis\u00e9, nous essayions de conserver une ma\u00eetrise fonci\u00e8re.<\/p>\n<p>Cependant, le CLT questionne le logement social sur principalement deux points. Premi\u00e8rement, dans le social, on offre l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un logement \u00e0 prix mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 des m\u00e9nages qui se retrouvent dans le besoin. N\u00e9anmoins, ils payent un loyer dont ils ne r\u00e9cup\u00e9reront jamais un centime et ne peuvent pas constituer une v\u00e9ritable \u00e9pargne. Bien qu\u2019ils n&rsquo;allouent plus 70% de leurs revenus dans leur loyer, la mobilit\u00e9 r\u00e9sidentielle reste tr\u00e8s compliqu\u00e9e. Quand on vit dans un logement social, on y reste. Cependant, le pr\u00e9c\u00e9dent Ministre du logement a impos\u00e9 que l&rsquo;on v\u00e9rifie tous les 9 ans les conditions d\u2019attribution du logement social. Le CLT s&rsquo;assure que l\u2019hypoth\u00e8que \u00e0 rembourser corresponde plus ou moins \u00e0 un loyer social. Il permet aux acheteurs de r\u00e9aliser la m\u00eame \u00e9conomie au quotidien que s\u2019ils occupaient un logement public. Lors de la vente, ces m\u00e9nages ne recouvreront pas enti\u00e8rement la plus-value mais ils r\u00e9cup\u00e9reront au moins leur investissement. Il ne s\u2019agit plus d\u2019un loyer perdu.\u00a0 De plus, le principe du CLT permet aux h\u00e9ritiers de r\u00e9cup\u00e9rer un bien ce qui n\u2019est pas le cas dans le logement social.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, dans le logement social, ce sont des soci\u00e9t\u00e9s qui construisent les logements et qui les mettent \u00e0 disposition du public selon une liste anonyme. Il y a 44 000 personnes sur la liste d\u2019attente et 39 000 logements sociaux. Ces anonymes ne participent pas du tout \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de l\u2019habitat dans lequel ils vont vivre. Au CLT, une fois qu\u2019on a identifi\u00e9 un endroit \u00e0 r\u00e9nover ou un terrain, on \u00e9labore un programme de base. Toutes les personnes inscrites sur notre liste d\u2019attente ont particip\u00e9 aux assembl\u00e9es annuelles, ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9pargn\u00e9 et se sont vus offrir des formations pour se pr\u00e9parer \u00e0 l\u2019esprit de conception et d\u2019application collective dans leur habitat. Elles vont ensuite participer au choix de l\u2019architecte, de celui de l\u2019entreprise, aux d\u00e9cisions et au suivi de chantier. Au final, lorsqu&rsquo;elles arrivent r\u00e9ellement dans le projet, elles se connaissent d\u00e9j\u00e0, des amiti\u00e9s se sont form\u00e9es. Ces personnes ont atteint une maturit\u00e9 collective et peuvent prendre des d\u00e9cisions ensemble. Le CLT propose une esp\u00e8ce de partenariat public\/priv\u00e9 un peu original o\u00f9 les propri\u00e9taires viennent avec une partie de l\u2019investissement et o\u00f9 le pouvoir public finance seulement une partie du projet qui correspond \u00e0 l\u2019achat du sol.<\/p>\n<p class=\"western\"><em><strong>Avec la naissance d\u2019initiatives comme le CLTB, n\u2019assiste-t-on pas \u00e0 une d\u00e9responsabilisation de l\u2019\u00c9tat et \u00e0 une diminution du nombre de logements sociaux construits ?<\/strong><\/em><\/p>\n<p class=\"western\">Je pense qu&rsquo;il est important de pouvoir s\u2019investir pleinement dans un projet d\u2019habitat mais une initiative comme le CLT ne fonctionnerait de toute fa\u00e7on pas sans le Fonds du Logement. L\u2019\u00c9tat est encore tr\u00e8s pr\u00e9sent puisqu\u2019il permet, via cette soci\u00e9t\u00e9 subsidi\u00e9e, \u00e0 des personnes \u00e0 faibles revenus d\u2019emprunter alors que les banques priv\u00e9es, dans 95% des cas, ne leur pr\u00eateraient pas d\u2019argent. On reste dans une politique tr\u00e8s encadr\u00e9e. Certains diront m\u00eame que le CLT co\u00fbte cher. Forc\u00e9ment, on a laiss\u00e9 les prix flamber et si le CLT veut acheter des terrains pour construire, il doit s&rsquo;adapter au prix du foncier et de la construction actuelle. Le but est de pouvoir sortir des pi\u00e8ges du logement social qui est peut-\u00eatre, \u00e0 certains moments, un peu trop paternaliste \u00e0 savoir qu&rsquo;il constitue une r\u00e9ponse pour le pauvre, jusqu\u2019\u00e0 la fin de ses jours, et recommence le travail avec les suivants sans qu\u2019il y ait une r\u00e9elle possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9mancipation. Lorsque le CLT ach\u00e8te des terrains, il se compromet \u00e0 ne jamais les remettre aux logiques du march\u00e9. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une politique de ma\u00eetrise fonci\u00e8re au m\u00eame titre que celle du logement social qui est un logement d\u00e9tenu et ma\u00eetris\u00e9 par les pouvoirs publics. N\u00e9anmoins, les autorit\u00e9s revendent certains de ces logements sociaux et d\u00e9construisent compl\u00e8tement leur politique. Le CLT constitue une meilleure garantie afin d&rsquo;obtenir l&rsquo;implication du pouvoir politique sans pour autant qu&rsquo;elle soit totale : le conseil d\u2019administration du CLT est en effet compos\u00e9 des b\u00e9n\u00e9ficiaires du projet, de personnes du quartier et des autorit\u00e9s publiques (chaque acteur d\u00e9tient un tiers du pouvoir de d\u00e9cision). De plus, le CLT est cens\u00e9 co\u00fbter moins cher puisque les propri\u00e9taires am\u00e8nent eux-m\u00eames directement une partie de l\u2019investissement et peuvent continuer \u00e0 investir s\u2019ils en ont les moyens. Dans le logement social, tout restera toujours \u00e0 charge de la soci\u00e9t\u00e9. Les soci\u00e9t\u00e9s de logement social ont d\u2019ailleurs, dans les 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, perdu leur capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9nover et \u00e0 construire.<\/p>\n<p class=\"western\"><a href=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt6.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-large wp-image-1023\" src=\"https:\/\/gsara.tv\/causes\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt6-1024x640.png\" alt=\"clt6\" width=\"720\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt6-1024x640.png 1024w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt6-300x188.png 300w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt6-210x131.png 210w, https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/clt6.png 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"western\"><em><strong>Pensez-vous que le projet du CLT pourra continuer \u00e0 s\u2019\u00e9tendre et devenir de plus en plus r\u00e9pandu dans le secteur de l\u2019immobilier ?<\/strong><\/em><\/p>\n<p class=\"western\">C\u2019est ce que l\u2019on esp\u00e8re. La crise du logement s\u2019accro\u00eet tellement qu\u2019on a des chances de s\u2019\u00e9tendre. Il y a 5 ou 6 ans quand on a d\u00e9velopp\u00e9 l\u2019id\u00e9e, on nous prenait pour des fous en nous disant que ce mod\u00e8le anglo-saxon ne pouvait pas s\u2019appliquer \u00e0 notre r\u00e9alit\u00e9. Aujourd\u2019hui, tous les secteurs qui touchent \u00e0 l\u2019immobilier commencent \u00e0 comprendre l\u2019int\u00e9r\u00eat de la ma\u00eetrise fonci\u00e8re \u00e0 long terme, l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019impliquer les habitants et l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019avoir des outils anti-sp\u00e9culatifs \u00e0 la revente. Si on arrive \u00e0 mener nos premiers projets \u00e0 terme, nous serons sans doute davantage soutenus. Cependant, nous avons tout de m\u00eame d\u00e9velopp\u00e9 un mod\u00e8le qui est fort d\u00e9pendant des pouvoirs publics : nos subsides sont publics et c\u2019est ce qui nous fragilise. Si, \u00e0 un moment donn\u00e9, un parti politique au pouvoir nous dit d\u2019arr\u00eater, nous aurons de gros probl\u00e8mes de financement. Cela d\u00e9pendra des objectifs politiques de notre gouvernement et pas uniquement de la pertinence de notre projet.\u00a0 Aujourd\u2019hui, je\u00a0 suis \u00e0 moit\u00e9 rassur\u00e9 lorsque le gouvernement dans sa d\u00e9claration de l\u2019an dernier souhaitait r\u00e9\u00e9valuer le Community Land Trust et \u00e9ventuellement transf\u00e9rer le dispositif au Fond du Logement ou \u00e0 Citydev. Le CLT appara\u00eet comme une vraie alternative possible et d\u2019ailleurs, il est rare que des alternatives soient autant soutenues publiquement. J\u2019esp\u00e8re que la confiance du gouvernement va \u00eatre maintenue car c&rsquo;est gr\u00e2ce aux moyens publics qu\u2019on peut r\u00e9investir les politiques.<\/p>\n<p class=\"western\"><strong>Propos recueillis par Oph\u00e9lie Marcil.\u00a0<\/strong><\/p>\n<h1 class=\"western\"><strong>Le Community Land Trust de Bruxelles \u00e0 l&rsquo;image<br \/>\n<\/strong><\/h1>\n<p>Le premier film, <em>Terrain \u00e0 NE PAS vendre<\/em> (r\u00e9alis\u00e9 et produit par le GSARA en 2013), diffus\u00e9 lors des journ\u00e9es portes ouvertes du projet en 2013, reprend les premi\u00e8res \u00e9tapes du projet du Community Land Trust, in\u00e9dit \u00e0 Bruxelles. Offrant un aper\u00e7u de la r\u00e9alisation de cette initiative participative dans laquelle collaborent activement les associations et les familles qui deviendront propri\u00e9taires, le film permet de faire d\u00e9couvrir une alternative prometteuse pour la probl\u00e9matique du logement \u00e0 Bruxelles. Il nous montre qu\u2019un logement accessible \u00e0 tous, avec une gestion participative, adapt\u00e9e aux enjeux urbains et \u00e9conomiquement viable est possible.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/86315122\" width=\"500\" height=\"273\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/vimeo.com\/86315122\">Terrain \u00e0 NE PAS vendre &#8211; Community Land Trust \u00e0 Bruxelles<\/a> from <a href=\"https:\/\/vimeo.com\/user7842091\">GSARA asbl<\/a> on <a href=\"https:\/\/vimeo.com\">Vimeo<\/a>.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me film, <em>Comme un escargot<\/em> (r\u00e9alis\u00e9 et produit par le GSARA en 2014), pr\u00e9sente la suite du projet et suit les familles qui participent \u00e0 cette merveilleuse aventure, fruit de la pers\u00e9v\u00e9rance et de la motivation de chacun des intervenants. Le film accompagne ces futurs habitants dans leur chemin pour acc\u00e9der \u00e0 un logement. Des paroles qui naissent du v\u00e9cu, de la pr\u00e9carit\u00e9 et de l\u2019isolement \u00e0 l\u2019espoir et l\u2019envie de construire un avenir commun. Un film pens\u00e9 comme un outil pour les mal-log\u00e9s, le monde politique et associatif. Un message pour tous les habitants plac\u00e9 dans un bouteille jet\u00e9e dans ce d\u00e9sert de b\u00e9ton qu\u2019est la ville o\u00f9 les oasis ne sont pas toujours des mirages. A l\u2019occasion du passage en Belgique de John Davis, expert des Community Land Trusts aux \u00c9tats-Unis, ce film a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 lors d\u2019une soir\u00e9e d\u00e9di\u00e9e \u00e0 ce mod\u00e8le de logement innovant, ouverte au grand public, et organis\u00e9e par le CLTB en collaboration avec Brussels International.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/112168098\" width=\"500\" height=\"281\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/vimeo.com\/112168098\">Comme un escargot&#8230;<\/a> from <a href=\"https:\/\/vimeo.com\/user7842091\">GSARA asbl<\/a> on <a href=\"https:\/\/vimeo.com\">Vimeo<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Du point de vue de la r\u00e9alisation<\/strong>, le premier film, <em>Terrain \u00e0 NE PAS vendre<\/em>, a pour vocation d&rsquo;expliquer le fonctionnement du CLTB et son organisation. Par la suite, il \u00e9tait important de r\u00e9colter le point de vue des personnes qui subissent la crise du logement et qui d\u00e9cident de choisir l&rsquo;alternative du CLT. Elles allaient devenir les personnages principaux du deuxi\u00e8me film, <em>Comme un escargot<\/em>. Un travail d&rsquo;immersion a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 et mis en place : le r\u00e9alisateur, Benjamin Durand, s&rsquo;est rendu sans la cam\u00e9ra pour participer aux r\u00e9unions hebdomadaires du CLT dans le but d&rsquo;observer les relations qu&rsquo;entretiennent les familles entre elles, faire accepter la cam\u00e9ra et rep\u00e9rer les futurs personnages.<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de ne pas utiliser de voix off car l&rsquo;id\u00e9e \u00e9tait de plonger le spectateur dans les r\u00e9unions. Il est plus facile de provoquer un effet d&rsquo;immersion sans le off. L&rsquo;essentiel du film est rythm\u00e9 par les r\u00e9unions qui ont l&rsquo;avantage d&rsquo;expliquer le projet sans qu&rsquo;une voix ne soit n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9quipe du GSARA a suivi tout le processus afin de pr\u00e9senter un point de d\u00e9part et un point final. La t\u00e2che pouvait s&rsquo;av\u00e9rer compliqu\u00e9e car les temps sont tr\u00e8s longs, notamment celui de la construction. Le film explore \u00e0 la fois le moment symbolique de la r\u00e9union juste avant la signature du compromis de vente et le choix de l&rsquo;architecte. Il \u00e9tait important de montrer le processus et le temps cin\u00e9matographique pendant ces temps r\u00e9els. Le tournage s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 pendant pr\u00e8s de cinq mois.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous sommes tous au fait de l\u2019augmentation consid\u00e9rable des prix de l\u2019immobilier. \u00c0 l\u2019heure actuelle, il est tr\u00e8s difficile pour une famille \u00e0 faibles revenus de pouvoir se payer un logement d\u00e9cent en ville sans y consacrer la majeure partie de son salaire. Pour en savoir plus sur la crise du logement \u00e0 Bruxelles, nous avons rencontr\u00e9 Thomas Dawance, charg\u00e9 de projet au sein de l\u2019asbl Community Land Trust Bruxelles (CLTB) depuis sa cr\u00e9ation en d\u00e9cembre 2012.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":975,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[138,140,141,143,142],"class_list":["post-965","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-dialogue","tag-bruxelles","tag-community-land-trust","tag-crise-du-logement","tag-logements-sociaux","tag-proprietaire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/965","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=965"}],"version-history":[{"count":28,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/965\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1161,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/965\/revisions\/1161"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media\/975"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=965"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=965"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.causestoujours.be\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=965"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}