atelier radio – Causes Toujours https://www.causestoujours.be Blog du Trimestriel Causes Toujours Wed, 27 Jan 2016 11:12:46 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 L’atelier radio documentaire, une radio qui va dehors https://www.causestoujours.be/latelier-radio-documentaire-une-radio-qui-va-dehors/ Thu, 17 Dec 2015 18:25:16 +0000 https://gsara.tv/causes/?p=1659 Ils ont entre 18 et 21 ans, traînent sur la place d’un quartier populaire au cœur de Paris, Belleville. Ils sont livreurs de Pizza, réparateurs de vélib’, travaillent à l’hôpital. Certains trouvent des ressources dans un argent plus facile ou plus périlleux. Ils connaissent bien Patricia, la présidente de l’asso « un sourire de toi et je quitte ma mère » qui a pignon sur rue. Alors elle leur propose un deal : faire de la radio pour parler du travail, rencontrer des hommes et des femmes qui ont des métiers étonnants. Ainsi naît Radio 10, un atelier radio qui mènera ses participants jusqu’à Cluj Napocca Roumanie, à la rencontre d’ouvriers, comme l’étaient leurs parent. Ouvriers à Paris, une réalité disparue. Mais Patricia ne fait pas de radio. Elle fait alors appel à Medhi Ahoudig, réalisateur de documentaire.

Rencontre avec Medhi Ahoudig autour du projet Radio 10

Comment se passe la mise en place d’un atelier ?

Il y a deux situations de base pour initier un atelier radio. Soit tu interviens dans une institution (scolaire par exemple) et la présence des participants est obligatoire  – et alors il te faut capter leur attention – ou alors tu trouves les participants directement sur le terrain, tu formes le groupe et ça ne tient finalement qu’à l’affectif.

Ces deux situations engendrent des relations différentes. Dans le deuxième cas, qui est celui de Radio 10,  ces deux années passées à faire de la radio font que le lien perdure, que, malgré le temps qui passe, lorsqu’on se croise dans le quartier, persiste une complicité. »

En revanche cette modalité d’intervention, ce dispositif d’aller vers les gens, génère du découragement. Tu oscilles entre l’enthousiasme, né lors d’une séance qui fonctionne à merveille, et la déception du prochain rendez vous où personne ne se pointe. Et tu comprends l’absence des jeunes. Tu sais qu’au départ ils n’étaient pas forcément intéressés et qu’ils ont concrètement d’autres choses à faire.

Quel peut être l’intérêt de ces jeunes à suivre un atelier radio ? Certains entrevoient-ils la possibilité de faire de la radio leur métier ?

Ils se posent cette question et j’aurais envie de répondre : pourquoi pas ? Car je ne souhaite pas les décourager. De l’autre côté, il ne faut pas leur faire miroiter n’importe quoi. Ce travail spécifique de radio documentaire qu’ils découvrent nécessite de l’initiative, de la persévérance, ce dont ils n’ont pas l’habitude. D’ailleurs, cette volonté de les sortir de leurs habitudes faisait partie des forces motrices de l’atelier. En effet, la radio que je pratique et que j’ai envie de transmettre est une radio qui ne peut se faire qu’en se déplaçant, en allant vers l’autre.

J’essaie de partager ce qui me fait tripper dans mon métier. Et ce qui me passionne c’est aller voir des gens avec qui je ne parlerais jamais si je n’avais pas de micro.

Avec Radio 10, ça s’est notamment matérialisé par une rencontre avec une luthière, dont l’atelier est près de la place qu’ils fréquentent. C’est proche, mais pour eux, c’était comme d’aller à Honk Hong. On voulait parler du travail et ils se retrouvaient à poser des questions à cette femme qui recréait des instruments qui n’existent plus, qui a fait de sa passion son métier. Une femme qui ne travaille pas plus ce dont elle a besoin pour vivre agréablement et avoir du temps libre. Génial !

Alors dans tout ça on aborde autre chose. L’intérêt pour le sonore, l’absence d’image, comment on capte et on reconstruit le réel. On essaie de faire passer ça. Parfois ça ne marche pas. Mais c’est l’idée.

C’est ce qui t’anime ?

J’adore être confronté à cela, comment tu passes tout ça, comment leur faire voir et entendre les médias différemment, leur faire découvrir les manières de dire aux gens et puis ensuite comment on recompose. Quelle séquence initie ton propos ? Qu’est-ce qui se passe quand tu exclus telle ou telle séquence.

 

Radio 10 en Roumanie

 

La série de portraits de travailleurs a éveillé une curiosité. Quel était le travail de nos parents ? Qu’est-ce que c’était d’être ouvrier ? Comment le savoir ? On est parti en Roumanie pour aller visiter des usines, des usines qui pourraient ressembler à celles qui n’existent plus à Paris. On avait un contact sur place qui pouvait nous aider à organiser le voyage.

Le projet est magnifique, le résultat est intéressant. Sur le terrain, c’est plus sportif. On a raté des rendez-vous. On a eu des difficultés à maintenir un cadre. On a cru que le voyage pouvait être que « radio » mais ce n’était pas possible parce qu’ils n’avaient pas la capacité de concentration, qu’ils voulaient s’éclater, et que nous n’étions pas préparer à se confronter à ce besoin d’encadrement. On aurait dû s’épauler de gens qui savent gérer un groupe, ses aspects quotidiens.

On a touché les limites du dispositif, tout en découvrant une autre manière de travailler, 10 jours de rang, qui est grisante et parait plus pertinente qu’un rythme hebdomadaire parfois usant et en décalage avec la manière dont, dans les faits, on fait du documentaire.

 

 L’atelier radio documentaire, esquisse d’une méthode

 

Avec le recul pris sur cette expérience et sur de nombreux ateliers, Medhi Ahoudig en dégage des enseignements et une méthode. 

Il faut toujours garder en tête l’objectif. Le mien est d’aller à la rencontre, et l’appropriation du medium radio par les participants. C’est là qu’il faut faire très attention à l’équilibre entre le processus et le résultat. Si tu fais trop, les participants ne se reconnaissent pas dans le travail et dans la démarche et disent que c’est ton documentaire. Si tu n’interviens pas assez, pas suffisamment lorsque c’est nécessaire, le résultat peut être décevant au point qu’il renvoie une mauvaise image d’eux-mêmes aux participants.

Ensuite, il faut respecter des étapes, un parcours. Je commence toujours par des écoutes pour leur faire découvrir un type de radio qu’ils ne connaissent généralement pas.
Puis c’est la prise en main du matériel d’enregistrement et surtout la préparation d’une rencontre où ils devront au maximum travailler de manière autonome.

Enfin, j’ai vite compris que le dérushage, l’écoute de l’ensemble des enregistrements, est trop exigent pour se faire en atelier. Parfois, un participant plus assidu vient au montage mais c’est rare et c’est risquer de perdre l’attention des participants en proposant des séances de dérushage au groupe. C’est aux animateurs de dérusher seuls et de préparer un prémontage. Ensuite, on fait écouter ce prémontage et on récolte les réactions des participants.

On leur demande leur avis. Qu’en pensez-vous si on supprime cette séquence ? Si on rajoute celle-ci ? Pourrait-on commencer, finir autrement ? Qu’est-ce que cela change ? Parfois, on peut préparer une sorte de montage à choix multiple. Cela permet de mettre les participants au centre du processus, de leur faire assumer collectivement les choix de réalisations. De leur donner le final cut.

Propos recueillis par Guillaume Abgrall. 

]]>
Incarcréation, un atelier de fiction-radio en prison https://www.causestoujours.be/incarcreation-atelier-fiction-radio-en-prison/ Mon, 23 Feb 2015 15:10:01 +0000 https://gsara.tv/causes/?p=753 Un atelier de fiction radio en prison a été mené en octobre 2014 par 4 étudiantes de l’IHECS au sein de la maison d’arrêt pour femmes de Berkendael. Une histoire sonore de 15 minutes, un carnet de bord audio comme aboutissements et beaucoup d’enseignements à tirer de cette expérience enrichissante pour les détenues. Le message qu’elles ont voulu envoyer au travers des ondes : ensemble, on peut aller plus loin. Une preuve par la pratique que ce type d’action à un rôle a jouer dans le travail de réinsertion des prisonnières.

Inspirations

2013, Festival Filmer à tout prix ! Charlotte, Savina, Elise et Julie font la connaissance de Bibiana Vila Giménez. Bibiana anime Inside Jury, un projet de l’asbl Artatouille, dans lequel 4 femmes et 4 hommes détenus de la prison de Mons attribuent des prix lors des compétitions de film. Décidées à en savoir plus sur les activités proposées en prison, Bibiana les oriente vers Cécile Dethier coordinatrice de la Fondation pour l’assistance Morale des détenues. Cécile fait entrer la création en prison, notamment avec « Un pont entre deux Mondes » un atelier de chant à l’annexe psychiatrique de Forest, en collaboration avec le Théâtre Royal de la Monnaie.

Marquées par ces rencontres, les étudiantes en ASCEP (Master en animation socio-culturelle et éducation permanente) décident de consacrer leur mémoire médiatique de fin d’études à la mise en place d’un atelier radio en prison. Elles s’inscrivent alors à un cycle de formation de la Fondation pour l’assistance morale en prison dans l’optique de mieux appréhender le fonctionnement du monde carcéral. Parallèlement, elles font leurs propres recherches et trouvent des références telles que Le son de la prison1 ou Cesare Dove Morire2.

Le choix du média radio tire sa source dans son aspect pratique. Il est en effet plus facile pour des questions de sécurité de faire rentrer des micros en prison que des caméras. La radio nécessite, de surcroît, moins de matériel et de postproduction. Elle a un autre avantage, sa capacité à susciter l’imagination, à révéler l’imaginaire.

Confrontations avec le réel

Chacune à leur tour Charlotte, Elise, Julie et Savina vont participer à l’atelier chorale. Malgré les craintes de Cécile Dethier, qui connait les réticences que peuvent éprouver les détenues face à une visite d’ « étudiantes », des liens se créent par la pratique commune. « Ce sont des femmes qui pleurent, vous parlent, vous serrent dans leurs bras, se confient », explique Savina. Une série de préjugés tombent, et la nécessité d’agir se confirme, devient plus prégnante.

C’est l’heure des autorisations. Contactée en mars, la responsable de l’administration pénitentiaire s’intéresse à la proposition. Le verdict tombe en août. C’est possible, mais…à partir de 2015. Trop tard pour que l’initiative des étudiantes puissent être valorisée comme mémoire médiatique de fin d’études. La prison accède tout de même à leur requête, mais ne peut leur libérer que trois week-ends. Les séances se succéderont donc les samedis et les dimanches d’octobre sans laisser de temps aux idées de mûrir.

Il faut maintenant rejoindre les détenus. La complicité de Cécile Dethier qui tient la bibliothèque à Berkendael tous les lundis permet à un flyer de circuler, aux volontaires de s’inscrire. L’activité est menée dans le temps imparti aux religions, prend la place de l’aumônier pour les non-pratiquantes. Religion ou fiction n’est pas le seul dilemme, car le week-end est aussi le temps des visites familiales. Malgré ces freins, six femmes s’inscrivent et l’atelier peut commencer. Mais le jour J, seulement deux participantes se présentent. Déception de courte durée, puisque les détenues elles-mêmes vont réussir à remobiliser une inscrite et ouvrir la porte à une anglophone, dépassant ainsi la contrainte imposée de la connaissance du français.

Méthode et expérimentations.

À l’image de cette question linguistique qui fait son intrusion, et qui sera réglée avec beaucoup d’ingéniosité par les participantes, le déroulement de l’atelier ne suit pas le fil prévu, rapidement détourné par les propositions des détenues. La première séance est fidèle au planning : découverte de la prise de son et caractérisation des personnages. Les participantes doivent de toute manière utiliser des pseudonymes pour préserver un anonymat requis par l’administration pénitentiaire. La deuxième séance est une sensibilisation à l’écoute radiophonique. Et la troisième est celle de la prise en main de l’atelier par les participantes.

Elles décident de composer et écrire une chanson, avant le récit de la fiction, de l’histoire. Elles décident également du message qu’elles veulent porter au-delà de la dramaturgie : ensemble on peut aller plus loin. La quatrième séance est celle du tournage de la plupart des scènes. Enfermées dans le local il manque quelque chose. « Quels sons voulez-vous qu’on vous ramène ? » propose Charlotte. L’extérieur va ainsi s’immiscer dans la prison, et les femmes vont comprendre comment ces enregistrements peuvent se conjuguer avec leurs voix. « Un simple son les rendait vraiment heureuse », se souvient Savina, revenue à l’atelier avec l’ambiance d’un café.

Le dernier week-end de travail est celui du rush. L’une des participantes confie être une stressée du temps. « Elles avaient vraiment envie de faire aboutir, d’avoir l’objet fini. » En parallèle, se créé un autre objet, un carnet de bord, un journal de création. À chaque fin de séance, le micro se fait bâton de parole, pour les participantes, mais également pour les animatrices qui partagent leurs impressions dans et hors les murs. La sixième séance est celle de la finalisation des enregistrements de la fiction, et le temps du plus grand débriefing. Les participantes confient ce que leur a apporté cet atelier. Un plaidoyer pour la poursuite de ce genre d’initiative, et un cadeau pour les auditeurs. Bientôt disponible sur incarcreation.wix.com/2015 ce travail ouvre des perspectives intéressantes pour l’utilisation de la radio en prison. Avec plus de séances, mieux réparties dans le temps, ce type d’atelier pourrait être un nouveau modèle d’intervention créative favorisant l’insertion et l’accomplissement de soi des participants incarcérés.

Guillaume Abgrall

1. [Arte radio : https://www.arteradio.com/son/451263/son_de_prison/]↩
2. [une fiction sur la réalisation d’un atelier théatre réalisé par les frères Taviani : https://tempsreel.nouvelobs.com/cinema/20121017.CIN6856/cesar-doit-mourir-shakespeare-en-cabane-filme-par-les-taviani.html]↩

]]>
Anna Raimondo ou l’art de l’atelier sonore https://www.causestoujours.be/les-explorations-danna-raimondo/ Wed, 17 Dec 2014 17:00:34 +0000 https://gsara.tv/causes/?p=644 « Lorsqu’on travaille avec la voix des autres, il faut la rendre audible »,

Anna Raimondo.

Créatrice sonore, Anna Raimondo explore la radio comme un langage permettant la réminiscence, la reconstruction des souvenirs et des mémoires. Le son comme relation entre les hommes, entre les lieux et les hommes, entre les hommes et leur passé. Son travail prend la forme d’une onde, ample et généreuse, son dynamisme la poussant tantôt vers les cimes de l’art contemporain, tantôt vers la main et le micro tendu vers l’autre, en quête d’une forme d’expression sonore collaborative.

Aux prémices de sa pratique « pédagogique », réside la conjugaison de l’enseignement de la langue italienne et l’utilisation de la radio. Dans Marsiglia parla italiano, elle explora l’italianité de résidents de Marseille, qui ont tous un aïeul italien. Le son, la voix, la vibration de la langue traverseraient-ils les générations ? Au travers de micro-trottoirs et de travail en studio apparaît un dictionnaire de la langue du Panier, ce quartier populaire de la ville phocéenne. Un lexique coloré de provençal, de français, de napolitain. Le verbe du racisme également, avec les macaroni, les mangia spaghetti, les ritals. En ligne de mire, en aboutissement, le direct radio comme délivrance du travail, sur Radio Grenouille.

Une démarche autour de la langue, l’interlangue, la langue en construction, sédimentation des usages et des passages, que l’on retrouve également aujourd’hui dans sa collaboration avec Parlez-vous 1060, dans le quartier Bosnie.

Le travail d’Anna Raimondo s’articule autour de la mémoire et de la sensibilisation à l’écoute. Une oreille tendue vers le monde qui nous entoure qui passe par l’écoute de la radio. Comme s’il fallait s’échauffer les oreilles en les exerçant à écouter du radio art, avant de pouvoir capturer le sonore. Comprendre la grammaire du son, ce qu’il évoque en nous, avant de chercher à susciter des émotions. Parcours logique, évident, dans la photographie, le cinéma, chaque personne ayant été confrontée à l’image, à une culture de l’image. Pour la radio, il en est tout autrement, et il s’agit de dépoussiérer les oreilles pour les rendre aptes de nouveau à entendre.

Entendre, et faire entendre l’inaudible, le souvenir, la trace. C’est l’enjeu du travail d’Anna Raimondo, exploratrice itinérante de la mémoire sonore. Un travail collaboratif qui prend alors la forme de l’atelier. Ce fut le cas lors de ses collaborations avec les Ateliers Echoes. À la Ciotat, par exemple, elle guida un groupe hétéroclite dans l’ancien quartier ouvrier, l’historique chantier naval, devenu ville fantôme. Sur les ruines et les décombres du passé, les participants expérimentent, enregistrent, attisent leur curiosité. Le passé est-il toujours vibrant dans le présent ? Est-ce qu’on l’entend ?

La collecte des participants devient matière pour l’artiste qui au final combine, métamorphose, et rend aux gens qui les ont dénichés, leurs sons sous une nouvelle forme, transmissible, adressée à un autre, c’est à dire radiophonique. Le travail d’atelier se conjugue alors avec une œuvre qui se tisse progressivement, et se nourrit de l’apport des moments de workshop et de transmission. L’œuvre d’Anna Raimondo est également empreinte de nostalgie, de quête de la mémoire et en dernier lieu de quête de soi. Cette quête prend dans son travail et dans ses ateliers la forme de l’autoportrait sonore, premiers pas vers la découverte d’un langage inédit. Être sa propre matière, et se transformer en son. D’un haut degré de conceptualisation, cette démarche ne peut fonctionner avec tous les publics. Anna Raimondo adapte alors sa démarche pour la rendre plus ludique et l’ancrer dans le quotidien des participants, notamment des plus jeunes. Ainsi, a-t-elle proposé à des adolescents de réaliser leurs propres sonneries de Gsm à partir de field recording, de samples de la ville. Une réappropriation du son qui nous entoure, ou de celui qu’on subit.

Avec les plus petits, le détour de la fiction est le cheminement qui dresse les oreilles enfantines. Le bruitage, la bande son, l’écriture, l’imagination. Et puis le résultat final, l’écoute de soi avec les autres. Le théâtre sans image, le cinéma sans projection. Avec la complicité de la Web Radio Mobile, son travail avec les maisons d’enfants Epargne & Willems a fini sur les ondes et dans la rue. Le résultat et les détails en écoute sur le site de Radio Panik.

A l’image de son parcours personnel, la pratique d’Anna Raimondo est internationale. Madrid, Londres, Bruxelles, l’Italie, le sud de la France. Ces ateliers aussi peuvent voir le jour jusqu’au Maroc ou à Dakar en compagnie de Saout Radio. Toujours dans le désir de sensibiliser à la création sonore et de faire jaillir les sons oubliés, de les reconstruire. Et un étonnement, une joie intacte : « C’est beau des gens qui s’écoutent pour la première fois, qui découvrent l’enregistrement de leurs voix, qui découvrent le son qu’enregistre un micro plongé sous l’eau ».

Et à la fin, même si c’est elle qui monte et mixe un travail à l’origine collectif, ce n’est pas une œuvre qu’elle revendique. Ce qu’elle souhaite c’est aller au-delà du témoignage, dans la recherche d’une esthétique. Une esthétique qui peut être brute, qui peut s’éloigner du cliché d’une voix cristalline, mais une esthétique qui doit avant tout recéler un rythme. Le juste rythme qui rend la parole audible, vivante, vibrante. Le secret d’Anna Raimondo ? Être à l’écoute de notre rythme.

Plus d’infos sur le travail d’Anna Raimondo : annaraimondo.wordpress.com

Guillaume Abgrall

]]>